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06.12.2008

Francine

J’étais convié, bien malgré moi, à une de ses réunions de présentation d’un nouveau concept à la clientèle, pour laquelle ce sont toujours les mêmes orateurs, des grosses têtes venues de l’extérieur. Et les mêmes collègues qui tiennent la vedette, c’est souvent une gloire éphémère quand on flirte avec le soleil, c’est consternant dans les autres cas. Et vu le côté professionnel, je n’avais que le choix de conduire pour revenir, sans avoir ni l’envie, ni la volonté de faire BOB.  Donc l’ambiance m’enm… et je faisais, relativement, attention à ce que je buvais.  Perspectives réjouissantes. Et, à ma connaissance, pas de femme à draguer, il est marqué sur leurs fronts ‘Harcèlement sexuel’ en lettres clignotantes, et dans le pire des cas ‘Salope en manque’, je ne pouvais donc qu’avoir un esprit strictement professionnel.

 

Parce qu’il y avait un buffet organisé par ‘le’ traiteur de la région, et que j’avais un certain pouvoir, c’est certain, quelques amis et membres de la famille appartenant au milieu convoité par le show étaient présents. Dans les proies potentielles, je m’imaginais un instant me farcir la cousine de ma femme, qui devait être assez chaude avant son mariage, je me souviens de décolletés et de petites culottes innocentes, mais elle restait à ce jour quand même malgré tout encore fort jeune, et en plus je n’aimais pas trop les histoires de famille, imaginez un instant qu’elle pousse un cri quand je lui propose d’aller dans ma voiture pour se faire enc… cela aurait fait tâche dans la soirée bon chic bon genre à laquelle j’étais invité.

 

Je ne voyais donc pas cette soirée d’un trop bon œil, la seule chose qui me déridait avant d’y arriver, était quand même la perspective de découvrir un nouvel endroit.  Et puis malgré tout, le spectacle des collègues de la soirée faisant un show médiatique, au bar bien souvent en fin de soirée, mais aussi parfois avec des invitées, tout cela devrait rester dans les ‘mauvaises’ conversations quelques semaines, cette idée me faisait rire à l’avance.

J’avais donc pris mon épouse avec moi, un buffet de chez ‘…’ offert par mon employeur, il fallait en profiter, et bien entendu nous arrivions à l’heure, je trouve cela respecter l’organisateur, même s’il me casse les c…, et dans certains cas cela permet avec un peu de chance de choisir une place confortable, pas trop loin du buffet, sans oublier le bar… Et puis ensuite on dit une fois ‘bonjour/bonsoir/comment tu vas…’ pour laisser la corvée aux autres après.  Et quand on voit une ‘mal rasée’, on va pisser un coup…  Bref j’étais vraiment en forme, prêt à tout critiquer, juste pour le plaisir.

 

Jusqu’au moment où Francine fit son entrée.  Elle était de ma famille, par alliance, quelque part dans l’arbre généalogique. C’était la belle-sœur par excellence, entendez par là, la femme de celui qui avait encore une plus grande gueule que le beauf’ qu’on arrive pas à supporter ni présent ni absent.  Elle était habituée apparemment à passer après son seigneur et maître, tout en ayant l’air d’avoir acquis son propre public, public auquel je sentais bien m’intégrer.  Le conférencier venait de perdre quinze points, la salle recommençait à m’intéresser.

 

Bien sûr il n’y avait pas d’occasion de draguer.  Imperturbable pendant les discours, racé au buffet, laissant passer qui avait le souhait de vous écraser les pieds à fin de prendre ce qui restait sur le buffet avant vous, dès que c’est gratuit on pourrait tourner un film, mais je ne suis pas sûr que tout le monde rirait.  Bref j’étais nerveux, on me regardait sans doute, à la recherche du moindre faux pas, je cherchais discrètement après Francine du regard, croisant celui de son mari, auquel je souriais le plus naturellement du monde.  J’avais vraiment pas envie d’un combat de boxe avec ce type, deux mètres sans doute, cent dix kilos de muscles, et un caractère de pitt bull.  J’étais un nain, St Pierre prêt à se faire crucifier la tête en bas s’il levait un sourcil fâché sur moi. Mais sa femme me plaisait bien quand même…

 

Et comme je ne pouvais pas boire à me déconnecter de la dure réalité, vous avez dit méchanceté, du monde, je restais sur mes nerfs.  Il fallait que je trouve quelque chose si non je sortais purement et simplement, laissant tout là, cherchant mon lit et le sommeil pour oublier.

 

-        Comment tu trouves ?

-        Correct …

C’est elle qui m’avait abordé, la dernière de la file, j’étais juste devant, tout deux une assiette vide, et seuls dans la foule.  Je ne répondais pas franchement, son avis m’importait pour faire la conversation, ma réponse standardisée devant lui permettre d’autres commentaires.

-        C’est vachement bon ! Non ?

-        Si, j’aime bien ce traiteur, mais l’ambiance me tape un peu sur les nerfs, en fait

-        Toi aussi ? Tu vois, moi …

Elle me parlait.  Je pense que la file aurait pu avancer sans moi, cents personnes prendre ma place, que je ne m’en serait pas aperçu.  Elle veillait malgré tout au grain, me poussant du bras pour suivre le mouvement.  J’adorais qu’elle me touche, je ne laissais pas apparaître mon trouble bien sûr.

 

-        JR est sympa de nous avoir invité !

-        Travailles avec moi, je t’inviterai tout le temps.

Elle rit.

-        Non, ce n’est pas que je ne veux pas, mais JR est un ami proche de J.C. 

… son mari

-        Il ne voudra jamais changer.

-        Tant pis alors, entre les amis et son estomac, il y a un choix à faire…

-        Tu me fais hésiter maintenant.

-        Il y a même des soirées au Champagne

-        Oh non !!!!

-        Qu’est-ce qui se passe ? Me demanda alors son mari

-        Je parlais de soirées au Champagne

-        Ah oui…

-        Si il y en a une je vous invite …

-        Une bonne bière tu sais …

-        C’était une idée comme une autre

M… les désirs de Madame n’étaient pas les mêmes que ceux de Monsieur. Je m’imaginais fort bien que monsieur travaillait jour et nuit et que madame trouvait que la famille cela avait une certaine valeur aussi.  Soit.  Ma balance personnelle n’allait dans aucun sens, je respectais les gens qui travaillaient c’est sûr, mais s’occuper de sa femme et éduquer ses enfants était tout aussi important.  Je ne voulais en aucun cas intervenir dans le débat.   Il était aussi ancien que le travail, aussi ancien que la bourgeoisie sans doute, qui après tout avait permit que quelqu’un puisse rester au foyer pendant que l’autre sortait travailler.  J’aime bien ce mot ‘sortait’ car à la maison, il restait un travail tout aussi important mais non rémunéré.  J’admet cette succession de clichés, mais finalement, à observer la faune lors de soirée d’entreprise, et à connaître la réalité des êtres, à écouter leur confidence parfois, tout n’est que cliché.

 

Quoi que l’on fasse,  on faisait file, au buffet bien sûr, mais de même pour revenir à sa table.  Les tables étaient d’ailleurs peu nombreuses, sur exploitées. Et donc tout le monde s’y côtoyait, c’était le prétexte idéal pour parler de tout et de rien, nous étions en terrain neutre.  Francine semblait apprécier de nous côtoyer ainsi à distance. Mon épouse et moi-même n’étions pas installé trop loin d’eux, nous continuions donc à échanger avis, commentaire, voire même ragot, à travers cris, signes, de tables en tables, au travers des gens à la recherche d’un endroit où poser une assiette, cela me faisait rire.  Parfois J.R. intervenait, bref nous n’étions pas seul, je parlais avec tout le monde, mais la conversation n’était que pour Francine.  Comme à l’habitude je ne voulais pas prendre partie, je rigolais quand même à certaines remarques, désobligeantes, sur des convives, mais je tempérais, après tout un jugement est vite péremptoire, mais à côtoyer les gens, on leur trouve souvent des circonstances atténuantes.  Ce n’était certainement pas mon leitmotiv, je ne jouais pas l’avocat du diable, juste un peu de sang frais, de sang froid dans des discussions qui pouvaient devenir des lynchages.  Et les hommes avaient leurs sales g… pour envenimer le débat.

 Pour avoir le jugement qui tue.

-        Tu es quelqu’un de gentil, Henry.

Comme à l’accoutumée, cela remettait un peu d’essence dans le moteur, je continuais à la faire rire.  La soirée finalement s’annonçait bien.

 

Je l’ai vue partir aux toilettes, j’ai attendu un instant, un blanc dans une conversation qui ne m’intéressait pas, tout en comptant les secondes qui passaient.  Je me suis levé à mon tour, je n’avais pas de plan, il y avait trop de monde.  Je la croisais entre la sortie et les toilettes,  elle parlait avec quelqu’un, j’eu un éclair, je me dirigeais vers la sortie.  Il y a avait quelques fumeurs, elle me rejoignit.

-        Tu fumes ?

-        Je fulmine ! Ca doit se voir.

Elle rit.

-        C’est vrai que c’est bizarre comme ambiance…

-        A part le traiteur… mais on serait mieux ailleurs.

-        Tu m’emmènes ?

-         Peut-être pas aujourd’hui.

Je venais de rater l’occasion de me taire.

-        Non ! Sans doute pas aujourd’hui.

-        On se reverra alors ?

-        Certainement.

Elle m’abandonna sur place, je me les gelais, je ne fumais pas.  Je rentrais aussi, mais avec une minute sans doute d’intervalle.  Je ne voulais pas courir après elle, c’était dangereux, c’était cliché aussi.  J’aurai mieux que se soit elle.  Fierté de mâle sans doute déplacée.  Mais le gentil garçon n’était pas très sûr de lui.  Qu’avait-elle voulu dire ? Me désirait-elle vraiment ?

 

Je partais parmi les premiers, je restais sur ma faim, je n’avais pas envie de gâcher encore plus cet événement.  Je concoctais quand même dans ma tête le moyen de la revoir, sans trop y croire.  Je ne maîtrisais rien, cela me faisais d’autant plus ch…

 

Le temps passait. J’avais d’autres réunions, d’autres conférences, d’autres foires, appelez cela comme vous le voulez, je ne la revoyais plus.  Je n’y pensais plus non plus, nous étions de deux mondes différents, même si je m’en souvenais, on était de la même famille, quelque part.  Je guettais malgré moi, je croyais l’avoir oubliée, les réunions de famille, nouvel an, où tout le monde voit tout le monde.  Ce fut le vide pendant un an.

 

Jusqu’au jour où j’accompagnais J.R. chez un client, et il m’invita à faire un détour.  Nous passions donc voir J.C.  Je ne m’attendais pas à la voir là, mais au moment de l’embrasser, je me souvenais qu’elle travaillait avec son mari.  J’aurais dû passer plus vite…

-        Y a longtemps qu’on n’a plus été invités, me dit-elle avec un large sourire.

-        Cela tombe bien, il y a une conférence sur …

-        Oh JC, nous devons y aller !

-        Tu y vas si tu veux, mois ça me fait chier !

-        Qu’en penses-tu JR ? fis-je. 

Je voulais rester extérieur au débat, ne pas avoir l’air d’avoir envie de … Bien que.  Je la regardais.

-        Ca sera intéressant, et le cocktail devrait être très bien.  Champagne …

-        T’es sûr ? me demanda JC…

Je la regardais, mes yeux disaient que je n’en savait rien, mais ils insistaient.  J’avais changé, j’avais envie de dire ce que je voulais, je la voulais.  Elle le lut dans mes yeux.

-        On s’en fout JC. Le thème nous intéresse, ne fusse que pour le futur…

-        Oui, vas’y.  Enchaina JR.

Je n’en croyais pas mes oreilles, et mon cœur battait la chamade. J’allais la revoir dans un contexte propice, à sa demande me semble-t-il.  Il n’y avait plus qu’à attendre.

 

Le temps passa et le grand jour arriva.  C’était ainsi dans mon esprit, j’espérais bien arriver à quelque chose, plus de sous entendu, rien que des paroles, des actes, des regards. Je connaissais le contexte dans lequel cela devait se passer, si quelque chose devait se passer, ce ne serait pas évident, je pensais malgré tout aux conséquences.

 

J’attendais à la porte d’entrée de la salle de conférence, j’étais un des organisateurs, je me devais d’accueillir les invités.  Je n’étais pas le conférencier heureusement, ce qui voulait dire quand même que je devais discuter avec les gens pendant la conférence, répondre à leurs questions éventuelles.  Ce que je n’avais pas l’intention de faire. Si je pouvais m’accaparer Francine.  Sinon, ce serait soit un client, soit un collègue.  Je rêvais à mieux.

 

Elle arriva, telle que je l’avais imaginée.  Sa démarche, son allure, son sourire, un rien timide sans J.R..  Je la regardais, elle cherchait du regard quelqu’un qu’elle connaissait, elle m’aperçut.

-        Bonjour Henry

-        Bonjour Francine, tu vas bien ?

-        Oui, un peu chaud dans cette salle …

Cette phrase me revint à l’esprit …

-        On serait mieux ailleurs, c’est certain

-        Tu m’emmènes ?

-        Tout de suite.

Je n’avais pas imaginé ce scénario, je serai absent ça allait se dire, mais je ne pouvais pas faire la même erreur deux fois de suite.  Sans un regard pour qui que ce soit, je l’ai prise par le bras, et nous sommes sorti.

-        Tu es garée où ?

-        La bas et toi ?

-        La bas.

Tout en lui répondant, je cherchais un endroit où aller.  J’imaginais bien un hôtel, mais je n’aurai pas osé lui proposer.  Je cherchais donc un machin qui fasse à la fois brasserie et Hôtel. 

-        Tu penses à quoi ?

-        Tu veux aller où ?

-        Un endroit pas fréquenté !

Oui, j’aurais pu répondre de même.

-        La bas, ce village le long de l’autoroute, il y a un resto grill…

-        Tu veux manger ?

-         Il y a plein d’hôtel dans le coin aussi…

-        T’es direct toi alors !

Je rougissais malgré moi.  Mais bon, j’en avais tellement envie, comment aurais-je pu me taire d’avantage. 

-        Une brasserie, pas les magasins quand même ?

-        Ahahah, non pas les magasins. 

-       

-        Ok pour un hôtel.  Je te suis.

Je quittai ma conférence, je croisais pas mal de gens en allant chercher ma voiture, mais heureusement, personne que je connaissais.   Je roulais normalement, je ne savais pas comment elle, elle conduisait, je ne voulais pas rajouter un stress supplémentaire à notre première sortie.  Je choisissais l’hôtel au hasard,  dans cette partie du pays, il y en a tant qu’on veut, pas chics et pas chers.  Je me garais là où il y avait de la place, qu’il y ait beaucoup de voiture était plutôt mauvais signe, allions nous trouver une chambre.  Je me voyais mal faire le tour de tous les hôtels du coin, le temps passait, le romantisme fondait sur le bitume.  Je l’attendais avant d’entrer. 

Je la regardais, quémandant son approbation.

-        Ouvre ! Me dit elle en me souriant.

Mon angoisse montait d’un cran, bien qu’elle m’eut rassuré.  Nous avons trouvé une chambre sans problème, n’ayant pas de bagage j’ai payé à l’avance.  Nous faisions un vrai couple libertin.  Le personnel devait être habitué, il nous a donné la clé de la chambre sans nous y conduire.

 

On a monté un escalier, rappelez vous c’était pas le cinq étoiles, on s’est retrouvé dans un couloir, comme à l’habitude à chercher après la chambre.  On n’a pas fait trop de kilomètres, on riait un peu.  Je n’ai pas eu trop de mal à ouvrir, je me sentais malgré tout gauche.  Je l’ai laissée passer, on a découvert un peu surpris le cadre de nos futurs amours.  Un coup d’œil en fait sans surprise, il y a avait certainement beaucoup mieux.  Je lui pris la main, nous nous sommes embrassé.  Après tout on n’était pas venu pour attribuer des étoiles à l’hôtel.  Il n’en aurait pas eu.  On s’est déshabillé l’un l’autre, un peu gêné, on n’avait plus le physique de nos vingt ans :  Elle des enfants, et moi la vie de commercial, avec tout ces bons côtés, et ses marques sur le corps.  Je la trouvais de toute façon très désirable, une femme nue qui vous aime n’a pas de défaut, et je palpais avec envie ses seins, ses fesses, elle me laissait découvrir son corps, entre deux vêtements qui virevoltaient vers une chaise quelque part.

 

Ce jour-là nous n’avons rien inventé par rapport au Kama-sutra, nous nous découvrions l’un l’autre, la tendresse reprenait ses droits après une chevauchée sauvage, et laissait place à de nouveaux préliminaires.

 

Le temps tournait, elle regardait sa montre de temps en temps, cela me cassait un peu, mais j’avais le même problème, et je ne voulais pas la brusquer.

 

-        Allons prendre une douche, lui proposais-je.

C’était pour moi le prétexte à des attouchements une dernière fois, car lorsqu’on serait habillé ce serait comme si elle n’était plus là.  Je la rejoignis donc sous la douche pour lui frotter le dos, je repassais ses fesses en revue, je m’attardais encore à la naissance de ses seins.  Il fallut bien s’arrêter.

 

-        A mon tour, me dit-elle.

Elle prit mon sexe en main pour le laver, il lui montra bien qu’il appréciait.

-        On n’a plus le temps.

-        Je sais, il te dis juste qu’il t’aime.

-        Je m’en suis rendu compte.

-        J’espère

-        Ne t’inquiète pas

 

On est sorti de la douche, chacun s’essuyant de son côté.  On a pris moins de temps pour se rhabiller que pour se déshabiller, l’horloge continuait à tourner aussi dans notre tête.  On est sorti à deux, la main dans la main, je l’ai raccompagnée jusqu’à sa voiture. 

-        Tu as mon numéro de GSM

-        Oui

-        J’aimerai bien te revoir.

-        Je sais Henry, mais ce ne sera pas facile.

-        Je sais.  J’attendrai, je serai disponible

-        Tu es un amour.

-        Allez, vas-t-en…

On s’est revu.  Elle voulait s’enfuir d’une prison dorée, femme d’homme d’affaire riche et célèbre, mère de famille habitant une très jolie villa, elle n’étouffait pas dans mes bras, elle riait, elle pleurait, elle faisait l’amour avec passion.  Jusqu’au jour où elle divorça, je ne l’ai plus jamais revue.

01.04.2008

Les posters de la librairie Club

J’aimais les magasins Club.  J’aimais la littérature, les revues, les CD, les posters.  On y trouvait tout cela, de la BD aussi, donc tout pour les jeunes, un rien intello.  C’était mon cas. J’avais aussi du temps à perdre.  Passer des heures à lire, à m’émerveiller sur des dessins, photos, à perdre mon temps, à regarder les filles… a découvrir des choses qu’on ne trouvait pas chez soi finalement.  J’y allais souvent, chaque fois que j’avais un moment de temps.  Bien sûr je finissais par tourner en rond, jusqu’au mois suivant, ou de nouvelles revues paraissaient, jusqu’au changement de saison, jusqu’aux fêtes pour lesquelles il y a avait un réassortiment de livres, d’objets.

 

Je n’y voyais jamais les mêmes têtes, même les vendeuses avaient le chic pour être tout le temps différentes.  Pas moyen d’en draguer une. 

 

Je cherchais parmi les posters un qui pourrait garnir mon mur.  Pas classique, pas de petites fleurs, mais pas non plus une photo sortie de playboy, toute artistique qu’elle puisse être.  Je m’arrêtais quand même sur ce genre là, après tout fantasmer ne m’a jamais fait de mal.

 

C’était un beau jour d’été.  Il était relativement tard, l’heure de fermeture du magasin pratiquement, je ressortais sans avoir rien acheté.  Il faisait encore claire, encore chaud, j’étais décontracté.  Je m’aperçu assez vite qu’elle me suivait.  Je ne l’avais pas remarquée dans le magasin, en sortant sans doute mon regard avait dû croiser le sien, mais comme je ne m’étais pas arrêté à la caisse elle ne m’avait pas laissé à ce moment là une impression extraordinaire, j’étais en fait tout simplement préoccupé par l’heure qu’il était.  Je m’arrêtais donc de vitrine en vitrine, je regardais à l’intérieur, je jouais en même temps sur les reflets, j’observais donc moi aussi à la dérobée ma mystérieuse suiveuse.  Elle voyait bien que son manège était éventé, mais elle ne s’approchait pas.  Je remontais la rue, je traversais la place, je continuais en direction de ma maison.  Elle toujours derrière moi.  Je passais devant un étal de fruit et légumes, et bêtement une guêpe s’en prit à moi.  Je n’y fis pas attention, j’étais préoccupé par cette belle et mystérieuse inconnue.

-        Aille, merde.

Ce qui devait arriver arriva, elle me piqua, la guêpe.  Ca fait vachement mal.  Je cherchais après le dard, mais sans rien trouver.  Quand c’est son propre doigt, qui fait mal en plus, qu’on est déjà énervé, on est vachement gauche.  Je regardais donc autour de moi, perdu, je tombais sur ma mystérieuse suiveuse, mais mon regard continua pour trouver une pharmacie quelques pas plus loin.  Je traversais quand même la rue dans sa direction, mon doigt entre les lèvres.  Je lu un peu de panique dans ses yeux.

-        Je me suis fait piquer par une guêpe, ça fait mal !

-        Montrez moi ! Je ne vois rien !

-        Non ! Pas grave, j’ai vu un pharmacie là bas…

-        Ah !

-        Accompagnez moi, vous me parlerez, ça m’aidera.

-       

-        Bon j’ai l’air costaud, mais oui je suis douillet. Désolé !

-        Je n’ai rien dis, je m’excuse, je viens avec … toi !

-        On traverse ? !

Nous sommes arrivés à deux à la pharmacie, j’ai montré mon doigt, qu’ils ont aussitôt aspergé de produits.  J’en garde encore la trace aujourd’hui.  Ils ont du prendre du produit pour décaper les hauts fourneaux, où je ne sais quoi d’autres.

Mais nous avions fait la conversation, ma mystérieuse suiveuse.  Elle s’appelait Isabelle, elle aimait le même magasin que moi, elle m’avait vu, vu regarder les posters des filles…

-        J’aime le dessin, l’art

-        Oui

-        Les femmes aussi

-        Ohhh !

-        Je suis seul en ce moment !

-        Oui …

Bon, j’étais pas vraiment à l’aise, mais c’est assez rare qu’une fille vous drague.  Je la trouvais bien. Je le lui disais.

-        Tu es très jolie.

-        Merci.

Et on a marché comme cela jusque chez moi.  Enfin presque.

-        Où on va ?

-        J’habites par là…

-       

-        Je ne te propose rien, excuse moi, je suis énervé… à cause de cela !

Je montrais mon doigt bandé

-        et demain, je bosses… Mais…

-        Mais…

-        J’aimerai bien qu’on se revoient.

Elle sourit.  Bon, elle m’avait voulu, et apparemment je ne l’avais pas trop déçue.  Ce n’est pas parce qu’elle m’avait regardé entrain de mater des filles sur un poster  qu’elle devait se faire sauter tout de suite.  J’appréciais. Je souriais à mon tour.

-        Pourquoi tu souris ?

-        Parce que j’aimerai vraiment ! … qu’on se revoie.

-        C’est gentil. Voilà ce que je te propose…

Et on s’est donné rendez-vous.  Je me suis installé chez moi, j’ai pris une bière que j’ai bue tout en tripotant mon pansement.  En fait je ne savais pas quoi penser,  elle tombait vraiment à pic dans une partie sans âme de ma vie, je ne l’avais sans doute pas méritée, ce n’était pas mon anniversaire, ma fête… et puis j’avais envie de baiser, et je ne savais pas comment m’y prendre.  Elle me semblait à la fois directe, suivre un homme dans la rue, et à la fois timide, elle aurait pu faire l’amour avec moi ici maintenant.  Je ne dormis pas beaucoup, je ne fit rien de bon au boulot, j’attendais notre rendez-vous avec impatience.

 

On s’était fixé rendez-vous au même magasin, devant les revues.  J’avais imaginé devant les posters, mais c’était de nouveau la provoquer, sur le moment même je ne voulais pas le faire, et ma réflexion de la nuit m’avait suivie en ce sens.  Mais plus j’avançais vers le magasin, plus mon adrénaline montait.  Je la confondais dans mon esprit avec ces folles posant nues pour des photographes, en imaginant ce qui se passait avant, pendant et après.  Et je me souvenais de ses hésitations.  Je me calmais.  Je l’ai retrouvée à l’endroit prévu, regardant à gauche et à droite, sans but précis, ou plutôt m’attendant impatiemment.  Après les bonjours d’usage, « tu m’attends depuis longtemps ? » et autres, les livres devinrent vite notre sujet de conversation favoris.  Nous avions là un point commun, et l’après midi passa de manière très agréable, à la redécouverte de bouquin que nous avions lu tous deux, à la promotion de livres que l’un de nous avait lu et pas l’autre.  J’en achetais l’un ou l’autre, parce qu’il y avait du cul, parce qu’ils lui avaient bien plus, et parce que aussi elle avait bien compris que c’étais le plan cul qui m’intéressait.  J’essayais quand même de paraître un peu gentleman, mais j’avais décidé d’être simplement comme je suis, avec mes nombreux défauts, dont celui d’aîmerle sexe. Après tout c’est dans ce cadre là, celui des posters osés pour être précis, qu’elle m’avait suivi.

 

Nous sommes allés boire un verre dans un café plus ou moins en face, la conversation devenait plus personnelle.  Nous nous sommes assis l’un à côté de l’autre, comme de jeunes amoureux, je la touchais, cela faisait longtemps que je n’avais plus senti le corps, l’odeur, le parfum d’une jeune femme.  Elle se rendait compte de mon énervement, j’étais gauche, peu bavard.  Elle se rendait compte aussi que mon envie d’elle était tout naturellement mélangé au plaisir d’être avec elle, avec mon désir d’être simplement gentil, d’être moi.  Je l’interrogeais finalement sur ce qui s’était passé la première fois, pourquoi elle m’avait suivi dans la rue, qu’est qu’elle pensait de moi, d’un garçon qui regarde des images érotiques.  Les questions se bousculaient dans ma tête, je ne souhaitais pas une psychanalyse. 

 

Pour finalement lui dire qu’il était tant de rentrer chez moi, et lui proposer de me raccompagner. 

-        Tu connais déjà la moitié de la route

-       

-        Tu verras, je peint aussi

-        C’est vrai ? Quel genre de peinture ?

-        Des nanas ?

-        Qui posent nues ?

-        Tu serais la première … A partir de photos de magasines

-       

-        Tu voudrais poser pour moi ?

Pas de réponse.  J’embrayais sur d’autres sujets, nous approchions de chez moi.  J’habitais une chambre d’étudiant à l’époque, elle se retrouva d’amblée face au lit.  Je la poussait vers le coin cuisine-bar-bureau et je lui proposait à boire tout en lui montrant où se trouvaient mes peintures.   Elle regardait avec attention mon travail, sans commentaire.

-        J’aimerai que tu poses pour moi…

-       

-        Qu’est ce tu penses de mes dessins ?

-        J’aime.

-        C’est gentil ça.

-        Non, j’aime bien, je dis ce que je pense.

Je lui expliquais mon regard sur les photos, ce que j’y voyais, ce que j’avais envie de prendre pour mes dessins et de laisser.  Je ne copiais pas, mais je n’avais pas non plus de formation en dessin, même en photos.

-        Je pense que tu saurais poser, et que tu m’inspirerais.

J’ai pris mon appareil photo sur une étagère.

-        Installe toi sur le lit.

-         ???

-        Assise par exemple.

J’ai commencé à faire des photos, elle se prenait au jeu.

-        Souris

Elle riait, elle passait ses doigts dans ses cheveux.  On aurait dit qu’elle avait fait cela toute sa vie.  Puis elle a commencé à se déshabiller, ne regardant plus vraiment l’appareil photo, mais moi, l’œil de l’homme derrière l’appareil. Si au début je jouais essentiellement au voyeur, je cherchais après le bout de sein caché par un reste de soutien gorge, j’attendais avec impatience de voir son entre jambe, mon sexe finit quand même par reprendre le contrôle, et j’avais de moins en moins envie de faire de photos.  Elle voyait bien que je changeais.  Je me suis assis au bord du lit.  Je lui ai caressé la joue, elle m’a attiré contre elle. Nous avons fait l’amour.  Ce soir là elle n’est pas rentrée chez elle. 

 

On s’est réveillé le matin, très tôt.  A cause de moi, je n’avais pas l’habitude qu’un corps soit collé contre le mien dans ce lit, pas fait pour deux.  J’étais ravi, pas trop à mon aise.  Je me levais, je découvrais le drap pour la voir nue dans son sommeil, j’aurais bien pris mon appareil photo, mais photos volées ?  Je la photographiais malgré tout, dans sa pose, sans en rajouter, puis je m’attardais sur son visage et je l’appelais.

-        Bonjour Isabelle.  C’est l’or, il faut se lever.

Selon la réplique de cinéma bien connue.  Je continuais à appuyer sur le bouton de l’appareil, je la voyais bouger, se retourner, je jouais au pros tout en bandant.  Je déposais l’appareil et la rejoignais dans le lit.  Elle m’accueillis par un :

-        t’es grave toi

-        Ouais, mais rien qu’avec toi, si ca peut te rassurer un peu

-        Je sais que j’ai pas peur.  J’aime que tu sois un peu fou.

-        … de ton corps seulement, pour le reste je pense pas qu’il faille m’interner.

-        Ahaha

On a eu du mal à être prêt, on a bouffé comme petit déjeuner un peu n’importe quoi, du moment que cela se mangeait sans préparation, sans beurre, sans lait sans…

Et on s’est dit

-        à tout à l’heure

dans un baiser mouillé langoureux interminable.  J’ai pris mon train, je suis arrivé au bureau, je n’avais rien envie de faire.  J’étais bêtement amoureux.  Je n’avais aucune échéance à respecter, je pris ma pile de dossier, j’ouvrais un classeur, je le lisais distraitement… Je pensais aussi à mon appareil photos.  Est-ce qu’elle allait vouloir que je garde les photos ? Est-ce que je pourrais la peindre ? Au delà du model quelle vie pour nous ? Fallait-il chercher un appartement ? Elle travaillait où encore ?

 

J’ai repris mon appareil photos, j’ai réarrangé la chambre, j’ai joué avec l’éclairage, et puis j’ai préparé un apéro. Je voulais tout à la fois qu’elle se sente attendue, et continuer ans le trip model photo.  Elle a sonné à la porte, souriante, à remarquer l’ordre, et puis l’appareil photos.  Elle a ris.

-        Tu veux encore faire des photos.

-        Bien sûr !

-        Tu as regardé les autres ?

C’était un appareil numérique.  J’avais évidemment télécharger les photos , je n’aurais pas courus le risque de les perdre, j’avais même déjà fait une copie sur un CD-ROM.  Mais je n’avais pas eu le temps de les regarder.

-        Non

-        Si on les regardait ?

-        Bien sûr !

J’étais un peu inquiet pour le moment où elle verrait les photos  de nu, j’avais peur qu’elle ne s’aime pas et qu’elle demande de les supprimer.  Même sans les avoir vues je souhaitais les garder.  Mon côté voyeur sans doute, ou peut être simplement le peintre du nu.  Je m’y croyais un peu, enfin, je n’avais pas envie d’arrêter le rêve aussi tôt.

 

On les passait en revue les unes après les autres, elle me donnait son avis, je ne la contredisais pas, parfois j’expliquais ce que j’y trouvais, généralement un jeu de lumière, une attitude.  Elle acceptait mon avis, elle me voyais sans doute un peu comme l’expert que je n’étais pas.  Elle était finalement inquiète de mon avis.  On est arrivé sur les photos déshabillée, franchement déshabillée, elle ne s’est pas trouvée moche.  Au contraire de beaucoup de gens qui ne s’aiment pas en photos, encore moins lorsque la pose est osée, elle a rit, et son regard malicieux a croisé le mien.

-        Mieux que les posters !

-        Menteur

-        Bon, disons que ce soir ce sera mieux que sur les posters !

Elle a rit.  Elle n’a pas regardé la suite, elle s’est jetée directement sur le lit.

-        Ce matin j’ai mis des sous-vêtements justement pour maintenant

-        Woahhh, je peux voir

-        A ben non ! Tu dois prendre des photos habillées aussi !

On a rejoué au photographe et au top model, pour se retrouver dans le lit bien évidemment.  J’avais quelques belles photos, et une nuit de bonheur.  Nous jouions, moi au voyeur, à l’artiste, elle à la femme enfant, plutôt délurée.

22:30 Écrit par Henry Detournay dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rencontre, librairie, photo, livre, amateur |  Facebook |

27.11.2007

Cabines d'essayages

Je suivais ma charmante épouse dans un magasin de vêtements féminins, elle avait vraiment l’intention de s’acheter quelques fringues, elle n’avait plus rien à ce mettre sur le dos.  Après tout, nous étions au début du mois, mon portefeuille pouvait encore se le permettre, sans qu’il n’y ait un message désapprobateur sur l’écran du terminal bancontact-mistercash.  Et puis, cela me changeait les idées.  Nous avons donc parcouru des kilomètres de rayons, dans des dizaines de boutiques différentes, parcouru le bitume, frôlés des carcasses de voitures dans les parkings.

 

Des sous-vêtements aux vêtements pour jeunes à la mode, en passant par les plus classiques, avec un zeste de regret dans les boutiques pour ‘Madame’ vu le prix.  Enfin regrets de ma femme… On devrait faire une nouvelle discipline olympique : le marathon des magasins où seuls peuvent s’inscrire les maris, les femmes ayant une prédisposition certaines.  C’est une réflexion tout à fait machiste, juste pour que les lectrices enragent trente secondes, excusez moi mesdames, je ne dirai plus rien.

 

On est également passé de cabines d’essayages en cabines d’essayages.  J’étais un des rares privilégiés, à regarder ma femme s’habiller et se déshabiller, après tout c’était normal, mais surtout à me retrouver dans les coursives à attendre le bon vouloir de Madame.  Bon, je retrouvais mon instinct de voyeur, bien que je ne me souviennes pas de l’avoir perdu, et il faut avouer qu’il y a quand même de superbes nanas sur la terre.  J’aurais dû faire proxénète.  Bien, qu’avec ma gueule de métèque… comme disait un chanteur célèbre.  Bref, je me reposais quelques instants, je laissais tomber les paquets, et je regardais.   Il ne manquait plus qu’une bonne pinte … C’est encore pour rire.   J’avais aussi envie de baiser, après tout un strip-tease même involontaire ça reste excitant.  Malgré la fatigue, l’énervement de ma conjointe, le fait de rester debout pendant des heures, j’étais dans de bonnes dispositions.  Je croisais quelques superbes nanas, certaines me souriaient, j’en faisait autant, pendant que mon imagination m’envoyait les sauter dans leur cabines d’essayages.  Je suis un garçon très facile, il me faut très peu pour être prêt. 

 

Je me retournais un instant, je fermais le rideau de la cabine dans la quelle se trouvait mon épouse, et mon regard aperçu une très jolie créature devant son miroir, en sous-vêtement.  Elle était mignonne à croquer, j’étais donc tout à fait pervers-pépère.  J’allais me reculer encore plus quand elle me vit.  Elle sourit.  Je fis de même, et je me reculais encore plus.  J’imaginais très bien qu’elle allait refermer complètement son rideau.  Chose qu’elle ne fit pas.  Je ne bougeais pourtant pas, si je fantasme de sauter les filles dans les cabines d’essayages, quant il faut passer à l’acte, c’est beaucoup moins évident.  J’étais là donc renfoncé dans un coin à me demander ce qui se passait à coté, quand soudain ma femme ouvrit son rideau pour me montrer son dernier essayage.  Je m’approchais donc en me demandant où je devais donner de la tête, je devais avancer comme un canard, mon corps allant dans une direction, ma tête m’entraînant dans l’autre…

 

Je regardais donc mon top modèle de femme, cherchant à devancer les objections, tout en gardant un côté positif.  Je voulais aussi être bref, j’avais envie de regarder ailleurs.  Elle finit par refermer la tenture, et par prudence je dus attendre au moins un centième de seconde avant de me retourner vers l’autre cabine.  La tenture était toujours aussi mal fermée, cela ne se voyait pas réellement, sauf pour quelqu’un en face.  Je la voyais dans le miroir se changer, je la trouvais belle, je continuais à regarder. Elle me vit. Elle finit de s’habiller et se retourna vers moi.  Je fis un sourire, je la trouvais vachement pas mal, je fis une moue approbateur.  Elle rit.  Elle se tortillait devant son miroir, pour se déshabiller à nouveau.  Je continuais à regarder, je pensais finalement n’être qu’un spectateur involontaire, qu’elle acceptait pour avoir un avis supplémentaire.  Son regard croisa à nouveau le mien alors qu’elle n’était qu’en dessous, je lus un moment d’hésitation, mais elle repris une jupe sans toucher au rideau.  Je ne prétends pas détester ces moments.  On est que spectateur, on ne vit que parce que le modèle veut bien nous donner un moment d’illusion.  Je crois que pour elle, elle se sentait en sécurité, avec un frisson de perversité.  Le regard de l’homme, peut très bien être rassurant, simplement positif. 

 

-         Chou

Je paniquais à mort, je me suis retourné vers ma femme, enfin un rideau. 

-         Oui ?

 

Elle ouvrit le rideau à nouveau sur une xième tenue. Elle avait la chance qu’elle portait tout très bien, avec élégance.  Je le lui fis remarquer.  Je pensais bien que ma carte visa allait en prendre un coup, mais une femme élégante qui vous côtoyais, je ne pouvais rien lui refuser.  Et je pensais à autre chose.  Je voulais que cette séance se prolonge, mais à rideau fermé.

-         Tu devrais quand même remettre l’autre pour comparer !

-         Tu crois ?

-         Oui… Si … Je crois.  On a le temps…

-         Tu en avais marre ?

-         Tu me fera apporter une bonne bière si je tombe.

J’entendis un rire dans la cabine à côté de moi, en même temps que mon épouse refermait son rideau.  Je restais de glace.  Bien m’en pris, elle rouvrit le rideau aussi sec, un œil interrogateur…

-         Allez, vas-y, après le tonneau sera vide…

-         T’es sot, me répondit’elle en fermant son rideau.

J’entendis une petite voix derrière moi.

-         et çà qu’est ce que vous en pensez ?

Je me retournai.  La tenture était entr-ouverte, elle avait essayé un très joli ensemble.

-         Je suis désolé, j’aime mieux la jupe.  Vous êtes plus sexy avec…

A voix très basse.

-         Tu me dis quelque chose ? Choux …

-         Et j’aime mieux avec rien, mais par ce temps, c’est vrai.

Elle rit, mais se rattrapa.

-         Ne fermez pas la tenture SVP

-        

-         Non, je ne disais rien.

-        

-         SVP !

Elle m’a regardé et s’est déshabillée.  Je ne pouvais rien faire, à peine parler, juste me taper un torticolis, voire un arrêt cardiaque…  Elle était magnifique.  Je suppose que c’est aussi dû à l’effet du strip tease.  Elle a tout enlevé.  Pour se retourner une main sur son sexe, l’autre agrippant la tenture pour la fermer devant mon nez. D’une main je l’ai stoppée.  J’ai vu son regard, qui d’amusé passa à celui d’une chatte en furie.  Je lui pris doucement la main sans me démonter, avec mon plus doux sourire, elle ne résista pas trop fortement, je ne voulais pas lui faire du mal, et rapidement je déposait un baiser chaste sur le dos de sa main.  J’y déposait également une carte de visite, et je refermais moi même le rideau.

 

Cinq minutes sont passées, il y avait du bruit dans les deux cabines.  C’est elle qui est sortie la première. 

-         Tu es un gentil garçon, Henry, je t’appellerai…

-         Tu es très … impressionnante. J’aimerai beaucoup te revoir !

Elle m’a embrassée sur la joue et elle est partie sans plus dire un mot.

 

Je n’imaginais pas un seul instant qu’elle m’appellerai, je la suivais cependant du regard, plus pour vérifier que ma carte de visite n’allait pas traîner quelque part à terre.  Mais j’espérais, je fantasmais même pendant que nous continuions la visite des boutiques.  J’incitais ma femme à essayer ses vêtements, après tout je joue au lotto, je crois en la chance.

 

Je finis malgré tout mon après midi à la terrasse d’un café, seul, épuisé, tel un chameau ayant parcouru le désert pendant quarante jours.  J’avais eu l’autorisation de faire une pose, je regardais les gens passer pleins de paquets, je pensais un moment à ma carte visa, je ne savais plus trop si je devais être content de ma journée.  Elle est sortie de la galerie, c’est arrêtée un instant, cherchant du regard après sa voiture.

-         je vous offre un verre ?

Elle me regarda, fit un tour d’horizon…

-         Votre épouse ?

-         Il y a une table juste là…

-        

-         Je ne vous offre qu’à boire, rien d’autre, et pas ma carte visa, c’est promit !

Elle rit. Elle s’approcha.  Elle s’est installée à la table d’à côté, elle s’est assise en face de moi.

-         Vous m’avez promit de m’appeler. Quand ?

-        

-         Vous faites souvent vos courses ici ?

-         Pourquoi ?

-         Ben, si vous ne me rappelez pas, je ferai toutes les cabines d’essayages, tous les jours !

-         Ahahah. Vous êtes fou !

-         Depuis que je vous ai vue, et vous seule pouvez me guérir

-         Hahaha… Je n’ai jamais vu une drague pareille !

-         Je n’ai jamais vu une femme pareille.  Ca excuse non ?

-        

-         Un jour on fait les magasins ensemble et puis on dîne, d’ac ?

-         Et c’est tout ?

-         Je’vous ai pas dit ce qu’on faisait dans les cabines d’essayages !

-         Ahahah.  C’est votre fantasme ?

-         Depuis aujourd’hui, oui !

Elle continuait à rire, je continuais à déconner.  Le temps passa vite.  On s’est quitté sur base de promesses nettement plus sérieuses. 

 

Je l’ai donc retrouvée dans une galerie commerciale, bien plus loin que là où j’allais d’habitude, beaucoup plus vaste, avec beaucoup plus de magasins.  Je me demandais si je savais ce que je faisais.  Bon, j’avais soigneusement noté l’emplacement de différents hôtels d’étapes dans le coin, il n’en manquait pas Dieu merci, mais je ne savais pas où commençait réellement notre histoire, alors où elle se terminerait…

 

Elle m’attendait sagement vêtue à l’entrée de la galerie, en train de regarder une devanture quelconque.

-         Bonjour

-         Bonjour

On s’est embrassé très sagement, je sentais bien que je n’allais pas la chevaucher sauvagement sur le carrelage du magasin.  Je lui souris.  On s’est embarqué dans les politesses d’usage.

-         Tu veux voir quoi ?

-         Je ne sais pas, où tu veux …

-         Moi j’ai envie de te voire, mais on va peut être laisser la lingerie pour plus tard

Elle rougit.  J’allais finalement être plus embarrassé quelle.  Je devais enlever mon sexe de mon cerveau pour le remettre à sa place naturelle, et essayer de parler en l’écoutant.

-         Je déconnes…

-        

-         mais rien qu’un tout petit peu !

Elle rit.

-         Allez, suit moi !

On s’est promené devant les vitrines tout en parlant, et elle me montrait des vêtements.

-         Tu aimes ?

Je lui disais ‘oui’ ou ‘non’, en essayant de dire pourquoi.  Je ne voulais pas lui dire ‘Essayes !’ je voulais qu’on prenne le temps, qu’elle sache exactement ce qu’elle faisait. 

-         Ca c’est mignon !

-         Tu trouves ?

-         Oui, essaye !

Elle me regarda un instant, j’aurais dû me taire, je me l’étais promis.

-         OK, mais c’est un peu décolleté ?

-         Sans doute, je disais cela comme ça.

-         Allez, on entre, on verra bien

Elle s’est dirigée vers l’étalage, à chercher après une taille qui lui allait.  Elle la placée devant elle pour se regarder dans la glace, puis elle s’est retournée vers moi.

-         Et alors ?

-         Je pense que tu peux être encore plus jolie…

Elle a rit à nouveau, et c’est dirigée vers une cabine d’essayage.  C’était une grande surface, il n’y avait pas de séparation entre les cabines et l’espace de vente, j’avais moins de possibilité de mal me conduire.  Mais nous étions là, c’était déjà pas mal.  J’ai d’office pris le rideau pour le fermer, mais ma tête passait.  Je la regardais se déshabiller.  Elle se retourna vers moi, d’abord un rien gênée.  Mais elle enleva sa veste, puis son chemisier.  Elle glissa sa robe par dessus, avant de retirer son pantalon. 

-         Je t’imaginais plus cool…

-        

-         Je veux sans doute aller trop vite…

Je me suis reculé. Je ne savais pas trop si je devais m’en aller.  Après tout elle avait accepté l’invitation, en sachant pourquoi, en m’ayant vu avec une autre femme.  Je ne comprenais plus trop.

-         Qu’est-ce que tu en penses ?

-         Oui, tu es hyper mignonne, je l’avais vu l’autre fois.

Elle rit, elle voyais bien que je faisais ma crise. 

-         Approche !

-        

Elle m’embrassa rapidement sur la bouche.

-         Tu es trop mignon !

Je repassais à nouveau la tête entre le rideau.  Soit elle se déshabillait, soit je m’en allais.  Elle a passé la robe par dessus ses épaules, avant de me voir dans la glace.  Elle a rit à nouveau, nerveusement.  Elle s’est retournée vers moi.

-         Avec ou sans robe tu es superbe.

-         Merci

Elle s’est rhabillée.

-         Je te l’offre, elle te va très bien.

-         Merci ! … Tu trouves.

-         J’aimerai bien que tu te promènes à mon bras avec cette robe, je serai fier de toi !

-        

Nous sommes allés ensemble à la caisse, puis nous avons continué à déambuler dans la galerie. 

-         Merci

-         Si j’ai la chance de ta la voir porter un jour …

Je ne me branchais plus trop cabines d’essayages, j’aiguillais la conversation sur les sorties, restos… Bien sûr on s’arrêtait devant des devantures de fringues, il n’y avait que ça, des boutiques de GSM, et encore des boutiques de fringues.  Elle se prenait au jeu tout doucement, quand elle me demandait mon avis, je lui disais ‘pas assez décolleté’ ou ‘vielle grand mère’, au bout de la troisième boutique, elle faisait les questions et les réponses.   Je riais, je lui disais qu’il n’y avait pas que le cul qui m’intéressait…   Elle fit une moue.

-         Bon, allez, je suis un homme comme les autres, je l’avoue… Mais je ne t’ai jamais prétendu autre chose.

-         Ne râle pas, va !

-         Ben, tu me dragues dans les cabines d’essayage, et puis quand je te dis que tu es super mignonne, tu me traites d’obsédé !

-         Tu es d’une mauvaise fois.

On s’est remis à rire, à l’instant même où nous arrivions devant un magasin de sous vêtements.  Je riais de plus belle. Elle est entrée.

-         Tu n’est pas obligée !

-         Si tu ne me suis pas, viens pas te plaindre après !

Je n’étais pas venu pour me plaindre, certes. 

-         Dis moi ce que tu aimes bien.

-        

-         Ca sûrement

Bon, je reprenais mon rôle d’obsédé de service.  Mais dans ce magasin, je reconnais que mon sexe se réveillait.  Mon instinct de voyeur aussi.  Tout n’était pas beau.

-         Tu dois essayer, ce n’est pas parce que c’est de la dentelle que c’est beau.

-         Hmmm

Elle pris quelques soutiens-gorge.

-         Prends les culottes assorties

Elle choisit donc des strings, des boxers …

-         C’est toi qui offre ?

-         Oui…

-         Je te fais marcher

-         Essayes les… On en reparle après.

Elle s’est dirigée vers une cabine d’essayage.  Cela avait l’air plus intime. Je ne suis pas entré, juste la tête.

-         Entre

Comme d’habitude, je me demandais ce qui se passait quand les choses allaient trop vite.  Il y a une heure elle ne voulait pas grand chose, maintenant j’entrais dans la cabine.  Je regardais autour de moi quand même.

-         Je crois que tu es un gentil garçon Henry.

-         Oui, mais je ne suis pas de glace.

Elle enleva sa veste puis son chemisier. Me présentant son dos, elle me demanda :

-         Tu le défais ?

J’ai dégrafé son soutien-gorge, je ne savais plus où me mettre.  Je ne suis pas sûr de l’avoir effleurée.

-         passes-moi en un !

Je lui ai tendu un sous-vêtement, et je me décidais à l’aider à le mettre.  Enfin, je ne pense pas qu’une femme ait jamais attendu après nous pour mettre un sous-vêtement.  Je la retournai en la prenant par les hanches. 

-         Hmmm… je ne me sens vraiment pas objectif.  Si tu veux que je dises ‘Oui’ à tout, tu t’y prends de la bonne manière.

-         Non, je veux que tu me dises si ça te plait.

-         Tu me plais.

-         Mais…

-         Il n’est pas terrible…

-         Je trouve aussi.

Elle s’est retournée et a passé ses mains dans le dos.  J’ai interrompu son geste, j’ai dégrafé moi-même son soutien-gorge, et je lui ai présenté le second modèle.  Même jeu, je l’ai agraffé, elle s’est retournée pour me présenter le résultat.

-         Oui ! Joli…

-         Tu trouves ?

-         Il met bien mieux en valeur tes seins…

Je bandais, mon sexe se prenait dans mon pantalon, j’aurais voulu qu’elle se retourne pour que je remette les choses en place.  Bien sûr elle lisait en moi comme dans un livre ouvert.  Elle se pavanait, pressait ses bras l’un contre l’autre pour faire ressortir sa poitrine.

Je l’ai attrapée par la taille, pour la presser contre mon ventre.  Il n’y avait plus d’ambiguïté possible. 

-         Tu es très belle, très sexy.

Elle m’a embrassé, d’un baiser  furtif, pour se retourner. Elle passa ses bras dans son dos, je l’interrompis.

-         Non.

Je lui présentais le string.  Je sentais son hésitation.

-         Oui, je bandes, mais je n’ai eu aucun geste déplacé.  Je ne suis pas qu’un voyeur, mais je ne te violerais pas.  Si tu n’as pas confiance en moi, ou simplement après tout si je ne te plais pas …

On arrêtais maintenant ce jeu dangereux, voire débile.  C’était la suite de mon message.

-         Je n’ai pas peur de toi.

-        

-         Et tu me plais.

Elle s’est retournée vers moi, et s’est déshabillée entièrement.  Elle a passé le string.  Ensuite elle m’a pris la tête entre ses mains, et ma embrassée longuement.  J’ai repris l’initiative après quelques longues minutes, je l’ai caressée, explorant son corps d’abord au dessus de ses nouveaux sous-vêtements, pour ensuite les lui enlever, elle ne les aura pas garder longtemps. Nous avons fait l’amour là, ce n’était pas très confortable, et ce n’était pas l’endroit pour faire le grand jeu.  Je me suis occupé de la caresser partout, j’avais à la fois l’envie de découvrir son corps, et surtout l’intention de la faire jouir, parce qu’elle s’occupait vraiment bien de mon sexe.

 

Bon, ça faisait du bruit et du mouvement dans la cabine, des rires et des gémissements…  On s’est rendu compte à un moment donné qu’on faisait fort.  Juste après qu’elle ait jouit, ma main sur la bouche, l’autre en train de la pénétrer, très doucement, très lentement.  Elle m’a pris le poignet avec une certaine force pour que j’enlève mes doigts de son sexe, mais je ne savais plus trop où j’en étais, je trouvais qu’on en avait pas fini.  Sauf que le monde extérieur se rappelait à mon esprit, je sentais une gêne quelque part.  Je retirais ma main de sa bouche, je l’embrassais.  Je me suis finalement reculé, pour l’admirer.  Je ramassais des vêtements à l’extérieur, je lui souris.  Elle me regarda, un peu dans le vide, se demandant ce qui se passait.

-         Bon, je sors…

-        

-         Tu te rhabilles ?

-        

-         Ne remets pas de sous-vêtements… Tu veux bien ?

-        

-        

-         T’es fou ?

-         Tu es géniale !

Je suis sorti, en faisant attention à ce qu’on ne la voie pas, et je regardais s’il y avait des curieux.  L’une ou l’autre dame regardait vers la cabine, sans plus.  J’avais vérifié que j’étais décent, je pouvais à nouveau regarder Sophie.

-         Tiens, je ne sais pas où tu veux ue je les mettes si je ne peux pas les remettre …

-         Tu es géniale…

-         Oui, je sais…

-         Wohhh, allez donne.

Je mis son soutien gorge et son slip dans la poche de mon veston.  Enfin je les entassais.  J’avais une poche déformée, et je continuais à bander.  J’avais envie d’aller à l’hôtel, mais je ne savais pas si je brûlais les étapes.  J’attendais qu’elle sorte.

-         Je te les offres.

-         Oui ! Non, laisse, tu m’offrira le dîner.

-         Avec plaisir…

Après avoir payé, on a continué a déambuler dans la galerie, cette fois-ci avec un but précis : Un petit resto.  C’était du fast food, déguisé ou non, mais ce qui comptait c’était l’ambiance.  On était finalement bien à deux. On avait passé une matinée à se découvrir, dans les deux sens du terme.

21:08 Écrit par Henry Detournay dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : sous-vetement, essayage, rencontre |  Facebook |

Cabines d'essayages

Je suivais ma charmante épouse dans un magasin de vêtements féminins, elle avait vraiment l’intention de s’acheter quelques fringues, elle n’avait plus rien à ce mettre sur le dos.  Après tout, nous étions au début du mois, mon portefeuille pouvait encore se le permettre, sans qu’il n’y ait un message désapprobateur sur l’écran du terminal bancontact-mistercash.  Et puis, cela me changeait les idées.  Nous avons donc parcouru des kilomètres de rayons, dans des dizaines de boutiques différentes, parcouru le bitume, frôlés des carcasses de voitures dans les parkings.

 

Des sous-vêtements aux vêtements pour jeunes à la mode, en passant par les plus classiques, avec un zeste de regret dans les boutiques pour ‘Madame’ vu le prix.  Enfin regrets de ma femme… On devrait faire une nouvelle discipline olympique : le marathon des magasins où seuls peuvent s’inscrire les maris, les femmes ayant une prédisposition certaines.  C’est une réflexion tout à fait machiste, juste pour que les lectrices enragent trente secondes, excusez moi mesdames, je ne dirai plus rien.

 

On est également passé de cabines d’essayages en cabines d’essayages.  J’étais un des rares privilégiés, à regarder ma femme s’habiller et se déshabiller, après tout c’était normal, mais surtout à me retrouver dans les coursives à attendre le bon vouloir de Madame.  Bon, je retrouvais mon instinct de voyeur, bien que je ne me souviennes pas de l’avoir perdu, et il faut avouer qu’il y a quand même de superbes nanas sur la terre.  J’aurais dû faire proxénète.  Bien, qu’avec ma gueule de métèque… comme disait un chanteur célèbre.  Bref, je me reposais quelques instants, je laissais tomber les paquets, et je regardais.   Il ne manquait plus qu’une bonne pinte … C’est encore pour rire.   J’avais aussi envie de baiser, après tout un strip-tease même involontaire ça reste excitant.  Malgré la fatigue, l’énervement de ma conjointe, le fait de rester debout pendant des heures, j’étais dans de bonnes dispositions.  Je croisais quelques superbes nanas, certaines me souriaient, j’en faisait autant, pendant que mon imagination m’envoyait les sauter dans leur cabines d’essayages.  Je suis un garçon très facile, il me faut très peu pour être prêt. 

 

Je me retournais un instant, je fermais le rideau de la cabine dans la quelle se trouvait mon épouse, et mon regard aperçu une très jolie créature devant son miroir, en sous-vêtement.  Elle était mignonne à croquer, j’étais donc tout à fait pervers-pépère.  J’allais me reculer encore plus quand elle me vit.  Elle sourit.  Je fis de même, et je me reculais encore plus.  J’imaginais très bien qu’elle allait refermer complètement son rideau.  Chose qu’elle ne fit pas.  Je ne bougeais pourtant pas, si je fantasme de sauter les filles dans les cabines d’essayages, quant il faut passer à l’acte, c’est beaucoup moins évident.  J’étais là donc renfoncé dans un coin à me demander ce qui se passait à coté, quand soudain ma femme ouvrit son rideau pour me montrer son dernier essayage.  Je m’approchais donc en me demandant où je devais donner de la tête, je devais avancer comme un canard, mon corps allant dans une direction, ma tête m’entraînant dans l’autre…

 

Je regardais donc mon top modèle de femme, cherchant à devancer les objections, tout en gardant un côté positif.  Je voulais aussi être bref, j’avais envie de regarder ailleurs.  Elle finit par refermer la tenture, et par prudence je dus attendre au moins un centième de seconde avant de me retourner vers l’autre cabine.  La tenture était toujours aussi mal fermée, cela ne se voyait pas réellement, sauf pour quelqu’un en face.  Je la voyais dans le miroir se changer, je la trouvais belle, je continuais à regarder. Elle me vit. Elle finit de s’habiller et se retourna vers moi.  Je fis un sourire, je la trouvais vachement pas mal, je fis une moue approbateur.  Elle rit.  Elle se tortillait devant son miroir, pour se déshabiller à nouveau.  Je continuais à regarder, je pensais finalement n’être qu’un spectateur involontaire, qu’elle acceptait pour avoir un avis supplémentaire.  Son regard croisa à nouveau le mien alors qu’elle n’était qu’en dessous, je lus un moment d’hésitation, mais elle repris une jupe sans toucher au rideau.  Je ne prétends pas détester ces moments.  On est que spectateur, on ne vit que parce que le modèle veut bien nous donner un moment d’illusion.  Je crois que pour elle, elle se sentait en sécurité, avec un frisson de perversité.  Le regard de l’homme, peut très bien être rassurant, simplement positif. 

 

-        Chou

Je paniquais à mort, je me suis retourné vers ma femme, enfin un rideau. 

-        Oui ?

 

Elle ouvrit le rideau à nouveau sur une xième tenue. Elle avait la chance qu’elle portait tout très bien, avec élégance.  Je le lui fis remarquer.  Je pensais bien que ma carte visa allait en prendre un coup, mais une femme élégante qui vous côtoyais, je ne pouvais rien lui refuser.  Et je pensais à autre chose.  Je voulais que cette séance se prolonge, mais à rideau fermé.

-        Tu devrais quand même remettre l’autre pour comparer !

-        Tu crois ?

-        Oui… Si … Je crois.  On a le temps…

-        Tu en avais marre ?

-        Tu me fera apporter une bonne bière si je tombe.

J’entendis un rire dans la cabine à côté de moi, en même temps que mon épouse refermait son rideau.  Je restais de glace.  Bien m’en pris, elle rouvrit le rideau aussi sec, un œil interrogateur…

-        Allez, vas-y, après le tonneau sera vide…

-        T’es sot, me répondit’elle en fermant son rideau.

J’entendis une petite voix derrière moi.

-        et çà qu’est ce que vous en pensez ?

Je me retournai.  La tenture était entr-ouverte, elle avait essayé un très joli ensemble.

-        Je suis désolé, j’aime mieux la jupe.  Vous êtes plus sexy avec…

A voix très basse.

-        Tu me dis quelque chose ? Choux …

-        Et j’aime mieux avec rien, mais par ce temps, c’est vrai.

Elle rit, mais se rattrapa.

-        Ne fermez pas la tenture SVP

-       

-        Non, je ne disais rien.

-       

-        SVP !

Elle m’a regardé et s’est déshabillée.  Je ne pouvais rien faire, à peine parler, juste me taper un torticolis, voire un arrêt cardiaque…  Elle était magnifique.  Je suppose que c’est aussi dû à l’effet du strip tease.  Elle a tout enlevé.  Pour se retourner une main sur son sexe, l’autre agrippant la tenture pour la fermer devant mon nez. D’une main je l’ai stoppée.  J’ai vu son regard, qui d’amusé passa à celui d’une chatte en furie.  Je lui pris doucement la main sans me démonter, avec mon plus doux sourire, elle ne résista pas trop fortement, je ne voulais pas lui faire du mal, et rapidement je déposait un baiser chaste sur le dos de sa main.  J’y déposait également une carte de visite, et je refermais moi même le rideau.

 

Cinq minutes sont passées, il y avait du bruit dans les deux cabines.  C’est elle qui est sortie la première. 

-        Tu es un gentil garçon, Henry, je t’appellerai…

-        Tu es très … impressionnante. J’aimerai beaucoup te revoir !

Elle m’a embrassée sur la joue et elle est partie sans plus dire un mot.

 

Je n’imaginais pas un seul instant qu’elle m’appellerai, je la suivais cependant du regard, plus pour vérifier que ma carte de visite n’allait pas traîner quelque part à terre.  Mais j’espérais, je fantasmais même pendant que nous continuions la visite des boutiques.  J’incitais ma femme à essayer ses vêtements, après tout je joue au lotto, je crois en la chance.

 

Je finis malgré tout mon après midi à la terrasse d’un café, seul, épuisé, tel un chameau ayant parcouru le désert pendant quarante jours.  J’avais eu l’autorisation de faire une pose, je regardais les gens passer pleins de paquets, je pensais un moment à ma carte visa, je ne savais plus trop si je devais être content de ma journée.  Elle est sortie de la galerie, c’est arrêtée un instant, cherchant du regard après sa voiture.

-        je vous offre un verre ?

Elle me regarda, fit un tour d’horizon…

-        Votre épouse ?

-        Il y a une table juste là…

-       

-        Je ne vous offre qu’à boire, rien d’autre, et pas ma carte visa, c’est promit !

Elle rit. Elle s’approcha.  Elle s’est installée à la table d’à côté, elle s’est assise en face de moi.

-        Vous m’avez promit de m’appeler. Quand ?

-       

-        Vous faites souvent vos courses ici ?

-        Pourquoi ?

-        Ben, si vous ne me rappelez pas, je ferai toutes les cabines d’essayages, tous les jours !

-        Ahahah. Vous êtes fou !

-        Depuis que je vous ai vue, et vous seule pouvez me guérir

-        Hahaha… Je n’ai jamais vu une drague pareille !

-        Je n’ai jamais vu une femme pareille.  Ca excuse non ?

-       

-        Un jour on fait les magasins ensemble et puis on dîne, d’ac ?

-        Et c’est tout ?

-        Je’vous ai pas dit ce qu’on faisait dans les cabines d’essayages !

-        Ahahah.  C’est votre fantasme ?

-        Depuis aujourd’hui, oui !

Elle continuait à rire, je continuais à déconner.  Le temps passa vite.  On s’est quitté sur base de promesses nettement plus sérieuses. 

 

Je l’ai donc retrouvée dans une galerie commerciale, bien plus loin que là où j’allais d’habitude, beaucoup plus vaste, avec beaucoup plus de magasins.  Je me demandais si je savais ce que je faisais.  Bon, j’avais soigneusement noté l’emplacement de différents hôtels d’étapes dans le coin, il n’en manquait pas Dieu merci, mais je ne savais pas où commençait réellement notre histoire, alors où elle se terminerait…

 

Elle m’attendait sagement vêtue à l’entrée de la galerie, en train de regarder une devanture quelconque.

-        Bonjour

-        Bonjour

On s’est embrassé très sagement, je sentais bien que je n’allais pas la chevaucher sauvagement sur le carrelage du magasin.  Je lui souris.  On s’est embarqué dans les politesses d’usage.

-        Tu veux voir quoi ?

-        Je ne sais pas, où tu veux …

-        Moi j’ai envie de te voire, mais on va peut être laisser la lingerie pour plus tard

Elle rougit.  J’allais finalement être plus embarrassé quelle.  Je devais enlever mon sexe de mon cerveau pour le remettre à sa place naturelle, et essayer de parler en l’écoutant.

-        Je déconnes…

-       

-        mais rien qu’un tout petit peu !

Elle rit.

-        Allez, suit moi !

On s’est promené devant les vitrines tout en parlant, et elle me montrait des vêtements.

-        Tu aimes ?

Je lui disais ‘oui’ ou ‘non’, en essayant de dire pourquoi.  Je ne voulais pas lui dire ‘Essayes !’ je voulais qu’on prenne le temps, qu’elle sache exactement ce qu’elle faisait. 

-        Ca c’est mignon !

-        Tu trouves ?

-        Oui, essaye !

Elle me regarda un instant, j’aurais dû me taire, je me l’étais promis.

-        OK, mais c’est un peu décolleté ?

-        Sans doute, je disais cela comme ça.

-        Allez, on entre, on verra bien

Elle s’est dirigée vers l’étalage, à chercher après une taille qui lui allait.  Elle la placée devant elle pour se regarder dans la glace, puis elle s’est retournée vers moi.

-        Et alors ?

-        Je pense que tu peux être encore plus jolie…

Elle a rit à nouveau, et c’est dirigée vers une cabine d’essayage.  C’était une grande surface, il n’y avait pas de séparation entre les cabines et l’espace de vente, j’avais moins de possibilité de mal me conduire.  Mais nous étions là, c’était déjà pas mal.  J’ai d’office pris le rideau pour le fermer, mais ma tête passait.  Je la regardais se déshabiller.  Elle se retourna vers moi, d’abord un rien gênée.  Mais elle enleva sa veste, puis son chemisier.  Elle glissa sa robe par dessus, avant de retirer son pantalon. 

-        Je t’imaginais plus cool…

-       

-        Je veux sans doute aller trop vite…

Je me suis reculé. Je ne savais pas trop si je devais m’en aller.  Après tout elle avait accepté l’invitation, en sachant pourquoi, en m’ayant vu avec une autre femme.  Je ne comprenais plus trop.

-        Qu’est-ce que tu en penses ?

-        Oui, tu es hyper mignonne, je l’avais vu l’autre fois.

Elle rit, elle voyais bien que je faisais ma crise. 

-        Approche !

-       

Elle m’embrassa rapidement sur la bouche.

-        Tu es trop mignon !

Je repassais à nouveau la tête entre le rideau.  Soit elle se déshabillait, soit je m’en allais.  Elle a passé la robe par dessus ses épaules, avant de me voir dans la glace.  Elle a rit à nouveau, nerveusement.  Elle s’est retournée vers moi.

-        Avec ou sans robe tu es superbe.

-        Merci

Elle s’est rhabillée.

-        Je te l’offre, elle te va très bien.

-        Merci ! … Tu trouves.

-        J’aimerai bien que tu te promènes à mon bras avec cette robe, je serai fier de toi !

-       

Nous sommes allés ensemble à la caisse, puis nous avons continué à déambuler dans la galerie. 

-        Merci

-        Si j’ai la chance de ta la voir porter un jour …

Je ne me branchais plus trop cabines d’essayages, j’aiguillais la conversation sur les sorties, restos… Bien sûr on s’arrêtait devant des devantures de fringues, il n’y avait que ça, des boutiques de GSM, et encore des boutiques de fringues.  Elle se prenait au jeu tout doucement, quand elle me demandait mon avis, je lui disais ‘pas assez décolleté’ ou ‘vielle grand mère’, au bout de la troisième boutique, elle faisait les questions et les réponses.   Je riais, je lui disais qu’il n’y avait pas que le cul qui m’intéressait…   Elle fit une moue.

-        Bon, allez, je suis un homme comme les autres, je l’avoue… Mais je ne t’ai jamais prétendu autre chose.

-        Ne râle pas, va !

-        Ben, tu me dragues dans les cabines d’essayage, et puis quand je te dis que tu es super mignonne, tu me traites d’obsédé !

-        Tu es d’une mauvaise fois.

On s’est remis à rire, à l’instant même où nous arrivions devant un magasin de sous vêtements.  Je riais de plus belle. Elle est entrée.

-        Tu n’est pas obligée !

-        Si tu ne me suis pas, viens pas te plaindre après !

Je n’étais pas venu pour me plaindre, certes. 

-        Dis moi ce que tu aimes bien.

-       

-        Ca sûrement

Bon, je reprenais mon rôle d’obsédé de service.  Mais dans ce magasin, je reconnais que mon sexe se réveillait.  Mon instinct de voyeur aussi.  Tout n’était pas beau.

-        Tu dois essayer, ce n’est pas parce que c’est de la dentelle que c’est beau.

-        Hmmm

Elle pris quelques soutiens-gorge.

-        Prends les culottes assorties

Elle choisit donc des strings, des boxers …

-        C’est toi qui offre ?

-        Oui…

-        Je te fais marcher

-        Essayes les… On en reparle après.

Elle s’est dirigée vers une cabine d’essayage.  Cela avait l’air plus intime. Je ne suis pas entré, juste la tête.

-        Entre

Comme d’habitude, je me demandais ce qui se passait quand les choses allaient trop vite.  Il y a une heure elle ne voulait pas grand chose, maintenant j’entrais dans la cabine.  Je regardais autour de moi quand même.

-        Je crois que tu es un gentil garçon Henry.

-        Oui, mais je ne suis pas de glace.

Elle enleva sa veste puis son chemisier. Me présentant son dos, elle me demanda :

-        Tu le défais ?

J’ai dégrafé son soutien-gorge, je ne savais plus où me mettre.  Je ne suis pas sûr de l’avoir effleurée.

-        passes-moi en un !

Je lui ai tendu un sous-vêtement, et je me décidais à l’aider à le mettre.  Enfin, je ne pense pas qu’une femme ait jamais attendu après nous pour mettre un sous-vêtement.  Je la retournai en la prenant par les hanches. 

-        Hmmm… je ne me sens vraiment pas objectif.  Si tu veux que je dises ‘Oui’ à tout, tu t’y prends de la bonne manière.

-        Non, je veux que tu me dises si ça te plait.

-        Tu me plais.

-        Mais…

-        Il n’est pas terrible…

-        Je trouve aussi.

Elle s’est retournée et a passé ses mains dans le dos.  J’ai interrompu son geste, j’ai dégrafé moi-même son soutien-gorge, et je lui ai présenté le second modèle.  Même jeu, je l’ai agraffé, elle s’est retournée pour me présenter le résultat.

-        Oui ! Joli…

-        Tu trouves ?

-        Il met bien mieux en valeur tes seins…

Je bandais, mon sexe se prenait dans mon pantalon, j’aurais voulu qu’elle se retourne pour que je remette les choses en place.  Bien sûr elle lisait en moi comme dans un livre ouvert.  Elle se pavanait, pressait ses bras l’un contre l’autre pour faire ressortir sa poitrine.

Je l’ai attrapée par la taille, pour la presser contre mon ventre.  Il n’y avait plus d’ambiguïté possible. 

-        Tu es très belle, très sexy.

Elle m’a embrassé, d’un baiser  furtif, pour se retourner. Elle passa ses bras dans son dos, je l’interrompis.

-        Non.

Je lui présentais le string.  Je sentais son hésitation.

-        Oui, je bandes, mais je n’ai eu aucun geste déplacé.  Je ne suis pas qu’un voyeur, mais je ne te violerais pas.  Si tu n’as pas confiance en moi, ou simplement après tout si je ne te plais pas …

On arrêtais maintenant ce jeu dangereux, voire débile.  C’était la suite de mon message.

-        Je n’ai pas peur de toi.

-       

-        Et tu me plais.

Elle s’est retournée vers moi, et s’est déshabillée entièrement.  Elle a passé le string.  Ensuite elle m’a pris la tête entre ses mains, et ma embrassée longuement.  J’ai repris l’initiative après quelques longues minutes, je l’ai caressée, explorant son corps d’abord au dessus de ses nouveaux sous-vêtements, pour ensuite les lui enlever, elle ne les aura pas garder longtemps. Nous avons fait l’amour là, ce n’était pas très confortable, et ce n’était pas l’endroit pour faire le grand jeu.  Je me suis occupé de la caresser partout, j’avais à la fois l’envie de découvrir son corps, et surtout l’intention de la faire jouir, parce qu’elle s’occupait vraiment bien de mon sexe.

 

Bon, ça faisait du bruit et du mouvement dans la cabine, des rires et des gémissements…  On s’est rendu compte à un moment donné qu’on faisait fort.  Juste après qu’elle ait jouit, ma main sur la bouche, l’autre en train de la pénétrer, très doucement, très lentement.  Elle m’a pris le poignet avec une certaine force pour que j’enlève mes doigts de son sexe, mais je ne savais plus trop où j’en étais, je trouvais qu’on en avait pas fini.  Sauf que le monde extérieur se rappelait à mon esprit, je sentais une gêne quelque part.  Je retirais ma main de sa bouche, je l’embrassais.  Je me suis finalement reculé, pour l’admirer.  Je ramassais des vêtements à l’extérieur, je lui souris.  Elle me regarda, un peu dans le vide, se demandant ce qui se passait.

-        Bon, je sors…

-       

-        Tu te rhabilles ?

-       

-        Ne remets pas de sous-vêtements… Tu veux bien ?

-       

-       

-        T’es fou ?

-        Tu es géniale !

Je suis sorti, en faisant attention à ce qu’on ne la voie pas, et je regardais s’il y avait des curieux.  L’une ou l’autre dame regardait vers la cabine, sans plus.  J’avais vérifié que j’étais décent, je pouvais à nouveau regarder Sophie.

-        Tiens, je ne sais pas où tu veux ue je les mettes si je ne peux pas les remettre …

-        Tu es géniale…

-        Oui, je sais…

-        Wohhh, allez donne.

Je mis son soutien gorge et son slip dans la poche de mon veston.  Enfin je les entassais.  J’avais une poche déformée, et je continuais à bander.  J’avais envie d’aller à l’hôtel, mais je ne savais pas si je brûlais les étapes.  J’attendais qu’elle sorte.

-        Je te les offres.

-        Oui ! Non, laisse, tu m’offrira le dîner.

-        Avec plaisir…

Après avoir payé, on a continué a déambuler dans la galerie, cette fois-ci avec un but précis : Un petit resto.  C’était du fast food, déguisé ou non, mais ce qui comptait c’était l’ambiance.  On était finalement bien à deux. On avait passé une matinée à se découvrir, dans les deux sens du terme.

21:04 Écrit par Henry Detournay dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |  Facebook |

19.09.2007

Christine

-        Bonjour…

-       

-        Je suis désolée, je dois regonfler mon pneu, comment je dois faire ?

-        L’appareil est là Madame…

-        Oui, j’ai vu…

-       

-        Mais… Je ne sais pas ce que je dois faire …

-        Je ne peux pas vous aider madame, c’est très simple et je dois tenir ma boutique…

-        Ah ? … 
Je me devais d’intervenir, la gérante n’avait vraiment pas l’air accueillante, je m’en étais rendu compte lors de mon entretien.  J’en avais terminé avec elle, un espoir de faire des affaires, et comme je connaissais la cliente de vue, que j’avais déjà flashé sur elle au par-avant, mon sens chevaleresque remontât de mon sexe à mon cerveau… 
 
Elle travaillait dans une grande surface de vêtements. J’y allais de temps en temps car le style m’allait plus ou moins, j’y trouvais surtout ma taille pour mon poids et heureusement cela correspondait à mon budget.  Je l’avais remarquée, parce qu’en plus d’être très mignonne, elle avait l’air de s’intéresser à son boulot, elle y semblait très active.  Je ne la voyais pas rencontrer mon regard, mais je ne désespérais pas. Je la croisais de temps en temps quand je me cherchais un costume, je fantasmai alors grâce à elle sur les cabines d’essayage, je reste persuadé qu’il y en a qui sont faites pour baiser, je parle des cabines, tout le monde l’aura comprit. Bien que celles-là à mon avis n’étaient pas adaptées, tant pis, cela ne m’empêchait pas de bander. Malheureusement elle s’occupait du réassortiment seulement, je ne pouvais donc pas lui demander de vérifier la bonne coupe de mon pantalon, de vérifier certains plis, de voir que je bandais pour elle, et puis j’y étais systématiquement avec ma femme,  ce qui ne facilite pas les choses.  Je cherchais du regard malgré tout après elle à chacun de mes passages dans le magasin, elle me regardait l’espace d’un instant sans me voir semblait-il, je n’aurai pu présager d’une suite.

 -        hmmm…

-        Bonjour ?

-        J’y connais rien, je vous l’avoue tout de suite, mais on va y arriver à deux je pense…

-        Vous croyez ? Me dit-elle, souriante. Elle m’accompagna au dehors. Je n’y connaissais réellement rien en mécanique, je ne savais rien des pompes à essence, même pas qu’il y a moyen de bloquer le bec verseur sans devoir appuyer pendant des lustres quant on remplit son réservoir, alors donc mettre de l’air dans un pneu me semblait, comme pour elle sans doute, un exploit incommensurable. Mais elle me faisait bander, elle avait l’air d’avoir envie d’autre chose que de gonfler un pneu, c’était donc aujourd’hui ou jamais, quitte ou double également :  Soit j’étais ridicule pour le restant de mes jours, ce que je prévoyais, soit j’y arrivais n’importe comment, sans doute devrais-je trouver beaucoup d’humour auto-flagellant, et les mains noires de cambouis je la sautais par terre sur le parking de la pompe a essence, le pneu se gonflant tel mon sexe, tout prêt à exploser…  Je délirais grave, mais je sortais avec elle plein d’intentions, dont une seule au moins allait se réaliser, trouver le machin quelque part qui permet, il paraît, de foutre de l’air dans un pneu à la c… détail important, j’étais en costume-cravate, sapé pas comme un prince mais rien à voir avec un bleu de travail, l’idéal pour se genre d’exercice, mais heureusement pour une fois pas trop pressé quand même.  Dans le pire des cas, après l’humiliation ultime de la femme qui veut se faire mettre par l’homme qui la regarde avec un visage qui dit ‘je fait te faire jouir’, mais qui découvre que ce mec ne sait même pas comment regonfler un pneu, j’avais encore les toilettes de la pompe à essence pour me laver les mains, pleureur sur mon impuissance, et me branler pour assouvir mes phantasmes de mâle, à la condition  que mon costume, ma cravate n’aient pas trop souffert de mes délires et de mes éventuelles incompétences. Au pire je rentrais chez moi avec toutes ces conséquences.  J’avais me semble-t-il une porte de sortie.  Lamentable. Mais bon, avoir le sexe qui dresse dans un pantalon de costume lorsqu’on s’abaisse pour regonfler un pneu, je vous assure que ça fait mal… Et que les mains pleines de cambouis ne savent pas vraiment où elles doivent aller, n’arrange rien. Je trouvais donc le bidule et l’orifice, ça ne fait rire que vous, et j’arrivais à foutre de l’air dans le pneu.  Elle était accroupie à côté de moi, tellement proche que je sentais son odeur au dessous de son parfum, elle finit naturellement par me toucher, tout se gonflait.  Je ris mais j’étais accroupis, je pensais que mon pantalon allait s’arracher, je débandais un peu rien qu’à cette idée.

-        Bon, je suis pas trop sûr que ça marche, sauf que sur l’appareil là, il y a l’air de dire.. qu’il y a de l’air en plus…

-        Et il faut en mettre combien ?

-        Ben… dès que la voiture décolle c’est que c’est assez …

-        Vous croyez ? Dit-elle en riant.

-        Je peux avouer ?

-        Avouer ?

-        C’est la première fois que je me sers de cet engin !

-        La première fois ?

-        De cet engin, oui  !

Bon j’étais lourd, et elle ne comprit pas.  Enfin pas tout de suite.  J’aimais bien sa pose, je devinais son entre-jambe.  Est-ce que mon regard suivait ma pensée ? En tout cas elle écartât les jambes et bougeât son buste pour se retrouver face à moi.  J’avais une vue sur une petite culotte de couleur.  Je rougissais intérieurement, relevait mon regard pour dire quelque chose.  Elle me souriait.

-        Je vous connais

-        Je viens régulièrement au magasin où vous travaillez.

-        Oui bien sûr…

-        A part demander une taille on n’a pas vraiment l’occasion de dire quelque chose…

Elle rit.  Je terminais de gonfler son pneu, il y a avait une aiguille qui disait qu’il était temps.  Mon aiguille à moi aussi. Je repliais les ustensiles, je refermais la pipette. Je regardais mes mains sales.  Je n’avais pas trop l’envie de me relever.  Bon, il y avait la vue sur sa petite culotte, mais il y avait surtout la proximité qui nous donnait un air de complicité.  J’aimais bien.  Même si je ne savais pas trop quoi dire.

-        Venez vous laver les mains chez moi.

-        Chez vous ?

-        Je n’habites pas très loin. 

-       

-        Vous n’allez pas aller travailler dans cet état !

-        Non, vous avez raison.  Je suis garé là. Fis-je en lui montrant ma voiture.

-        Je vous suis.

Continuais-je.C’est vrai que dans cet état… Je jetais un dernier coup d’œil à sa petite culotte. Je ne savais pas où j’allais, mais j’y allais les mains sales, l’esprit aussi.  Je ne suis pas sûr que mon regard de matou en chaleur ne fût pas intercepté, j’estimais finalement que j’allais à la chasse.  Je me demanderai toute ma vie si son pneu était vraiment dégonflé.  Je dirai quand même merci au dieu Hasard. Je montais donc dans ma voiture, l’œil rivé sur la sienne, enfin sur la conductrice, tout en faisant gaffe à la circulation.  Je me serai mal vu avec un accident sur une route que je n’étais pas sensé emprunter, pendant les heures de travail.  Et si c’était moi qui tombait en panne ?  Je regardais avec panique ma jauge à essence, tout allait bien… Elle avait dit qu’elle habitait pas très loin, je commençais en plus à m’inquiéter de ses notions de distances.  Soit, j’aurais pu aller à la mer avec elle, mais cela aurait du être programmé.  Je n’étais pas fait pour inventer des histoires bidons, même pour draguer, et surtout pour me justifier.  Moins on me pose de questions, mieux je me porte.  Je roulais, assez nerveusement, elle aussi.  Je devais quand même reconnaître que j’aimais bien une femme qui n’a pas peur de sa voiture. Je me calmais donc, et je lui trouvais des qualités.  On est finalement arrivé dans une rue quelconque, elle m’a fait signe de me garer, elle a parqué sa voiture quelques mètres plus loin.  Je sortais de la mienne souriant. 

-        Je pensais qu’on allait à la mer …

-        Ce n’est pas si loin !?

-        Non… Je faillis dire : Du moment qu’il y a un lit pour dormir à l’étape, vu les kilomètres… mais c’était aller un peu vite.  Je doutais toujours de moi.

-        C’est là

-        Joli ! Toute la maison ?

-        Ben oui…

-        Ca aurait pu être un appart’… bon toute la maison…Je riais, elle me regardait, aille, mes questions n’étaient pas à la hauteur …-        mon ex. me la laissée quand il est parti, enfin j’ai ...

-        Je ne savais pas.

Je l’interrompais, je ne pensais pas que discuter de son ex soit une bonne idée.

-        Pas de problème.

Nous sommes entré chez elle. Une maison finalement modeste, un hall d’entrée donnant classiquement sur deux pièces à droite, un escalier le longeant sur la gauche.  Habituel des maisons un rien bourgeoise, ayant survécu aux bombardements ou juste après guerre.  Je rentrais à sa suite au salon.  Elle était souriante mais gauche, je la devinais troublée, tout autant que moi.  Je souriais gentiment, cherchant des compliments à lui faire sur la déco par exemple, pour que le silence ne viennent pas tout casser.  Je me doutais bien que cette nana voulait que je me nettoie les mains, j’étais presque aussi sûr qu’elle voulait que je m’en serve autrement que de mettre de l’air dans un pneu.  On se connaissait de vue, elle savait que je la trouvais bien, cette invitation était géniale, mais je ne savais pas trop quoi faire.  Je lui présentais mes mains.-        Je vais te montrer la salle de bain, me dit-elle.-        C’est super sympa chez toi… Bon Vachement banal, j’avoue.

-        C’est gentil.On est monté à l’étage, elle me précédant toujours, je voyais largement c’est jolies jambes, je jouais pourtant le rôle d’un homme bien éduqué, je ne regardais pas sa petite culotte… Bien que ? Doit-on vraiment toujours jouer un rôle ? Je regardais encore ces jambes, mon regard ce posa sur son slip, pour remonter vers son visage.  Enfin c’est elle qui me regardait, en souriant.

-        Tu es très jolie.

-        Je sais bien que tu aimes mater.

-        Oui, j’aime regarder les jolies choses… je suis comme un artiste.

Je voulais me rattraper.  Je n’aimais pas le terme ‘Chose’

-        et…

-        tu es … très sexy, j’aime beaucoup

Nous étions toujours dans l’escalier, elle devant, les jambes légèrement écartées pour monter une marche, à demi tournée vers moi.

-        J’ai bien vu que tu regardais ma petite culotte au garage …

-        Tu m’as fait le plaisir de me la montrer

Elle rit.

-        Ecartes les jambes tu veux.Je prenais l’initiative.  Elle le fit sans problème.  Elle me fit face, ses deux jambes étaient bien écartées sur le même escalier.  Je la regardais, puis je montais les marches à sa rencontre.  Ma main se dirigea vers sa petite culotte.

-        Tu es sale !

J’avais envie de lui dire de pisser sur ma main, mais je n’avais aucune idée des barrières à ne pas franchir.

-        Montre moi aussi ! … la salle de bain.

Elle prit ma main et m’entraîna à l’étage.  Je la suivais sans aucune difficulté, ne cherchant ni à retrouver sa petite culotte, ni à l’embrasser.  Je la laissais mener le jeu, les choses semblaient claires entre nous.  Je finissais de monter l’escalier, je la suivais sur le pallier, pour arriver finalement à la salle de bain.  Elle me tenait toujours la main, elle se retournait pour voir si je la suivais, je n’avais pas le choix, mais elle souriais, je ne disais rien.

-        Nous y voici

-        Très joli.  Que pouvais-je dire d’autre ?

-        Moi aussi j’ai eu chaud !

-        On prend une douche ? Je voulais avoir l’initiative.  Je ne pensais pas prendre une baffe.  Au pire un refus dans un sourire.

-        Tu as raison

Elle enleva sa blouse.  Je bandais en un instant, tout en étant plus que gêné. La situation m’échappait encore alors que c’est moi qui avait fait la proposition. Je défis ma cravate, je regardais autour de moi en me demandant où j’allais déposer mes vêtements, je retournais mon regard vers elle interrogateur, elle était déjà nue.

-        Allez ! Viens ! Tu dois te laver et moi aussi.

Bon, ben ils seraient chiffonnés, mais je devais réellement arrêter de déconner.  Je finis de me déshabiller et déposait mes vêtements en tas sur le bord de la baignoire.

-        Hmmm, il faudrait faire un peu de gymnastique !

-        Que crois-tu que je vais faire dans ta douche ?

-        Ohhhh.  Ahahah

Elle se foutait de mon ventre, mais se mit à rire de ma répartie.  Cela me déstressa, je rentrai fier dans la douche, le sexe en avant, le ventre rentré quand même. Je préparais mes abdos.  L’eau était chaude, la température volcanique, elle était très bien faite.  Je la caressais, elle s’occupa d’emblée de mon sexe.  Elle était de petite taille, je m’en rendais compte maintenant que je la collais contre moi.  Ma bouche respirait ses cheveux, mes bras, mes mains l’entouraient.  Elle redressa la tête tout en continuant de me branler.  On s’embrassait.  C’était bien sous la douche, chaude mais il y a tout qui glisse.  On voit bien qu’à la télévision c’est du cinéma.  J’ai glissé une main entre ses jambes, bien qu’elle était petite, je devais avoir le bras long pour arriver sans difficulté entre ses jambes, je caressais de l’autre main ses seins.  Ma bouche descendait sur ses tétons, je les aspirais goulûment, buvant quelques gouttes d’eau au passage.  Toutes les caresses y passèrent jusqu’au moment où elle se retourna et se pencha.  Je lui écartais les lèvres de son sexe, et j’y introduisis mon phallus.  Je regardais son cul, mais je décidais de rester classique, bien que ce mot n’avait pas trop de sens dans notre situation.  J’allais et venais en elle, avec de temps en temps un rien de frayeur, juste mon pied qui glissait.  Mes mains serraient alors ses seins et elle riait. J’avais l’eau qui coulait dans mon dos, je bougeais de temps en temps pour que le jet de la douche atteigne son dos et la réchauffe un peu, bien que je ne suis pas sûr qu’il le fallait.  Mes pensées me permettaient d’être performant, si elle riait quand je glissais, j’entendais bien qu’il y avait autre chose.  Une fois de plus mon pied glissa, une fois de plus je pressais ses seins.  Le ton changeait, le rire se faisait feulement. Je me sentais prêt moi aussi, mes mains parcourraient à nouveau son dos, ses fesses me tentaient bien quand même, j’y glissais un doigt.

-        Mouille le bien si tu le rentre…Je n’eu pas le temps, rien que cette phrase fit gonfler mon sexe.

-        Wohhhh

Je continuais mon pistonnage dans son sexe, mais je sentais bien que cela ne durerait plus qu’un instant.  Mon doigt quand même parcouru l’entrée de son anus, après tout j’avais la permission. Je jouis longuement, je me souviens qu’elle aussi, quelques instants plus tard.  Elle avait mis sa main sur son clitoris pour accélérer son plaisir, elle me rejoignit dans le bonheur très vite.  Je repris conscience, je me retirai du jet d’eau tout en restant en elle, et je lui caressait le dos.  Elle se redressa et se colla contre moi, je passais mes bras au dessus de ses épaules et je la serrai tendrement.  Je ne débandais pas bien que je n’aurai plus su faire le moindre mouvement, j’embrassais ses cheveux, je jouais encore avec ses seins.  

-        Merci. Dis-je

-        J’en avais envie… Depuis le temps que tu me regardes !

-        Je te trouves très jolie, et nue c’est encore mieux !Elle rit.

-        Je pense que j’aurais pu encore te regarder pendant des années sans cette foutue roue…

-        Le hasard…Elle continua

-        Mais tu n’es jamais seul !

-        Non, ma femme et moi on fait tout, enfin presque tout ensemble…

-       

-        On se reverra ?

-        Oui, bien sûr !

-        Un essayage dans une cabine

-        Ahahaha… n’y compte pas ! c’est pas très discret !

-        Tu as déjà eu des propositions ?

-        Oui, ahahah.  Ne sois pas jaloux !

-        Non pas du tout. 

Nous discutâmes un quart d’heure sur les cabines d’essayage des magasins de vêtements, je fantasmais sur les étreintes furtives, sur les corps nus que l’on voyait entre les rideaux, mais elle tint bon, ne voulant pas risquer son travail et sa réputation si elle était surprise là dans une situation indécente.  Je finis par capituler, lui obtenant en contre partie de nous revoir chez elle. On restait ensemble à parler, à se sécher.  Finalement elle ouvrit sa garde robe pour se rhabiller, je négociais les sous-vêtements, j’aimais bien qu’elle n’en porte pas, mais elle devait aller quelque part alors … J’assortissait les couleurs des sous-vêtements évidemment, elle riait, je la regardais, je rebandais à nouveau.

-        Oh non ! ?

-        Ben si… tu me plais tu sais.

-        Tu n’a pas rendez-vous ?

-        Comme tue-l-amour, t’es douée tu sais…

-        Hahahaha

Je débandais, parce qu’un vent de panique s’insinua dans mon cerveau.  J’avais effectivement autre chose à faire.  J’en oubliais de la regarder s’habiller, spectacle indéfiniment sensuel, surtout quand elle se retourne vers vous en disant

-        tu aimes ?

Avec votre femme votre cerveau doit selon le moment faire taire votre sexe, et de toute façon avoir emmagasiné tout ce qu’elle a dit avant cet instant à propos de son humeur, du climat, du planning de la journée, mais il y a des instants avec des femmes ou le ‘Tu aimes’ est votre cadeau de la journée. 

-        Toi, oui, ta robe ? … aussi… Tes nichons …

-        T’es qu’un malade, fit elle en se retournant tout en riant. 

C’est cette robe là qu’elle mit. Je devais partir.  J’étais prêt. J’étais tout contre elle, je la regardais, je sentais son corps contre moi, je voyais son corps.  Je m’en foutais un peu après tout de partir, mais nous savions très bien qu’il y avait une fin à cette journée, le prétexte de mon agenda était le moins douloureux.

-        Je dois y aller.

-        Oui, je sais.

-       

-        Je te reverrai

-        Oui.  J’espère vraiment qu’on passe beaucoup de temps ensemble

-       

-        Pas que pour baiser

-        C’est gentil

-        Je te trouves bien

-        Allez ! Va-t-en, tu vas finir par dire des conneries !

-        Bisous ? 

On s’est quitté comme tous les nouveaux amants, pleins de regards, plein de baisers, mon sexe dressait à nouveau…  

21:29 Écrit par Henry Detournay dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : libertin, sexe, rencontre, couple, vetement |  Facebook |

11.08.2007

Carine D.

Je me trouvais dans un des magasins ‘free taxes’ de l’aéroport.   J’aime voyager, parce que tout est différent, à commencer par son propre regard sur les gens, le monde, les commerçants.  Une remise en question permanente, un cirque perpétuel.  J’aime voyager aussi pour les ambiances, les couleurs, les nuits sur les villes, les fêtes dans les restaurants.  Par contre, les aéroports, malgré les foules en transhumance,  avec leurs halls immenses, à l’architecture impressionnante mais vide, et les grandes surfaces où l’on vend toujours les mêmes produits dans le monde entier, me laissent d’habitude de glace.  Pas de commerçant(e) au sens noble du mot, que des articles exposés, avec un prix, comme si le vendeur estimait que nous étions là pour cela : acheter un produit à un prix, simplement, soit-disant bon marché car ‘free tax’.  Bien que, je le reconnaisse, pas de clientèle à fidéliser, pas de service demandé, que des clients de passage, uniquement même, fatigués, dans l’attente d’un avion.  Mais un sourire, cela n’a jamais tué personne...  Pour ma part, je dois être séduit, je paie le prix de cette séduction quoi qu’il en soit.  Et pas l’inverse. 

 

Et donc, en parlant de séduction, ce jour là, il y avait une superbe blonde qui faisait ses achats.  Enfin, selon ma vision du moment, qui promenait son allure dans les rayons.  Elle était agenouillée à la recherche de je ne sais quoi, je l’ai regardée, je l’ai trouvée super-bandante, elle m’a regardé, simplement.  Bon, c’est le lot du pêcheur de lancer son hameçon, y attacher un peu de son âme, sans retour…

 

Sauf qu’elle prenait l’avion avec moi, qu’elle venait en séminaire avec moi, que c’était la femme de mon patron. Je ne le su que plus tard bien évidemment.  Au monopoly, vous tirez la mauvaise carte : « allez en prison sans passer par la case départ ». Je n’avais plus qu’à revenir par le premier avion, souffrant d’une tourista horribilis inventées sur mesure, je ne pouvais pas être plus ridicule. 

 

En parlant de toilette, nous fîmes réellement connaissance dans le hall d’accueil, enfin un hall quelque part, après voir pris nos billets, après avoir passé de multiples contrôles.

-        Vous savez où sont les toilettes, me demanda-t-elle.

 

Nous venions de mettre un nom sur nos visages respectifs, un groupe de collègues s’était formé par hasard à la sortie du magasin, parmi lesquels notamment ‘Moi monsieur le directeur et ma femme’, Carine, ‘toi bon employé de …’, Henry.

-        Je pense que c’est là-bas, fis-je en désignant un renfoncement.  Je vous précède parce que …

Je devais évidemment bafouiller. Je n’avais aucune envie d’aller, mais je me sentais mal à l’aise auprès de ce ponte, et je trouvais que ma femme toute seule ferai du bon boulot.  J’avais lu quelque chose dans le regard de Carine, peut être était-ce simplement la fatigue, la sienne ou la mienne, et cela aurait pu être plein d’autres choses, je ne suis pas un spécialiste du décodage du regard de la femme, surtout quand dans mon regard, il n’y a que du sexe, fatigué, mais du sexe quand même.  Mais soit, j’étais en vacances, cool, enfin plus hyper cool que d’habitude, tout en restant malgré tout très très prudent.  Elle me plaisait quand même bien, j’avais envie de la sauter.  Le sexe n’aurait-il pas de cerveau ? Nous nous sommes donc dirigé vers les toilettes, et je cherchais désespérément après une c… à dire.  J’avais envie de lui parler, sentir si le vent des relations intimes m’était favorable, je voulais tester la température, je la voulais très chaude. C’est elle qui commença.

-        Vous me regardiez dans ce magasin

-        Oui, vous avez une sacré allure…

-        Vous avez envie de me sautez, simplement…

-       

Trois heures plus tard

-        Ce mot est c… il vous va très mal. J’aime votre allure, mais c’est vrai, je pense que vous devez être extraordinaire quand vous faites l’amour à un homme.

Est-ce que je m’en tirais bien ?

-        Essayez-moi et vous saurez !

-        D’accord, où vous voulez quand vous voulez. Mais ne me jetez pas après… J’aime les longues… et belles histoires …

-        De cul… J’aime quand c’est long…le cul … Vous n’avez pas confiance en vous ?

-        Est-ce que je vous mérite ? C’est vous qui me jugerez !

-        Vous me changerez de l’absence quotidienne.

-       

-        Mais je ne suis pas une pute ! Faisons l’amour, pour la durée, ce sera à vous de me le prouver !

-        J’ai dis que vous aviez de la classe. J’essayerai d’être à la hauteur.

On est arrivé aux toilettes.  Il y a avait un long corridor avant d’arriver à l’habituel embranchement entre les hommes et les femmes.  Elle s’est dirigée vers les toilettes des femmes évidemment, je l’ai suivie.  Je n’étais pas réellement prêt, l’aventure allait à une trop grande vitesse, dans un contexte qui me laissait quelque peu des réserves.  J’avais l’impression de me faire violer sur place, par la mente religieuse.  Ce n’est pas parce que je regarde une jolie nana et que je rêve de l’enculer, qu’elle doit prendre l’initiative.  Mon orgueil de male en prenait un coup.  Mon éducation judéo-chrétienne ne m’as pas appris que les femmes avaient envie de sexe, et prenaient en plus l’initiative.  Mon orgueil, je suppose,  mais dans ces cas là je ferai mieux de le mettre au vestiaire, avec mes vêtements !

 

Elle est entrée la première, je suis resté à l’extérieur, n’importe qui nous aurait vu, et comme nous étions en séminaire, n’importe qui put être surtout une catastrophe.  Elle ne compris pas tout de suite, mais je lui fis signe de la tête de faire le tour. Après un instant elle me demanda de la rejoindre dans une toilette.

-        Un collègue nous verrait …

-        Oui tu as raison … mais j’ai trop envie de baiser.

-        Trop ? 

Elle enlevait déjà sa petite culotte. Je la lui pris d’une main, l’autre main se plaqua sur son sexe, elle avait les jambes largement écartées pour se débarrasser de son sous vêtement.

-        Que fait-tu !

-        Je te baise…

Je collais ma bouche sur la sienne.

-        Chuuut

Ma main la fouillait, en même temps que ma langue.  Je glissais sa petite culotte dans une poche, et je m’attaquais à sa poitrine.  Elle dégrafa mon pantalon qui tomba bêtement sur mes chaussures. Enfin, je ne suis pas sûr qu’il y ait une bête situation dans ces moments là.  Je vérifiais que la porte était bien verrouillée.  Ma main reparti à la recherche de son clitoris.  Je le trouvais sans problème, elle écartait les  jambes pour me faciliter la fouille de son bas-ventre.  Elle remonta une jambe, avec laquelle elle entoura mon bassin.  Je descendis mon slip, et collait mon sexe à la porte du paradis.  Je le faisais parcourir ses lèvres, le faisant vibrer sur son clitoris, puis je revins à l’entrée de son sexe.  Je l’ai prise contre le mur. Elle relava l’autre jambe, et croisa les deux autour de ma taille. Elle avait dû voir trop de films osés. Je n’avais pas l’habitude de cette acrobatie, son ventre descendit s’empaler sur mon sexe, ces yeux s’ouvrirent comme des soucoupes. J’allais et venait en elle, mais plus parce que je cherchais une certaine stabilité.  Je me voyais mal m’écraser avec elle sur le WC.  Il me semblait que la paroi tremblait.  Cela me faisait du bien de penser à autre chose, sinon j’aurai été un éjaculateur précoce.  Est-ce qu’on peut violer un mec ?  La question fait rire.  Elle me regarda.

-        Tu aimes ?

-        Non, c’est inconfortable, c’est dangereux, mais j’ai une superbe fille que je convoitais, qui a envie de ma queue.  Je m’en voudrais d’être difficile…

-        De ta queue … ? Tu veux qu’on arrête ?

Je ne savais pas si c’était un remarque désobligeante, de la part d’une femme qui a l’habitude d’avoir tout ce qu’elle voulait sauf un amant trivial, elle était alors mal tombée, ou au contraire si il y a avait de la crainte dans sa voix.  Je choisis, enfin je préférais la deuxième solution.

-        Non, ton sexe est étroit, je te sens à mourir, tu es hyper belle, tu m’as choisie… Tu me plais, et comme je te le disais il y a un instant… ohhhhh… J’ai juste envie d’être à la hauteur…

-        Tais toi, oh oui c’est bon… 

Bon, j’imaginais très bien que je ne tiendrais pas longtemps.  Je sentais mes muscles se fatiguer, mais mon désir augmentait et j’oubliais tout doucement tant mes interrogations, que mes muscles, ainsi que mes peurs que la toilette ne s’écroule.  Je sentais ses fesses qui tapaient sur mes cuisses, je voyais ses jambes bien écartées, je pensais vraiment que je l’empalais.  Et ses petits cris me confirmaient la chaleur de nos corps.  J’en revenais quand même à la prudence, chaque bruit me rappelait à l’ordre quand bien même s’était ceux que nous faisions, en bravant les lois de la gravité contre la paroi de la cabine du WC.  Et j’allais puer la transpiration dans un endroit confiné. 

 

Je joui. J’étais vraiment bien, j’étais toujours en elle, elle se reposait sur mes cuisses.  Elle riait.  Je su qu’elle aussi avait jouit, son sexe s’était rétrécit un instant avant que je ne jouisse. Ca m’avait bien aidé, car mes jambes me faisaient mal.

-        Je n’avais jamais fait çà, me dit-elle

-        Non ?

-        Pour qui tu me prends ?

-        Excuse moi, mais une superbe nana qui drague un mec dans le magasin de l’aéroport, une nana qui de plus a l’habitude de voyager …

-        Mais t’es un mufle  de première, toi !

-        Ben j’ai pas l’habitude que des femmes de ta classe aient envie de moi.

-        Hmm essayes seulement de te rattraper… t’es chou, écoutes…

-        Stop.  Merci d’avoir eu envie de moi, on se retrouve tout ce week-end, continues à être discrète, mais gentille, tu veux…

-        Je veux…

-        Maintenant si tu descendait, ça me ferais du bien …

Elle reposa ses pieds sur terre en me souriant.  Mon sexe ne débandait pas mais elle le retira d’office.

-        Tu veux que …

-        Juste un baiser, enfin… au moins un baiser.

Elle rit.  J’aime bien quand les femmes rient, je sais au moins comment est la situation, ce qui n’est pas toujours évident à décoder.  Elle se pencha sur mon sexe, pour d’abord lui donner des petits coups de langue, jusqu’à finalement le mettre en bouche.  Je caressais ses côtes, ses seins, ses fesses, sans pouvoir vraiment la branler.  L’espace était petit, nous étions debout, nos vêtements à nos pieds, on s’amusait bien quand même.

-        Je ne jouirai plus avant que l’avion ne décolle.

Elle rit à nouveau et vint m’embrasser goulûment. J’adorais ce geste à ce moment.  Je continuais à la caresser, mais nos corps pensaient malgré tout à se rhabiller.  Ma main enfourna définitivement sa petite culotte dans ma poche. Son subconscient l’en averti.

-        Ce n’est pas un trophée, ni du fétichisme, juste un souvenir d’une femme magnifique qui m’a offert son corps… et sa petite culotte…

-       

Je ris.

-        T’es fou

-        Ton corps l’a deviné tout de suite, ta bouche m’a invité aux toilettes…

-        T’es sot

-        Ouais je cumule… et je baise ?

-         

-        Ouais bon merci.  Y a t’il un pilote qui baise dans la salle ?

-        T’es sot…

-        Tu viens de le dire…

-        Je t’aime…

-        Hmmmmmm

 

On s’est embrassé plus tendrement, l’avion aurait pu décoller sans nous, on l’avait oublié. J’imaginait s’ils avaient annoncé nos deux noms aux haut-parleurs quel effet cela aurait donné auprès de nos conjoints respectifs.  Bonjour l’ambiance aux retrouvailles. On s’est finalement rhabillés, entre deux bouche à bouche. 

 

Je n’étais pas un habitué des toilettes, surtout pour dame, et sachant l’endroit sans doute très fréquenté par des connaissances, je proposais à Carine de sortir la première, et de faire le guet. Elle me fit signe qu’il n’y avait personne. A peine suis-je sorti que je me dirigeait vers l’endroit pour hommes, vide lui aussi, et j’y passais quelques minutes.

 

-        Tu as été bien long mon choux, remarqua à voix haute mon épouse.

-        Il y a rien qui fermait, enfin j’ai pas sût, j’ai donc visité. 

Je n’avais pas réfléchi à une excuse, elle venait tout naturellement.  Mon patron avait déjà une petite cour au tour de lui, je saluais donc tout ceux que je n’avais pas vu tout à l’heure.  Sa femme était un rien à l’écart discutant avec une autre femme, l’épouse d’un collègue me semblait-il.  Je saluais cette dame, jetais un coup d’œil aussi rapide que discret sur la tenue de Carine, et lui fit un sourire poli.  Rien ne s’était passé.  Je serrais sa petite culotte dans ma poche…

Nous avons pris la direction de l’aire d’mbarquement normalement, je ne m’occupais plus d’elle, je ne la regardais plus.  Mon esprit pourtant ne quittait pas des yeux une belle blonde dans notre groupe, il see demandait ce qu’elle pensait, ce que j’étais pour elle.

 

Elle revint en arrière pour bavarder avec mon épouse, se plaçant entre elle et moi.  Je la frôlais du bras, sa main toucha la mienne, volontairement, enfin je l’espérais.

Il y a avait trop de monde, trop de gens qui savent tout, qui veulent parler, pour briller auprès des membres de la direction.  Je trouvais cette ambiance insupportable, surtout que j’avais encore envie de baiser la femme du patron.  Je ne voyais plus comment faire, je trouvais cela complètement fou et irresponsable.  Je n’avais plus le choix, je m’installais finalement dans l’avion, dans mon fauteuil bien sagement au côté de mon épouse, et j’envisageais de m’endormir. 

-        Tu fais la gueule, me demanda-t-elle ?

-        Non.  Je suis fatigué, je ne connais aucun de mes collègues, et j’ai vraiment pas envie de parler du boulot…

-        Tu fais la gueule !

Finalement les gens se sont assis, et on fait comme moi,  ils ont tout au moins somnolé.  La journée a été longue, j’espérais une soirée calme.  Je faisais une croix sur mes délires sexuels.  Je roupillais comme un bébé. Le vol c’est passé sans problème. 

 

Le débarquement fut classique, une masse de gens pressés de sortir, de retrouver leur valise.  Là aussi, je trouve qu’on reconnaît les individus, ceux prêts à écraser tout le monde, sous prétexte qu’ils sont pressés, qu’il y a un numéro de siège, une place dans la file qu’ils s’empressent d’ailleurs de dépasser, que c’est leur valise et donc qu’ils peuvent écraser des pieds, des corps pour la récupérer.  Bien que nous sommes en vacances.  On devrait mettre des DRH dans ces endroits pour recruter les futurs cadres d’une entreprise qui veut prendre des parts de marchés…

 

Pour ma part, je découvre un endroit, un hall de gare c’est vrai, mais un endroit inconnu, je croise des gens, je laisse passer des jolies filles en échange d’un sourire, bref je suis cool, au repos, détendu, et observateur.  Je me fous d’être le premier ou le dernier, de toute façon la loi de Murphy vous enseigne que si vous êtes le premier votre valise arrivera en dernière, et d’autres inconvénients du même genre.  Et la politesse reste l’apanage des Rois.   Je pris donc le temps d’aller chercher nos valises, mon épouse de toute façon faisait déjà un premier compte rendu du voyage à un collègue quelconque.  Je ne pouvais pas me stresser, il y aurait trop d’occasions.    Tout se passa finalement calmement, tout était bien organisé.  J’oubliais Carine, il y avait trop de choses auxquelles il fallait porter attention, et de toute façon, alors quand même temps il n’y avait rien à faire.  Je m’arrêtais pourtant un instant devant les toilettes.

-        Encore !

Mon épouse et moi nous nous retournions. Carine et son mari étaient coincés par le fait que je m’étais arrêté.  J’avais envie de dire un truc du style ‘Toujours’, ou ‘Quand on a envie il ne faut pas se retenir’… mais ma femme enchaîna sur le repas et le vol, et je poussai tant bien que mal mon chariot plein de valises en direction de la file devant moi afin d’éviter le sujet.  Je me retournai quand même comme si je m’intéressait à la conversation, juste pour la regarder.  Elle me dévisagea avec un sourire amusé, un bref instant, le temps qu’il fallait pour que mes jambes se souviennent de l’avant décollage.  Je regardais à nouveau la file, j’écoutais en même temps la conversation, bref l’adrénaline remontait en moi tout doucement.

 

Nous sommes passés devant la douane, puis à l’extérieur, et d’autres problèmes se firent jour.  Qui nous attendait ? Ou se trouvait-il ? Les questions habituelles sans doute, mais qui accompagnent le voyageur, et qui font oublier tout le reste.  Le groupe étant restreint, nous nous sommes tous retrouvé au sein du même minibus en direction de notre hôtel.  Mes sens restaient en éveil, prêt à la satisfaire n’importe où, mon cerveau cognait à la porte : « Il est temps de se réveiller… ».

 

Nous nous sommes installé à l’hôtel, et le groupe s’est donné rendez-vous pour le dîner du soir.  Je me demandais à chaque instant comment finirait ce voyage, je m’étais promis de n’être qu’un touriste, mes bonnes résolutions disparaissent chaque fois que je la voyais, ainsi que chaque fois que quelque chose frôlais mon sexe…  Et chaque fois que je croisais un collègue, je retrouvais mes esprits.  Bref je devenais fou.  Comment faire pour visiter une ville, à côté d’une jolie jeune femme que vous avez sauté et avec laquelle vous rêver de le refaire encore et encore, accompagné par votre femme un brin jalouse, et par des collègues toujours prêt à vous nuire, paraît il, sans oublier que cette jeune femme est la femme de votre patron ?

 

Nous nous sommes tous retrouvé au restaurant.  Un groupe d’une dizaine de personnes.  Carine était avec nous.  L’ambiance était un peu lourde.  Un groupe de gens de la même société qui vont dîner avec leur patron dans un bled étranger.  On ne connaissait même pas la langue.   L’ambiance se détendait petit à petit, au fur et à mesure que l’on découvrait la carte.  Chacun s’essayait dans une traduction libre, qui imitant l’accent de notre hôte, qui inventait une traduction emprunte de mots étrangers.  Nous n’osions pas trop rire, on se sentait malgré tout ridicule, et puis la voix de dieu nous intimidait.  J’étais assis à ses côtés, je ne savais à ce moment là s’il y a avait un hasard, mais j’étais tout à l’écoute des autres, cachant simplement ma totale incompétence, dans ces circonstances, mieux vaut disparaître.  Ses jambes finirent par tomber sur les miennes.   Elle était accoudée à la table, j’en fis autant, je pensais en effet que comme cela rien ne se verrait.  J’avais quand même un très léger doute sur la provenance des pieds, je pouvais rêver un instant que ce fut ma femme, mais elle était en public et faisait un show, je pouvais donc draguer tout à mon aise.  Elle repliait sa jambe vers elle, son pied se faisant remontait le long de ma jambe.  Après tout je n’avais vraiment pas l’envie de connaître les langues étrangères.  Mes collègues étaient fort occupés à être les plus malins, the show must go on, je me laissais caresser, écoutant d’une oreille distraite la création d’une nouvelle carte internationale.  A un moment je retirai un coude de la table, pour lui masser une fesse, mais quelques instants seulement, sachant que tout geste serait vu, interprété, répété, amplifié et que sais-je encore.  Mais ce moment volé me décontracta et la pression de son pied sur ma jambe, son pied remontant encore pour lui donner une posture inconfortable, me fit sentir que j’avais eu clairement raison.  Elle voulait que je prenne des initiatives.

 

Tout au long de la soirée, quand je la voyais qui collait son corps à la table, je lui caressais la cuisse, me collant moi aussi à la table pour éviter le regard malencontreux des voisins.  Je me penchais vers mon épouse pour quelle répète une phrase, ou pour moi dire quelque chose.  Je m’obligeais ainsi à participer de près à la conversation, tout en caressant la cuisse de Carine.  L’alcool aidant j’avais envie d’autre chose, mais j’humais plus l’odeur du danger que celle de la viande à la sauce machin chose. 

 

Nous sommes finalement rentré à l’hôtel sans rien d’autre que ce jeux de touché-coulé.  Sensuel il est vrai, plein d’adrénaline, mais avec un goût de trop peu.  Le retour se fit à pied, elle était à mes côtés, ma femme à ma gauche lui faisant la conversation, son mari devant avec le reste du groupe.  J’aimais frôler ses fesses au travers de sa jupe, c’étais vraiment puéril, mais nous n’avions rien d’autres.  Même sa main me frôlait, sans espoir.  Je voyais ma chambre se rapprocher à toute allure, sans moyen de la sauter, je sentais que chaque mètre la peinait.  Je suggérais de boire un dernier verre au bar de l’hôtel, un flash dans mon esprit d’obsédé me disait que c’était ma dernière chance. 

 

Fort heureusement mon idée eu de l’échos, et nous nous sommes tous installés dans les fauteuils du bar de l’hôtel.  On se précipitait sur les quelques cartes, regardant d’autre part vers le bar pour savoir s’il y avait un espoir d’être servi.  Les femmes orientaient leur choix vers les jus de fruit, les hommes faisaient des commentaires sur les whiskys qu’ils connaissaient, espérant épater la galerie, en attendant la divine bénédiction du grand patron.

 

-        Pour moi, un whisky, simple… je vais aux toilettes

-        Elle sont où ? me demanda Carine.

-        Là bas je pense. Fis-je en désignant le lieu.

Elle se leva en même temps que moi.

-        Prends moi un jus d’orange. Demanda-t-elle à son mari.

Elle me suivi aux toilettes.  Je la laissais passer devant bien entendu, et ce faisant, je regardais de l’œil le plus distrait possible si personne n’avait eu la stupide idée de nous suivre.

-        Chez les hommes ou chez les femmes ?

-        Comme tu veux ! Me répondit-elle un rien interloquée.

-        Changeons, alors, viens chez moi. Dis-je en lui souriant. J’avais envie de rajouter ‘J’habites et une copine…’ mais je m’abstint.

Elle n’avait nulle besoin d’être décontractée, mais cette simple petite phrase lui fit du bien quand même.  Elle s’est avancée dans les toilettes pour homme et rentra dans une cabine.  Malgré la fatigue, le repas, les boissons, j’ai déjà du dire que je n’étais pas un héros, malgré tout cela mon sexe pris du volume sans tarder.  Je la suivi.  Sans lire le menu, je savais quel serait le plat, je connaissais aussi la langue.  Cette pensée me fit sourire, j’étais complètement déstressé.  Je l’embrassais furieusement tout en fermant le verrou de la porte.  Je la collait à nouveau contre la cloison, après tout la dernière fois n’étais pas si lointaine.  Je fouillait entre ses jambes, elle me caressait la nuque, les épaules, le corps.  Elle ouvrait ma chemise pendant que j’abaissait son slip.

-        J’ai envie de l’arracher…

-        Dépêche-toi seulement !

Je l’empoignais et tirai  d’un coup sec.

-        Ailles !

Je prenais en main son clitoris pour me faire pardonner, le reste de sa culotte trônant sur ses pieds.  Elle ouvrit mon pantalon et je pus enfin la prendre.  Je m’imaginais la scéance précédente et je ne pus pas. Je la retournais.  Ellecolla son visage contre la paroi.  Je pris ses reins, je la reculais.  Son cul était à moi, mais dans mon état de fatigue, je ne m’occupais que de son sexe.  Je rentrais et ressortais tranquillement, je bandais sans trop savoir comment, pourquoi ça c’était sûr, et j’essayais tant bien que mal de m’occuper de ses seins, de sa chatte, de ses fesses…  Finalement je glissais quand même un doigt dans son cul.  Je la senti jouir, j’étais bien.  J’oubliais l’heure, l’endroit, je continuais à aller et venir comme dans un rêve.

Elle finit par rire.  Elle se retourna. Je lus dans son regard de l’amour, ou tout au moins qu’elle me pardonnait ce triste exploit de m’être bien occupé d’elle dans mon état de fatigue avancé, pour ne pas parler d’alcool. Elle se rhabillât, jeta sa culotte dans le WC, dont elle tirât la chasse.

-        Tu reste comme ça ?

Je souris et me rhabillait aussi.  Avant qu’elle n’ouvre la porte je lui fit écouter les bruits aux alentours.  Sans danger elle sortit et retournât au toilettes des dames.  Je m’empressait pour ma part, après m’être lavé les mains, de rejoindre le groupe.  Je pouvais m’affaler dans le fauteuil, mon verre de whisky prêt, sans avoir rien à dire, sans avoir l’envie de dire quoi que ce soit.   Je me foutais de tout.  Je pressentais que le reste du séminaire allait suivre ce schéma.  Des frôlements furtifs dans le taxis, le métro ou lors de nos déplacements pédestres, pour trouver une toilette assez vaste pour accueillir un couple qui a envie de sexe.  J’en souriais à l’idée.

-        Tu as trop bu !

-        Mais non … on est bien …

-        Oui, mais tu n’aurais pas du prendre ce whisky.

-        Il faut toujours faire comme les autres…

-        Tu ne dis rien !

-        Je suis fatigué, je ne sais pas pourquoi ?

-        Ben tiens, c’est l’alcool !

-        On est levé depuis quand ?

Un collaborateur zélé eu l’obligeance d’intervenir dans notre conversation.  Je participais trente secondes, pour bien démontrer que je parlais de temps en temps, tout en regardant Carine qui revenait s’installer près de nous.  Je la trouvais vraiment bien, je pouvais m’endormir heureux.

 

25.03.2007

Rencontre avec Anne L.

Anne était entièrement nue. Elle m’apparaissait sans nuance, brute de brut vous dirait la méthode champenoise, prête à tout sûrement, pour le meilleur et pour le pire, ou juste pour obtenir ce qu’elle voulait, une part de bonheur. Elle n’avait pas peur de son corps, encore moins de moi. Elle me plaisait, elle le sentait, elle assurait. C’était son caractère. Typée donc, grande et forte, élégante même dans sa nudité, je ne voyait pas sa taille, par contre je voyais très bien ses seins volumineux, mais je voyais sans doute surtout cette femme nue, mariée, maman d’un enfant, qui avait envie de moi, alors qu’elle me connaissait à peine.

Nous nous étions bien évidemment déshabillé l’un l’autre. Ce n’était pas la première fois.

Elle était allongée sur le lit de la chambre d’hôtel. On aimait bien celui-ci, il était discret, et très proche de chez nous. Quoi de plus facile pour deux amants. Elle se retourna pour se poser sur le ventre. Elle m’offrit en spectacle son dos, ses fesses. C’était une chambre d’hôtel banale, un petit hôtel français le long de l’autoroute. Deux lits simples, même pas contigu, comme dans la plus part des hôtels. A moins de commander le ‘King bed’. Cette relation était à chaque fois encore et toujours une première fois pour moi. J’étais toujours aussi ému, émerveillé, et nous nous découvrions chaque fois un peu plus.

- Tu peux faire ce que tu veux de mon corps.

Me dit-elle. Je la regardais, enfin je regardais ce corps allongé. Bien sûr j’avais envie de faire mille choses, à commencer par juste la pénétrer… Qu’allais-je bien pouvoir faire de ce corps dans cette position ? Avais-je le temps de réfléchir ? Devais-je lui poser la question : « Mais que veux-tu que je fasses de tes grosses fesses » ? Non, elles étaient superbes, tout était superbe. J’étais perdu. Je lisais dans ma jeunesse des revues érotiques, j’en volais régulièrement, mon argent de poche, et mon âge ne m’autorisait pas d’autres manières. J’étais sensé tout savoir sur les pratiques sexuelles. Les femmes étaient sensées s’offrir, dans toutes les poses, pour tous les actes, les plus inimaginables. Et puis, quand même, j’étais marié. Je savais tout. Face à ce corps offert, à cette femme offerte, j’étais un enfant qui vient de naître… totalement émerveillé, prêt à tout, mais à quoi ? Je ne l’ai pas enculée, je l’ai caressée, et puis je lui ai dis :

- Je ne sais pas toucher tes seins comme cela…

C’est vrai qu’il était beau mon puceau ! Elle s’est retournée, sans rien dire, souriante, je pris sa poitrine à pleine main. Je lui fis l’amour, elle y répondit, oubliant l’espace d’un spasme, que je ne l’avait pas comprise…

Je me baladais souvent à pieds dans cette rue, par plaisir, c’était une rue animée, mais j’y allais aussi par besoin. Anne était fleuriste dans une rue commerçante proche de mon lieu de travail. Lorsque je la croisais en rue, au retour d’une visite, je la voyais toujours accueillante à l’entrée de son magasin, un sourire, un mot gentil pour tous, « comment allez-vous, M’sieur, 'Dame… ». Je passais parfois le matin un peu plutôt et je lui souriais. Je m’enhardissais jour après jour, semaine après semaine, en lui proposant finalement d’aller boire l’apéro lorsque je rentrais à mon bureau vers midi, ce qu’elle refusait bien entendu, en riant. Parfois elle me disait quand même qu’elle aimerait bien, mais son boulot …

Il y eu une période ‘sans’. Elle était mariée et j’appris plus tard qu’elle accoucha. Et les habitudes reprirent. Un simple ‘bonjour’, un sourire, un mot gentil. Et « c’est l’heure de l’apéro », invariablement. Sans but, sans avenir… Juste la voir sourire, juste la voir me regarder. Un jour cependant, je passais, rapidement, un problème quelconque avec un client m’obligeait à retourner plus vite au bureau que mon air débonnaire ne l’imposait, quand la croisant à son étal, je lui fis bien entendu un large sourire, elle me remit une enveloppe blanche.

- C’est pour vous. Me fit Anne en me la présentant…

De l’air de dire que ce n’était que pour moi et certainement pas pour ma boite. Je la pris, en faisant merci de la tête, sans trop savoir à quoi m’attendre, et avec l’attitude de celui qui fait consciencieusement son boulot. Vis-à-vis de ses clients, j’étais un représentant qui prend un courrier. Je la mis dans ma poche tout naturellement et je rentrais au bureau le cerveau en ébullition. Une fois arrivé sur mon siège, je ne sais plus par quel miracle, il y a tant de portes, d’escaliers… je déposais mes dossiers, valise, agenda électronique et autre GSM n’importe comment sur ma table, je m’installais dans un coin où j’étais à l’abri des regards indiscrets, et j’ouvris l’enveloppe.

- J’ai oublié un rendez-vous. Fis-je à mon entourage.

Je tremblais sans doute. Ils me regardaient drôle. Ou était-ce moi qui me faisait des idées ? Je remis mon veston, repris tous mes ustensiles que j’enfournais tant bien que mal dans mes poches, dissimulais adroitement ce courrier dans mon porte-document et sortis. Cette lettre me disais : « Si tu le veux toujours, je serai à toi quand tu veux. Donne-moi une date, je m’arrangerai et on ira quelque part. ». Je sorti pour la rejoindre. Si le retour à mon bureau se fit dans un nuage, plutôt noir genre stress, ou genre ‘laisser moi passer je suis pressé’, l’aller vers son magasin se fit dans les mêmes conditions, le stress était quand même différent. Qu’allais-je bien pouvoir lui dire ? Elle n’était pas occupée, je pouvais entamer la conversation.

- Merci

J’avais pu articuler un mot. Je le trouvais bon.

- Tu as lu ?

- Ben oui… C’est super gentil de ta part…

- Ecoutes Henry…

Des clients entrèrent à cet instant.

- Il y a des clients. Voici ma carte, appelles-moi au téléphone.

J’étais sauvé. Je ne savais pas trop comment dire à une femme ‘je suis heureux que tu aies envie de baiser avec moi. Où et quand ?’. Bien éduqué ? Timide ? Impressionné ? Hyper heureux, souriant, mais traumatisé en même temps.

- A tout à l’heure. Bisous.

Quelques mots, beaucoup de stress. Je ne savais pas du tout où j’allais, j’y courrais malgré tout. Je ne savais pas à quoi m’attendre, je ne savais pas ce que je pouvais lui demander, mais elle était là pour moi. Je n’avais plus qu’à attendre son coup de téléphone. Les jours passèrent, et je continuais à passer devant sa boutique, je lui faisais des sourires, mais elle était toujours occupée avec ses clients. Pas évident de dire un mot doux, encore plus difficile de fixer une date pour baiser ensemble. Jusqu’au jour où. C’était une période amusante, faite de tendresse, de clin d’œil, de sourires volés… Finalement elle prenait son agenda, moi le mien, et nous cherchions des dates. J’étais en réunion, en clientèle, elle était en congé avec son gosse. Que c’est vachement difficile d’arranger l’agenda de deux personnes qui travaillent, qui ont une vie privée, et qui ont envient de baiser ensemble.

Nous étions dans la même voiture, la sienne, en partance pour une ville X dans laquelle il y avait un certain nombre de chambres d’hôtel louables à l’heure. Les villes modernes ont des atouts que les autres villes n’ont pas. Et puis la distance est sécurisante. C’est elle qui a trouvé le lieu, je ne lui ai jamais demandé comment. Je doute qu’elle l’ai trouvée sur internet, elle m’a sorti le journal, je pense qu’elle ne devait pas le lire. A l’inverse de moi elle avait pas mal d’amies, sans doute c’était-t-elle confiée et elles lui avait trouvé ce qu’il lui fallait. Je crois en une certaine complicité féminine, même si d’autre part les femmes peuvent être féroce entres elles. Je n’avais aucun lien particulier avec ses amies, que du respect pour avoir soutenu Anne finalement dans ce qui pouvait être tout autant une épreuve qu’une nouvelle vie. Pendant le trajet la conversation tourna essentiellement autour du bureau et bien entendu du magasin, cela ne m’enchantait pas, être avec son amante et parler bureau n’était pas dans mon trip. Mais nous décompressions, nous faisions connaissance. On se retrouvait des clients communs, des stress communs donc, puisque une mégère au magasin était aussi difficile à gérer dans mon bureau. On se défoulait, on se comprenait… Il était aussi plus facile de se plaindre de ses clients que de ses proches, cela faisait moins tâche, et puis je ne voulais pas avoir un prétexte pour notre relation, elle non plus sans doute. On se plaisait, et nos histoires nous rapprochaient un peu plus. La conversation était banale, parfois un peu excitée. Le stress montait au fur et à mesure que nous approchions. Les autres voitures, l’heure, les embouteillages. Mais nous riions aussi. Tout devenait prétexte à rire. Jusqu’au moment où nous arrivions dans les environs. Elle avait oublié l’adresse. Nous nous sommes garé en face d’une librairie et elle est allé chercher le journal. Elle savait très bien ce qu’elle voulait.

- C’est là, fit-elle en me désignant une rue un peu plus loin.

- Allons-y ! Tu peux rester garée ici.

Nous avons parcouru une centaine de mètres à pieds, regardant les environs, curieux. Un café, un resto, mais pas vraiment le coin romantique. On se demandait ce qu’on ferait après, sans trop savoir ce qui allait se passer tout de suite. Un mélange de stress, de joie, d’inquiétude, d’amour nous donnait des ailes. Nous avons sonné, une vieille dame nous a ouvert.

- Bonjour madame et monsieur.

- Bonjour. Nous répondîmes presqu’ensemble.

- Entrez, je vous en prie. Alors, il y a deux chambres, une plus grande avec salle de bain, et l’autre plus petite avec juste une douche. La quelle choisissez vous ?

Je m’en foutais a vrai dire, je n’avais pas la moindre idée de ce qu’Anne pouvait avoir envie dans ses moments là. Je la laissais choisir. Elle savait parfaitement ce qu’elle voulait. Elle décida donc. Je n’ai jamais compris comment cette grande et belle jeune femme, d’abord s’intéressa à moi, mais soit l’amour est aveugle, mais comment elle sacrifiait sa vie alors qu’elle avait le tempérament de diriger le monde. J’étais émerveillé. Je n’avais pas le tempérament à me laisser mener, mais la situation était cool, le bonheur juste à l’étage du dessus. Nous suivîmes la mamy au travers des escaliers, pour nous retrouver dans deux chambres contiguës, l’une avec un grand lit face à une armoire gigantesque décorée d’un miroir tout aussi imposant, l’autre entièrement vide avec une cabine de douche en son milieu. Cette brave dame est disparue comme par enchantement, nous nous sommes retrouvés dans un face à face des plus sexuel. Il n’y avait pas de sentiments, juste deux corps qui avaient envies de faire l’amour. Nous nous sommes déshabillé, à côté du lit, assez gauchement, les lacets, les boutons, les agrafes de soutien gorge restent quoi qu’en disent les films, un moment où l’on rit, parce qu’on est gauche, énervé, pressé. Pour se retrouver nu sur le lit. Découvrir un autre corps, son autre corps à elle, je n’ai pas pensé un seul instant que je n’y arriverai pas, j’y pensais pourtant à chaque geste. Je ne savais que faire, je la sentais vibrer de plaisir à chaque instant. C’était la première fois que je faisais l’amour. C’était la première fois qu’une femme s’offrait à moi comme cela. Par besoin de sexe, par besoin de mon sexe.Nous avons été très classique, exploration du clitoris, pénétration du vagin avec quelques doigts, elle était grande ouverte, prête à m’accueillir. Elle n’était pas en reste, elle aimait les baisers, sa grande bouche bien ouverte accueillait ma langue, tandis que ses mains parcourraient mon corps, à la recherche de mon sexe. Sa bouche aurait pu avaler plusieurs sexes, son vagin aussi. Tout était démesure, sans doute dans mon esprit, à l’image de son envie de moi. Nous riions, elle me taquinait, j’étais heureux de la voir réagir à mes caresses.

- Dit moi la position que tu préfères, me souffla-t-elle.

Je lui montrait. Je ne l’avait pas vue dans un magasine, ce n’était pas un fantasme, juste un rien d’expérience qui me remontait au cerveau. Je lui relevait ses jambes, je déposait ses pieds sur mes épaules, et je me rapprochait pour l’embrasser. Mon sexe la pénétrait lentement, à la mesure de mon visage qui se rapprochait d’elle. Son cul se relevait à ma rencontre, elle se pliait en deux, mon sexe avançait fermement au fond de son ventre. Mais nos corps n’avaient plus la souplesse de mes fantasmes. Je m’arrêtais à mi chemin, tout en continuant à la pénétrer. Elle en voulait, moi aussi.J’ai changé de position. Laissant les acrobaties pour les revues, je me suis penché sur son clitoris et je l’ai léché. Le sexe d’une femme reste un endroit extraordinaire pour une langue. Chaud, humide, et toujours réactif. Sans que je n’y prenne garde je me suis allongé prêt d’elle et tout naturellement elle pris mon sexe dans sa bouche. Pourquoi s’emm... avec des positions extravagantes alors qu’un 69 reste délicieux. Pendant que je la léchait j’introduisait un doigt dans son vagin, puis deux, puis quatre. Chaque fois que j’essayait un peu plus, son corps me répondait, j’étais comblé. Je l’ai senti jouir, je l’ai entendu jouir. Je me replaçait entre ses jambes, son vagin s’était resserré, je la pénétrait encore, je jouis à mon tour.On s’est simplement allongé l’un près de l’autre, on jouait à se donner la main, on s’embrassait. Elle s’est finalement levée pour aller sous la douche. Froide évidemment, on ne pouvait pas trop rêver dans cet maison sans âge. Sans doute nos prédécesseurs avaient-ils pris toute l’eau chaude. Je l’entendis ce plaindre, je me suis levé à mon tour, je me suis dépêché de la rejoindre.

- Pour te réchauffer. Lui dis-je.

Je la caressait à nouveau. On était bien sous la douche. Un peu à l’étroit, l’installation avait l’air un peu branlante. Chaque coup donné dans la paroi nous donnait l’impression que la maison allait s’écrouler. Je ne l’aurait pas collée contre la paroi pour lui faire l’amour, on se serait retrouvé à terre. N’empêche qu’elle me lavait le sexe, je lui caressait les seins.

- Je ne suis pas sûr que je vais encore savoir, lui dis-je

- Pas grave.

Je ne voulais pas qu’elle se fasse des illusions, elle en voulait, mais moi j’étais un homme comme les autres, gentil sans doute, bien que c’est devenu un mot péjoratif dans la bouche de certain(e)s. On s’est embrassé en se rinçant, puis on s’est tranquillement séché.

Nous avons repris la voiture pour retourner apaisé, heureux, chacun chez soi. J’avais ma main sur sa jambe, je la regardais, amoureux transis, sans dire un mot. Plus je la regardais, plus j’avais envie d’elle, je la trouvais tout simplement extraordinaire. Elle me regardait de temps en temps, elle me souriait. Je me suis enhardi, j’ai d’abord caressé sa jambe, pour arriver rapidement à son sexe, au travers de sa jupe. Elle n’a pas résisté, je lui massais doucement le clitoris. A un moment donné elle a fait une manœuvre, j’eu une seconde de panique, juste le temps de voir qu’elle rentrait dans un parking. Elle n’avait pas encore arrêté, que ma main était sous sa jupe, à la recherche de son slip. Elle se détendit un peu, écarta les jambes. Je frôlais à nouveau son clitoris, je la pénétrais d’un doigt. Elle était à nouveau prête, c’est le moins que je puisse dire.

- Tu vois que tu sais encore, me dit-elle, en frôlant mon sexe au travers mon pantalon.

Il était dure, il ne demandait qu’à sortir de mon slip. Elle le compris très bien. Elle le dégagea. Nos bras se croisaient, nos bouches s’embrassèrent violemment. Je perdis un peu le contact avec son sexe, la voiture était pleine de buée. Elle m’a légèrement repoussé, pour se pencher sur mon sexe. Elle n’avait pas l’habitude, je le sentais, j’étais ému, j’avais envie moi de faire quelque chose d’extraordinaire pour elle, la première idée étai de simplement la caresser, mais la configuration de l’endroit ne s’y prêtais pas. Je lui pris un sein à pleine main.

- Tu aimes mes seins, hein. Dit-elle dans un souffle.

Pour reprendre aussitôt sa fellation. Oui, j’aimais ses seins lourds, parce que si elle s’habillait comme une none, une fois dans la chambre d’un bouge son corps n’avait plus de pudeur, ses seins devenaient ma chose, et elle en était heureuse. Dr Jeckill et Miss Hide.J’ai joui dans sa bouche, j’étais mort de fatigue, et tout à la fois insatiable. Je ne pouvais pas m’arrêter d’avoir envie de la toucher, même si mon sexe était redevenu aussi petit qu’à sa naissance. Elle riait.

- On y va ! A qu’elle heure on va arriver ?

- Oui, oui, on y va, fis-je en me rhabillant.Je ne voulais pas remplacer mon désir d’elle par un stress, ce dire qu’on va essuyer des reproches, ou tout au moins des questions par un conjoint énervé, alors que la journée avait été si belle. Mais l’instant d’après je remis quand même ma main sur sa cuisse, et elle écarta aussitôt les jambes, tout en conduisant. Nous nous sommes arrêtés fréquemment, elle était beaucoup plus en forme que moi, se laissant faire sans s’occuper de moi pour ne pas m’humilier. Si j’avais besoin de son corps, elle avait besoin qu’on s’occupe d’elle. Et elle savait que mon désir était plus amoureux que physique, je lui donnait mon envie de son corps, je savais qu’elle me donnait son corps, comme un cadeau à un gentil garçon, à l’amant qui s’occupait bien d’elle. Et elle prenait son plaisir, malgré toutes les contraintes que nous nous imposions. Le temps passait, sur les places des villages aux sorties d’autoroutes. Un spasme, et on reprenait la route. Son slip était parterre, je le ramassais.

- Donne le moi, fit-elle !

- Non, non, t’es folle, je le garde.

- Si ta femme le trouve on est mort tous les deux !Elle avait beaucoup plus de bon sens que moi, je m’en foutais cependant. Cela nous aura sauvé plus d’une fois, mais j’étais sentimental et le resterai, sa petite culotte serait mon seul souvenir. J’en eu d’autres.

- T’inquiète.

Et je la gardais.Malgré nos vies professionnelles et familiales respectives, nous nous sommes revu régulièrement. Cela devait être facile pour moi, un homme qui trompe sa femme, quoi de plus banal. En plus souvent sur la route pour des bonnes raisons. Ce n’était pas facile pour elle, sa profession était prenante et puis son enfant lui demandait une énergie, une responsabilité, un amour qui ne laissait pas de place au sexe. Elle cherchait à s’évader, grâce au sexe, grâce à quelque chose d’interdit, mais qu’elle pensait totalement dominer, auprès d’un homme qui la respecte en tant que femme, à qui elle pouvait montrer qui elle était véritablement.

Mais mère elle serait avant tout.

- J’ai envie d’un enfant de toi !

La confiance, le respect s’installait baise après baise. Mère elle serait toujours. Nos relations devenaient plus pornographiques avec le temps, tout doucement, rencontre après rencontre, et de plus en plus tendues aussi, nous allions le sexe et les problèmes sentimentaux, la vie de famille, et le sexe n’a jamais rien résolu, a lui tout seul en tout cas. Je devenais donc tout naturellement beaucoup son confident, elle parlait, je réagissait, juste me semble-t-il, mais comme je pouvais, sans solution toute prête, il n’y a que des dégâts dans ce genre de situation, quelle que soit la solution. Nous continuions de nous découvrir, un jour elle était réglée, un jour mes doigts avançaient petit à petit vers son cul, pour finalement l’enculer gentiment d’un doigt, quelques jours avant notre rupture.

- Dis-moi à quelle sauce tu veux me manger ?

- J’ai envie d’essayer des caresses avec toi !

- Des caresses ?

Je lu dans ses yeux comme un air de manque. Je rougissais pourtant à cette simple phrase. Oui, j’envisageais des choses sexuelles avec elle, nos corps se découvraient, et il y avait tant de situations pour exciter nos corps, mais je ne pouvais par trouver les mots en en parlant comme cela au coin d’une table. J’étais sans doute trop timide pour elle, trop policé, mais sa vie ne l’autorisait pas à être aussi libérée qu’elle l’aurait voulu. L’aurais-je libérée de son corps, que son environnement l’aurait rattrapé. Je pensais après tout qu’elle pensait que son corps allait la délivrer de tout. J’étais également impressionné par cette vitalité, qui malgré tout ce faisait humble, gentillesse, à chacun de ses mots pour moi. Elle m’impressionnait. J’avais besoin de cette vitalité sexuelle, je donnais ma gentillesse en échange, ce n’était pas grand chose.

 

Nous avons eu une vie de couple : Notre restaurant habituel, nous y allions de temps sur l’heure de midi, elle n’avait pas beaucoup de temps, son employeur ‘chronométrait’ les heures de pauses, moi je m’en foutais, et on était content d’être ensemble, de parler de quotidien.  On avait notre hôtel, un peu comme notre chambre, à nous.

 

Elle m’a donc bien entendu quitté pour un autre quelque temps plus tard, après avoir beaucoup galéré dans sa vie affective, sans divorcer, sans jamais imaginer de quitter son enfant. Elle était la tempête et le roseau. Pour en revenir finalement au point de départ, elle me rappela un jour…



signature(c) Henry Detournay - Avril 2007

21.03.2007

Les images du Caddy ...

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15:40 Écrit par Henry Detournay dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : amateur, photos, rencontre, sexy, magasin, couple |  Facebook |

07.02.2007

Martine

Son mari nous dépannait de temps en temps, il est rare de nos jours d’avoir quelqu’un de manuel, disponible, qui travaille bien, quant on en a besoin. Cela reste un métier d’avenir, bien mal compris, bien mal considéré. Nous fréquentions le couple avec un certain plaisir, ce n’était pas que par utilité. On se retrouvait dans des fêtes d’écoles par exemple. De par son métier il connaissait beaucoup de monde, toujours prêt à donner un coup de main, toujours prêt à boire un petit verre. Elle était plutôt du style intellectuelle, très ouverte sur le monde mais sans doute très littéraire. Un couple mal assortit peut être, mais qui s’aimait, qui

 

avait fait des enfants. Martine aidait monsieur dans son activité, faisait en même temps son propre travail, s’occupait de ses enfants, et sortait.Bref la femme idéale. Monsieur bossait comme un fou, buvait un petit coup avec ses copains pour se détendre, et sans doute d’autres choses encore.

Martine était mignonne. Petite, brune, mince, avec du tempérament. Gaie, avec toujours l’envie de dire quelque chose, mais sans vous saouler… J’étais bien en sa compagnie, il y avait une ambiance douce, intelligente. Son tempérament un peu exubérant, son physique de petite bonne femme bien faite, pas grosse, mais ce qu’il faut là où il faut, vous donne l’envie de la sauter. Et quand on sort, on boit un verre, les inhibitions disparaissent. Ce n’était pas mon cas. Malgré nos différentes rencontres au resto, au bar du coin, à la fête de … je restais cool, et clean surtout. J’étais bien, c’est ce que d’aucun appellerait « l’amitié entre un homme et une femme ». Je n’y crois pas, ce n’étais pas mon état d’esprit non plus, mais je n’imaginais pas qu’elle ait le moindre sentiment pour moi, et il n’y a pas de sexe sans sentiment. Nous donnions donc, mon épouse et moi même, l’image d’un couple un peu autre chose que juste des clients, c’était sympa.

Je la croisais souvent, l’envie me venait de provoquer ces rencontres, sans savoir ni où ni comment. Il n’y pas de dieu pour les amants, pensez à ‘Elle’ et jamais rien ne se passera.

Je la rencontrais un jour par hasard, c’est le seul dieu , ‘Hasard’ qui finalement m’aime un peu, pour citer Camus ‘… la seule divinité raisonnable…’ ce qui me correspond assez bien. C’était dans une librairie bien connue, du style grande surface. On y trouve tout ou presque, de la papeterie, en passant par les revues, les livres de poche… Par rapport à une librairie normale, il n’y a pas vraiment de cul, mais on y découvre des écrivains libertin, et le poids des mots vaut bien le choc des photos.

J’aime les livres. Que ce soit les romans, les ouvrages spécialisés, les albums photos, et même les bandes dessinées. J’y trouve toujours quelque chose pour étancher ma curiosité, ma soif de connaissance, mon envie de belles choses. C’est aussi un lieu moderne, ou tout est actualisé, et en même temps, un lieu d’histoire, où on y retrouve des vieux auteurs, de vielles photos. Mélange commercial tout public, mais si on est un peu curieux, on voyage dans le monde, le temps, l’univers… la librairie reste le lieu d’éducation, de self-éducation, le plus extraordinaire.

Et puis c’est un lieu de rencontre. J’y ai dragué pour la première fois, dans la même enseigne, je m’y suis fait draguer aussi. Discuter autour d’un livre, contempler les poster en même temps qu’une autre, l’art, la culture rapprochent les âmes et les corps. Je resterai toute ma vie un nostalgique de cette enseigne.

Martine était là et tout de suite elle m’a adressé la parole.

- Bonjour Henry !

Elle a un visage extraordinaire, son sourire l’illumine, ses yeux, son approche me laissèrent momifié sur place. Que dire, que faire, quant un joli petit bout de femme vous interpelle avec ce sourire-là ? Heureusement mon cerveau contrôle encore quelque chose, et si j’ai l’air gauche, du style statue grec, vêtement en plus, muscles en moins, et le reste coupé comme sur les photos, je lui répondis :

- Bonjour Martine, comment vas ?

Mon sourire apparut aussi, quelques heures après ces quelques mots.

En plus j’avais un livre en main, un livre de cul bien entendu. Je disais que l’éducation se faisait par les livres, je reste fidèle à certains auteurs, qui après tout ont évolué avec moi, ils sont apparus à mon adolescence, et ils restent toujours présent. Finalement probablement n’avais-je pas fait un si mauvais choix, s’ils durent encore après vingt ans c’est qu’ils ont un talent certain. Je n’avais pas envie de cacher ce livre aux yeux de Martine, bien que j’étais un rien mal à l’aise. A moins que …

- Tu as trouvé, me demanda-t-elle ?

- Djian, j’aime bien…

Je lui montrais le livre.

- Ah oui… C’est lui qui a écrit …

- 37°2 par exemple…

- Oui, je ne l’ai jamais lu…

- Je te le prêterai. Sans problème…

- C’est assez … hot ? non

- Disons, plutôt sensuel, psychologique… Mais bon ce n’est qu’un avis…

-

- Si tu n’aimes pas le hot, je ne voudrais pas…

- Si, si

- Si, si ??? J’en ai d’autres, alors !

Elle rit, découverte, tout au moins je m’en faisais l’espoir… le fou met en échec la dame. Je me devais de continuer sur la même lancée. J’avais ouvert le livre, et j’étais évidemment tombé sur des pages embarrassantes. C’était le but même si ce n’était qu’un hasard. Je n’étais pas trop sûr de moi mais je l’ouvris quand même. Elle m’interrompit, posant sa main sur la mienne.

- Tu ne vas pas me faire lecture ici quand même ?

- Il paraît que je lis bien …

-

- C’est vrai, mais c’est aussi pour rire. Mais j’aime bien ce livre, regarde, elle retire sa petite culotte pour l’exciter.

Je bandais à mort, j’étais rouge comme une pivoine, j’étais l’adolescent qui drague pour la première foi une nana. J’avais sans doute joué avec le feu. A l’instant présent je me disais que j’étais allé trop loin, que mon sexe avait grillé mon cerveau.

- C’est ton fantasme ?

- Non, je trouve que c’est un geste fort d’une femme vis-à-vis de l’homme qu’elle désire, je crois qu’on peut en parler pendant des heures mais pour moi …

Elle s’appuya sur mon bras, tourna la tête au tour d’elle. Tout le monde était plongé dans les livres. Elle passa une main sous sa jupe, relevant une jambe, je ne suis même pas sûr d’avoir vu le mouvement, et enleva sa culotte.

- Je ne vais pas l’afficher sous ton nez pendant des heures … me dit-elle en me la présentant.

- C’est toi que je vois en la regardant, c’est toi que je touche…

C’était un peu n’importe quoi, mais j’étais émus.

- Ouiais bon, aller ! Prends là !

C’était à son tour de rougir. J’étais content. D’avoir eu sa petite culotte, de m’être montrer un grand garçon… Je la pris et la glissa dans ma poche. Mais surtout je pris en fait sa main, et la dirigeais dans ma poche. C’est son contact qui me faisait hurler. Elle était trop forte pour moi, seule la sensualité du contact de sa peau pouvait me sauver. J’avais envie de l’embrasser, je me comportais vraiment comme un gamin, mais que faire d’autre ? Je continuais à tenir sa main, je me suis rapproché, et je l’ai embrassée. Un baiser doux, malgré mon désir, rapide, nous étions en public, mais j’insiste, plein de douceur, je la respectais, je l’aimais. Elle appuya fermement ses lèvres contre les miennes, mais ce baiser ne dura qu’un instant.

- Pour le reste du livre on devrait faire cela ailleurs, me dit-elle.

- Je serai plus imaginatif qu’un simple bouquin…

- Je le sais….

- Mais je me sens vraiment bien ici…

Elle rougit, décontenancée une fois de plus. Je devinais qu’elle avait envie. Mais je voyais bien qu’elle avait peur de l’endroit.

- Tu as vu quelqu’un que tu connaissais ici ? Continuais-je.

- Non, non… mais…

J’avançais ma jambe avant qu’elle n’eut finit sa phrase, entre ses jambes, ma cuisse soulevait presque son sexe. J’étais tellement proche d’elle que je sentais le bout de ses seins contre ma poitrine. Je faisais attention que ma jambe ne passe pas réellement au travers de sa jupe, je respectais les convenances. Enfin j’essayais. Elle avança son ventre à ma rencontre, elle posait en équilibre instable à cheval sur ma cuisse, les pieds touchant tant bien que mal le sol. Je ne pouvais pas la violer avec ma main, j’en aurai pleuré, mais je me devais d’être discret, la tête en feu, le sexe proéminent. Je tenais toujours mon livre en main, cela ne m’empéchait pas de m’approcher encore plus de son corps, ma main se présenta sur son sein. J’appuyais, confondant caresse et agression sexuelle. Son corps tint bon, son sein allait à la rencontre de mon corps. J’avais envie de toucher ses fesses, je voulais retirer ma jambe pour presser mon sexe contre le sien, j’avais envie de la bousculer, prêt à tomber par terre, pendant que des clients avides de livres auraient pu nous bousculer, Titanic au travers d’une mer d’icebergs, entravant leur périple. Nous génions sans doute les gens, il devait y avoir des yeux noirs qui se perdait sur notre couple. Tant de besoins inassouvis, trouver le livre réclamé, dans l’urgence généralement, alors que deux vieux s’accouplaient devant leurs yeux. Nous étions serrés l’un contre l’autre, nos corps communiaient en même temps que nos pensées, l’agression extérieur nous faisait oublier notre besoin sexuel pour nous ouvrir grand ouverte les portes de la fusion de nos esprits. Nous sommes malgré tout revenu dans le monde présent, je me suis reculé à contre cœur, j’ai arraché mon corps au sien, faisant malgré tout attention à ne regarder personne, comme si ce geste était naturel. Sauver les apparences, il ne fallait pas commencer cette relation avec des commentaires, des reproches, des ragots, notre cocon n’était pas encore tissé. Je ne pouvais pas la quitter des yeux, je ne pouvais pas arrêter de la toucher, son sein était dans mon esprit le dernier coït que je pouvais avoir, ne plus le toucher m’aurait castré. Elle le comprenait, elle se retourna fasse au rayon, conservant ma main, mon livre contre ses seins dans son mouvement. Je riais tristement, je reprenais une attitude plus normale.

- On sort ? Lui demandais-je ?

- Oui, mais n’oublie pas de passer à la caisse.

- Je ne suis pas sûr d’en avoir encore envie, lui dis-je en la regardant.

- Je te l’offre.

Je ne comprenais pas trop, sauf qu’elle avait envie de me faire plaisir, et je n’insistais pas, je ne voulais pas qu’elle croie que je me branle sur les livres, et que j’avais trouvé mieux en la rencontrant. Mais quelque part ce livre était notre point de rencontre, rien qu’à entendre parler du titre nous banderions si je peux utiliser cette expression. Nous n’arrivions pas à partir. L’instant passé était à la fois si présent et déjà passé, le lieu était si symbolique de ce que nous étions, de nos souhaits, de nos désirs, de notre culture… commune, sans le savoir il y a trente seconde, et omni-présent maintenant. Et puis nos corps à peine chaud se cherchaient désespérément. Je ne pu m’empêcher de me rapprocher à nouveau, de glisser ma tête près de la sienne, de sentir son odeur, tout en lui demandant…

- et toi, tu es venu chercher quel livre ?

Je n’avais pas envie de briser ce moment magique, j’avais envie de la toucher, même sans sexe, mais si nos esprits fusionnaient sur la littérature, nos corps devaient le faire aussi. Elle se prit au jeu, se serra contre moi, et son regard parti vers le rayon. Elle se pencha à la recherche d’un titre. J’admirai son décolleté, très sobre, mais la vue d’un bout de sein me faisait déjà plaisir. Je me servi de mon livre pour me pencher vers elle, lui caresser les seins furtivement, et lui dire :

- J’aime ton décolleté…

Elle rit, et faillit mettre sa main pour cacher ses seins.

- Tu veux rire !

- Désolée… dit-elle en riant.

Elle se pencha un peu plus.

- C’est bien comme ça ?

Je glissais une main sous le chemisier, par dessous mais devant, pour plus vite arriver à son dos et dégrafer son soutien-gorge en un instant.

- Oh !… Tu es vraiment en manque !

- Oui ! … Sans doute … Tu es quand même hyper mignonne !

- Merci, me répondit-elle en me souriant.

- Je ne t’en veux pas tu sais ! Continua-t-elle,

- Mais maintenant c’est moins pratique, gloussa-t-elle

Je glissais ma main dans sa manche tout en me pressant normalement contre elle et en regardant d’u œil détaché les alentours.

- C’est maintenant ou jamais.

Et je tirais sur la bretelle de soutien gorge pour le faire passer dans son bras.

- Plus qu’une. Continuais-je en riant.

- Tu les collectionne aussi, me demanda-t-elle sur un ton mi-sérieux mi-moqueur.

- Une seule jolie femme comme toi suffit à mon bonheur…

C’était peut être un rien trop flatteur, mais pendant ce temps là elle enlevait l’autre brettelle de son soutien gorge, qui tomba a ses pieds. Je le ramassait en vitesse, et je le mis dans la poche de ma veste. Elle commençait à avoir une ampleur extraordinaire. Mais Martine était serrée contre moi, dans un grand magasin, après avoir fait un streap tease improvisé. Que demander de plus. Elle voyait bien dans mon regard une admiration mêlée à de la tendresse, elle ne m’en voulait absolument pas.

- Tu te sens comment ? Lui-fis-je.

- Très bien, rassure-toi

- Je suis vraiment bien moi aussi, c’est vrai, merci. Et si toi, cela ne te déranges pas, je suis encore mieux.

- Non, non, ne t’inquiètes pas.

- Merci, merci pour tout. Tu te penches encore ?

- Ouiiiiii ! T’es vraiment en manques, toi !

Elle riait en se penchant, faisant semblant de rechercher un titre parmi les rayonnages. Sa main se dirigea vers un livre, elle semblait vraiment s’intéresser aux ouvrages présents. Je n’avais d’yeux que pour ses seins qui pendaient librement dans son corsage, tandis qu’un autre oeil voyait sa jupe se relever et enfin mon cerveau signalait à mon sexe qu’elle n’avait plus de petite culotte. Je glissais malgré moi une main vers son décolleté, l’autre vers ses fesses. Elle se releva, ma main, entra dans sa blouse à la recherche de son sein. Elle me regarda, ses yeux me dirent ‘Stop’. Son cul sentit ma main, il me dit ‘encore’.

- Il faut vraiment qu’on s’en aille. Lui dis-je.

Elle me regarda, senti mon corps prêt à la violer sur place, mes mains qui ne savaient plus que faire, mon sexe en érection. Elle devait être elle aussi dans un sacré état…

- Hmmmm…. Ouais, je pense qu’il vaut mieux s’en aller en effet. Si tu ne me violes pas sur place, j’aurais de la chance.

- De la chance ? Fis-je dépité

- Bohh… J’ai pas trop envie de me donner en spectacle… Et toi ?

- Avec toi, je ferai n’importe quoi n’importe où, mais bon… Je crois que tu as raison.

- Allez, viens…

Elle frôla mon sexe de sa main. Sentant la bosse, elle s’y attarda. Je me rapprochait et l’embrassait avant qu’elle ne dit ‘non’. Elle ne lâcha pas mon sexe, nos langues se rencontrèrent. Je la pressai, sentant au travers de sa poitrine son cœur qui battait. Elle ne lâchait toujours pas mon sexe, mais je ne faisais rien qui aurait pu trahir autre chose qu’un baiser langoureux. Je finirai par maudire cet endroit. Mon genou repris sa place entre ses jambes, je la soulevais.

- On y va !

Elle hurlait presque. Je ne pouvais pas bouger. Je n’avais plus aucune tenue. Il fallait que quelqu’un m’arrête…

Elle me montra le livre quel avait en main. Si elle pensait que cela allait me refroidir …

- Moi, je vais prendre celui-ci.

C’était ‘Histoire d’O’. Tout un programme. Je la regardais comme si je débarquais sur mars. Ma jambe releva un peu son entre-jambe.

- C’est un classique que je n’ai pas encore lu, et … ne te fais pas d’illusion …

- Tu es quelqu’un de suffisamment ouvert pour lire ce genre de livre, un brin sulfureux… Si je me fais sans doute pas des illusions, j’ai au moins eu droit à un sacré rayon de soleil…

- T’es sot ! Mais c’est gentil…

J’avais décidément envie de la violer sur place. Je ne pus m’empécher de glisser ma main sous sa jupe. Nous étions toujours coller l’un contre l’autre. Je sentis son sexez humide, j’y mis un doigt sans problème.

- Oh nonnnnnn !

- Je ne t’ai pas dit ? Il faut VRAIMENT qu’on y aille …

- Attends, je vais jouir…

Je faisais aller mon doigt. J’en mis un deuxième, je ne me contrôlais plus. Je me penchais sur elle, j’avais besoin de sentir son corps contre le mien, je ne pouvais en espérer plus. Je pense qu’on devais quand même faire un drôle de couple, je ne me rendais pas compte, mais sa jupe devais certainement découvrir ses jambes fameusement. Enfin oui, j’eu quelques secondes de lucidité, donner du plaisir à l’autre ne suffit pas toujours, mais le contexte , la vision lucide de ce que nous faisions, remontait mon taux d’adrénalines au top niveau. Mes doigts la pénétrait, ma main frottait son sexe, s’appuyait sur son clitoris de manière à toucher le maximum de la sexualité de ma partenaire. Ma position ne me permettait pas de jouer avec ses seins, l’endroit non plus.

Elle jouit, je la senti s’affaler sur ma main, je retirais mes doigts, je mis ma main pleinement entre ses jambes pour la soutenir un instant, elle resserra ses cuisses, se réaffirma sur ses jambes, je retirai ma main.

Elle me regarda les yeux brillants

- D’habitude je dois branler mon mari un quart d’heure avant qu’il ne me touche… Et encore, s’il n’a pas trop picolé !

- Ben, j’aurais droit à une branlette d’une heure au moins alors…

- Ah ah ah… tout ce que tu veux …

- T’es sure ? T’as lu ‘Histoire d’O’ ?

- T’inquiètes, je m’occuperai bien de toi !

- Je sais ! Et moi aussi …

On est sorti, en payant. On était main dans la main à la caisse, souriant, la caissière nous a regardé drôle en voyant les livres achetés. Quel couple d’enfer ! On s’en foutait. On est sorti, ne sachant même pas où on allait. A gauche à droite ? Ta voiture, la mienne ?

Elle a choisi la mienne.

- Tu sais Henry, je n’ai pas trop le temps, mais je tiens absolument à passer encore du temps avec toi.

- Merci. Mes sièges sont très confortables…

- Ici ? Ce n’est pas très raisonnable !

- Raisonnable ?

- Non, non, conduit moi à ma voiture, on va aller chez moi …

Nous n’y sommes pas allés, ce jour là. Le timing ne nous le permettait pas.

 

 

20.11.2006

Bernadette

C’était une ville étrangère.  J’aime voyager.  J’aime les villes.  Je ne suis pas du style ‘balade durant 42 Km et quelques’ (le marathon) en pleine nature, pour regarder des arbres, des arbustes, et autres colchiques dans les prés.  J’aime les villes pour leurs bars et leurs restaurants c’est vrai, aussi pour leurs architectures, leurs ruelles… mais surtout pour leur âme.  Pas celle que l’habitant prétend me faire connaître à force de me balader dans les coins plus ou moins touristique, je suis de toute façon allergique à tout enseignement forcé ou subi ; encore moins celle que me présente le guide ‘Papier’ pour ne pas citer de nom.  J’aime les villes pour l’image dont je m’imprègne, pour les souvenirs qui hantent mon esprit par après.  C’est mon âme que j’y retrouve, c’est aussi mon âme que j’y laisse.

 

J’étais là-bas lors d’un voyage semi professionnel : Payé par une boîte, mais pour le plaisir.  Pas un voyage d’agrément réel donc, mais cool et probablement décontracté.  Bien que, dans le monde professionnel, le moindre faux pas devient vite un sujet de conversation, si on n’en n’est pas l’auteur, de risées, de moqueries, de déc…. au mieux, si on en est la victime.  Je m’attendais donc juste à me balader, poliment dans cette ville, sans rien en attendre de plus.  Je ne me voyais pas non plus draguer des collègues, quelle que soit la réaction, amusée, interloquée, voire méprisante, la foudre serait revenue à tout moment.  Au triple gallot… J’étais donc plein de bonnes résolutions, je viens de le dire, aimable sans plus, les yeux aux fonds des poches, les mains par dessus, le verbe serviable, et mon sens de l’humour au vestiaire.  J’aurais pu y retrouver ou y mettre une âme, si l’ambiance, mon humeur étaient de la partie.  Ce n’était pas le contexte, cela ne me semblait pas non plus être la ville idéale pour cela.  En effet, un passé historique tumultueux, et donc, automatiquement pourrais-je presque dire, d’après les idées reçues : ‘A voir absolument’, et sans doute envahie par les touristes guides à la main, prêts à payer n’importe quoi pour manger, prêts à acheter n’importe quoi … des vitrines bardées de souvenirs, des trottoirs envahi par des gens attentifs à tout sauf aux autres humains, parce qu’ils ont payés pour voir, et donc pour bousculer.  Parce qu’ils ont des droits, eux, oubliant au passage, mais ils sont touristes, qu’ils ont aussi des devoirs.  J’étais un vrai touriste mais dans le sens ‘détaché de tout’, regardant tout, partout, et n’importe quoi, comme les autres, et en plus charmant, poli… faisant malgré moi osmose avec la ville, sa circulation automobile, ces commerçants plutôt que ces commerces, ne voulant pas être ébahi, mais juste curieux.

 

Je rencontrai les divers participants à l’embarquement à l’aéroport, et je ne tombai pas en arrêt sur une mon prochain grand amour.  Mais j’avais pris de bonnes résolutions, il faut m’excuser.  En plus cette première rencontre permet généralement de se faire une idée sur les gens : Le macho qui emmène madame avec lui par compassion par exemple.  C’est parfois une jolie barbie, qui coûte cher à Monsieur. C’est parfois elle qui porte les culottes.  Mais le stress du départ, des valises, de l’endroit où il faut être révèle les couples.  Cela m’amuse…  Touriste j’étais de la ville, curieux des gens je serai aussi.  Je m’en allait donc sans à priori, sauf celui de bien me tenir.  Ce que je fit jusqu’au bout.

 

Les hasards des visites et des restos fit que des petits groupes se formèrent naturellement, non pas par sympathie, je ne faisais aucun effort de rapprochement, mon statut d’invité ne me l’y autorisait pas, et j’ai toujours eu un mal fou à me rapprocher des mâles qui pavanent, sans jeu de mot.  Je ne pouvais pas non plus me rapprocher des femmes.  Je laissais donc mon épouse choisir les gens qu’elle estimait pouvoir côtoyer, et restait de mon côté bien sagement à l’écart.  Finalement nous étions trois couples la plus part du temps, et même les périodes où le groupe entier se réunissait, nous parvenions tant bien que mal à rester ensemble.

 

Lui était directeur, au sang méditerranéen, avec Madame, du style poupée Barbie, qui achetait parce que son mari était tout son temps avec ses clients ou ses collègues, et donc Madame utilisait sa carte Visa pour s’occuper.  Très mignonne, avec du goût, mais au dessus de mes moyens tant au niveau portefeuille, vive le prolétariat, qu’au niveau caractère.  Et je ne me serai pas frotté à son mari, il y a suffisamment de cimenteries et de cours d’eau dans ma région que pour donner des corps tel que le mien à manger aux poissons du monde entier. Je n’envisageai donc rien.  J’avais quand même promis de bien me tenir.

 

L’autre mari était également gérant d’une entité commerciale.  Plutôt self-made man, 1 mètre 90, baraqué comme un rugby man, le visage coupé au couteau, il devait avoir un certain charme, je l’admet.  Elle était aussi grande, bien faite, le genre de jeune femme qui à l’aisance financière, le style, la classe dirais-je même mais qui n’en abuse pas.  C’était un beau couple.  Plus calme que le précédant, je pouvais après tout me sentir en vacances avec eux.  Ils avaient l’air cool, ne vouloir rien imposer.

 

Les premiers conjoints joueraient leur rôle, leur tragédie, avec les autres comme spectateurs. Moi et mon épouse nous pouvions nous détendre un peu, voire nous amuser de cette tragi-comédie avec l’autre couple.  C’était un spectacle de plus dans la ville, tant que leur stress ne nous parvenait pas, ou que mon épouse parvenait à le gérer.  C’était pour moi l’occasion de faire un peu d’humour, ne sachant malgré tout pas quels liens unissaient ces gens.  Je marchais sur des œufs, mais le sourire de Bernadette, la grande jeune femme bien faite, avec son mari rugby man, à la première connerie que je disais me remonta le moral.  J’étais toujours là en touriste, je n’essayais rien, mon naturel de gentil garçon remontait malgré tout, tout doucement à la surface.  Nous pouvions donc nous promener.  Je servais de guide, je ne sais pas trop pourquoi.  Sans doute avais-je fait comme tout le monde, j’avais acheté le dernier guide illustré, avec carte, schéma, métro et autres, et donc en fonction de ce que je lisais, des magasins, et du fait que personne ne savait trop quoi faire, je faisais le guide.  C’était pour moi l’occasion de dire quelques mots, de dire l’une où l’autre connerie, je suis doué pour cela, et surtout de ne rien imposer.  J’étais un vent de fraîcheur dans ce monde de mâles castrés.  Castrés parce qu’ils détestaient tous les deux les magasins, l’un pour son portefeuille qui maigrissait à vue d’œil, l’autre parce que ce n’était pas son monde à lui et qu’il s’y sentait mal à l’aise.  Pas moi.  Je n’ai aucun problème avec les magasins.  C’est un reflet de la vie, de la ville, des gens qui s’y trouvent. Castrés également parce qu’ils étaient là par obligation, alors que leurs affaires les attendaient impatiemment. Moi je m’en foutais éperdument, j’étais là pour jouir d’un moment de détente.  Et j’en faisais profiter sans doute Bernadette. Mon capital empathie grossissait à vue d’œil auprès d’elle.  Par simple jeu d’ondes sympathiques.

 

A force de faire les rues historiques, à la recherche de magasins malgré tout, nous finîmes un jour par tomber dans la galerie à visiter absolument.  Il y avait tout sur un nombre impressionnant d’étages, juste ce qu’il faut pour s’y perdre,  pour y passer des jours, ou pour y être ruiné.  Je vous conseille de retenir ces deux phrases, elles font très bel effet quand le mari en a déjà marre avant d’entrer.  Je créais l’ambiance.  J’étais le touriste de bonne humeur, je suivais madame partout, çà en arrangeait deux parfaitement.  Je me devais d’être cool avec le joueur de rugby d’abord, je voulais éviter les coups au cas ou… L’autre étant un collègue, je ne faisais pas un commentaire non plus.  Nous déambulions dans les étages, chacune à la recherche de la bonne occasion, chacun suivant bon gré mal gré.  Je me laissais faire, admirant les différents modèles, m’extasiant principalement sur le prix, enfin j’argumentais plutôt sur le rapport qualité, esthétique et prix, mais toujours positif, je n’avais pas encore sorti ma carte Visa. Les femmes se motivaient entre elles, bien que Barbie fût à peine chiante. L’ambiance était en ma faveur, je ne m’en rendait pas compte jusqu’au moment où elle me dit :

-         Tu es parfait, mais n’en fait pas de trop … Avec un regard à mourir sur place.

Je ne pouvais plus rien dire, je ne pouvais plus rien faire.  J’avais atteint un état de béatitude que seuls les saints espéraient atteindre un jour.  Je m’étais promis d’être sage et le ciel venait à moi sous la forme d’un ange.  Je sortais ma carte Visa et l’offris à ma femme.  Enfin non, je me réveillai juste à temps… Elles se décidèrent pour explorer le rayon des sous-vêtements.  Il n’y avait plus que moi parmi les hommes.  Je ne savais plus qui suivre, à qui faire des compliments.  Heureusement, ma femme et Bernadette avaient plus ou moins des goûts semblables, et elles étaient ensemble à toucher et se montrer les même articles.  Je me sentais vraiment bien.   Le ciel avait décidé que j’avais été bien cette semaine, il proposa à Bernadette d’aller essayer ce sous-vêtements.   Je ne savais pas quoi faire.  Je me devais évidemment de suivre ma femme dans sa quête aux vêtements pas chers, parfaits, pas trop dégagés, ni trop chaud, ni trop froid, ni trop, mais quand même …  Je suivais du regard Bernadette, et je voyais bien qu’elle aussi me regardait.  Je me dis toujours que j’ai des origines extra-terrestres, un peu mutantes car j’arrive toujours à avoir un œil là où il faut, un second qui regarde mon épouse avec une extrême attention mais tout à fait ahuri en même temps, un troisième qui me permet d’éviter les pièges des rayons mal agencés, un quatrième au cas ou il y aurait quelqu’un d’autre à mater.  Tout cela avec un air affable, endormi si nécessaire, un sourire radieux qui se déclenche comme un flash sur l’autoroute, une oreille attentive, mais une seule il ne faut quand même pas trop déconner.  Evitez de faire un dessin cela ne doit pas être très joli.  Il paraît pourtant que j’ai un certain charme.  Allez comprendre.

 

Nous restions finalement près des cabines, et Bernadette essaya.  A un moment donné elle appela mon épouse pour lui demander son avis, jeta un coup d’œil vers moi, et laissa le rideau suffisamment ouvert pour que je puisse voir.  Simplement sublime.  Un bref moment de bonheur.  Il ne faut pas être nue pour être vraiment érotique.  Un regard, un instant… rien que cela suffit pour aller au paradis.  J’y étais.  Je ne m’approchais, ne fis aucun commentaire.  Je ne voulais pas rompre le charme par une parole ridicule, ne voulait pas non plus que mon épouse fasse des commentaires qui auraient tout bousillé.  Cette ville avait une âme. C’était le dernier jour.

 

Je ne devais plus la revoir.  Il n’y avait aucune raison.  Ce moment de pur bonheur, comme dit l’autre, serait à jamais gravé dans ma mémoire.  Cette ville serait toujours associée à ce magasin.  J’y ai acheté une chemise, je la porte toujours avec un frisson, avec nostalgie.

 

Jusqu’au jour ou…

 

Nous étions à une soirée, professionnelle encore.  Un spectacle dont je ne me souviens plus.  Une chanteuse quelconque.  Le choc émotionnel m’ atout fait oublier.  Elle était là.  Je ne savais pas comment l’approcher, je ne trouvais rien à lui dire.  Je travaillais dans la région où elle habitait, je m’en souvenais.  Je m’avançais vers elle.

-         Bonjour…

-         Bonjour, justement je pensais à vous.  On a bien reçu vos photos

C’est vrai que nous avions fait un CD des photos de notre voyage

-         On s’est dit que nous vous inviterions une fois à dîner pour vous remercier

-         C’est gentil.  Ce sera avec plaisir.

-         Tu es toujours à Mouscron ?

-         Oui, on devrait aller au resto une fois ?

-         Si je vais au resto avec toi …

Elle s’étrangla…

-         … Je te saute …

Continua-t-elle dans un murmure…

Je pouvais mourir. Je n’avais pas dragué, j’avais juste été naturel.  Une femme, me fréquentant quelques jours, écoutant quelques mots de ma part, quelques blagues, m’avait trouvé digne de son amour, voulait, désespérément s’offrir à moi.  Je pouvais mourir. 

 

Je perdais un instant tous mes moyens, je  flottais Je me devais malgré tout de trouver un moyen de mettre à exécutions ses projets. Enfin les nôtres.  J’avais pris l’habitude depuis de nombreuses années de me promener avec mes cartes de visites. Pas celles de la maison, mais celles du bureau.  J’avais même envisagé d’en faire des vraiment personnelles, mais cela n’avait finalement pas trop de sens. Je pris mon stylo-bille et y écris mon numéro de GSM.  Comme c’est un numéro professionnel et que mes clients pourraient avoir envie de m’appeler le week-end, je me débrouilles pour qu’il ne soit pas indiqué sur mes cartes.  C’est pratique sauf quand … Il est exact que je ne participas plus du tout à l’ambiance du spectacle.  Je n’avais qu’une idée en tête : lui donner ma carte de visite, aussi discrètement que possible, mais fermement, qu’elle la conserve et non pas pour qu’elle la jette. Je m’installais malgré tout confortablement dans mon fauteuil, essayant de faire le vide.  Le stress n’a jamais été un bon conseiller. L’environnement des mari et épouses n’était pas non plus favorable à une demande du style : Je sais que tu as envie de me faire l’amour, prenons rendez-vous, où tu veux quand tu veux … et d’insister si sa raison a avait envie de l’emporter sur son cœur.  Je crois qu’elle aimait ma discrétion, mais elle me voulait, moi aussi, il était clair à mes yeux qu’il fallait faire quelque chose.  Le spectacle continua, j’en perçus quelques clameurs, je participait aux applaudissements.  J’y étais semblais-je vouloir dire à mon entourage.  J’écoutais aussi les commentaires de mon épouse sur la prestation de la chanteuse.  J’oubliais mon sens de la contradiction, après tout, si elle se sentait bien, la soirée pouvait se prolonger, et donc j’augmentais sans doute mes chances de contact avec la belle.  Elle était quelques rangées devant moi, je ne cessai de la regarder, en tenant compte que mon visage était malgré tout bien orienté vers la scène.  Que de précautions !

 

Les lumières se rallumèrent et les invités furent dirigés vers un restaurant.  Je vérifiais que ma carte de visite se trouvait facilement accessible, et je suivais bien gentiment le troupeau vers la mangeoire et l’abreuvoir.  Je n’avais évidemment pas fin. Et moins soif que d’habitude.  Ou plutôt, ce n’était pas dans mes préoccupations.  Je la cherchais du regard, je la voyais de loin, elle ne me voyais pas.  Avais-je bien compris ? Ne faisais-je pas une c… monumentale ? Ne prenais-je pas mes phantasmes pour la réalité ? Je restais avec ma carte de visite dans ma poche, le stress montant au fur et à mesure que nous approchions de la salle.  Je faisais la conversation autour de moi, j’écoutais poliment les compliments ou les reproches sur la prestations, et comme il y a avait les deux avis, que de toute façon je m’en foutais, j’essayais  d’avoir des arguments artistiques neutres, pour que la conversation continue, mais sans moi de préférence.  Je cherchais toujours à me rapprocher d’elle, sans succès.  C’était un walking dinner.  L’avantage est qu’il n’y a pas de place précise, génial, mais qu’il n’y a que quelques tables autour des quelles tout le monde s’agglutine.  Ne perdez jamais votre morceau de table, vous serez condamné à errer jusqu’au moment où il n’y a plus rien dans les buffets, et vous pourrez de nouveau vous installer, avec une assiette vide.  Au pire des cas, s’il y a à nouveau de la place, c’est que tout le monde est parti, bonsoir l’ambiance.  On se décida donc pour faire la file au buffet, cherchant une future table.  Je l’avais perdue de vue évidemment, et je n’imaginais pas un instant qu’elle put s’installer à la même table que nous.  Je dégageais mon esprit, un de mes interlocuteurs étant sensible tant à la nourriture qu’à la boisson, je trouvais un moment de détente, où l’on faisait entre mâle des projets de razzias sur les buffets, y compris celui du vin.  Il était porté sur les femmes, mais pas du genre éternel romantique, plutôt jeune cadre BCBG à la recherche de la prochaine proie.  Et pourtant sa femme était très mignonne, avec de la conversation et un grand sourire plein de gentillesse et de compréhension.  Elle le connaissait bien, et il avait sans doute autant d’occasion que moi de dire un mot gentil à une jolie jeune femme quelconque, c'est-à-dire jamais.  C’était malgré tout un sujet qu’on abordait pas trop, je le trouvais déplacé.  

 

Une fois notre assiette garnie, de l’entrée et du plat, car il me semblait difficile je l’ai dis, de quitter sa table trop tôt, et trop tard ce le sera pour le buffet, nous cherchions une table libre où s’installer.  Elle me fit signe.  Je poussais mon épouse dans le dos, lui montrant l’opportunité à ne pas rater.  Bien évidemment elle hésita, ne voulant pas lâcher l’autre couple avec qui nous parlions, sans doute aussi que Bernadette n’étais plus en odeur de sainteté, intuition féminine.   J’interpellais l’autre homme de notre groupe et je lui disais, perfidement

-         Là bas il y a une place, et je crois qu’il y a une bouteille de vin…

-         Allons-y me répondit il.  Vous venez, les femmes ! Ordonna-t-il.

J’ai toujours su qu’il fallait être copain avec tout le monde.

 

Je m’arrangeais pour m’installer juste à côté d’elle.  Nous nous sérions les coudes, comme des sardines en boîtes. Je la frôlais continuellement, et elle me faisait la conversation.  Nous étions bien.  Je m’effaçais de temps en temps,   pour que mon épouse prenne part à la conversation, un dialogue aurait été mortel à mon retour, et je suis pour la paix des ménages, en tout cas quand c’est le mien.  Mon assiette étant bien remplie, et ma femme par contre n’ayant pris que l’entrée, elle se trouva obligée de nous abandonner pour aller se resservir, non sans un regard noir.  

-         Quoi ? Dis-je

-         Rien, rien…

Bon, l’orage s’annoncait.

Elle se rapprochait encore plus de moi, son mari étant aussi parti faire le plein de son assiette.  Je sortais ma carte de visite.

-         On devrait aller dîner un jour ensemble… lui fis-je

-         Ecoute, Henry, Ce n’est pas…

-         Prends ma carte, et un jour, rien ne presse, tu te décideras…

-         Je ne sais pas où la mettre…

C’étais sans me connaître.  Elle avait un joli décolleté, j’y plongeais mon regard.  Elle s’en aperçut et rougit.  Je tournais vivement la tête à gauche et à droite, puis glissait ma carte dans son soutien gorge.

-         Tu es fou …

Elle n’avait plus de voix

-         De toi …

Bon c’était facile…

Elle porta la main à son décolleté, en retira ma carte de visite.  Je lui pris la main, effleurant ses seins au passage.  Je pressais mon bras contre ses seins, je me rapprochais d’elle.

-         Je ne te mangerai pas, c’est promit.  Juste des yeux. 

Elle rit.

-         Enfin si il y a quelque chose dans l’assiette, continuais-je.

-         Tu es adorable. 

Elle me serra la main.

-         Mais tu es mignonne à croquer quand même, poursuivis-je

-         Ah,ah… N’exagères pas !

Elle riait toujours.  C’était bon.  Je repris la carte de visite, et je la replaçais tout naturellement sur son seing, ma main la caressant.

-         On nous regarde, me fit-elle

Je retirai à regret ma main.  Ca n’avait pas l’air de la tracasser.  Elle avait plus de sang froid que moi.  Pourquoi pas.

-         Ce n’est pas l’endroit, il y a bien les toilettes, mais c’est vulgaire.  Tu m’appelles ou tu …

Je n’eu pas le temps de continuer.

-         Les toilettes cela me va très bien en attendant…

-        

J’étais soufflé, KO.  Je ne bandais certainement pas.

-         Tu y vas la première, je te suivrai un peu après.  Mais à mon avis il y aura du monde…

Elle me sourit.

-         On verra… Mais j’ai pas trop l’envie d’attendre…

-         Non, te toucher fout mon cœur en l’air

Elle rit à nouveau.  Les autres revinrent la bouche pleine de commentaire, l’assiette garnie.  Je n’avais ni faim ni soif.  J’avais envie de lui faire l’amour, mais déjà la toucher mettait mon organisme à rude épreuve.  Je n’étais plus bien, je devais être irritable, je n’attendais plus qu’une chose, notre corps à corps.  J’attendais de sa part une phrase du style ‘Je vais au toilette’, je préparais mentalement cent milles scénarios qui m’éloigneraient de la table d’une manière où d’une autre.  La moindre bouchée du repas m’eu étouffé, Et le moindre verre d’alcool aurait plongé mon sexe à la cave.  J’avais l’air de faire la gueuel à une soirée ultra chic où les petits plats avaient été mis dans les grands.  Moi, un épicurien qui ne pense qu’à goûter aux plaisirs de la table.  Mais c’est aux plaisirs de la chaire que j’avais envie de goûter.  Et ce, sans modération.  Je lui aurait arraché des cris de plaisirs qui auraient fait trembler la salle, sans les méga micros, les enceintes ultra perfectionnées.

-         Excusez-moi, un besoin pressant …

Je me réveillais.  Je ne la regardais pas, ne fit le moindre commentaire.  Mon chronomètre interne se mit en route, je dus choisir parmi un des plans échafaudé.  Le plus simple était d’aller se resservir, au risque qu’une des personnes autour de la table ne m’accompagne.  Cela ne devait pas être le cas, les assiettes étaient à peine entamées, et jetant un regard sur un des mâles qui nous accompagnait, je pu vérifier que son verre était plein.  Je pouvais aller seul quelque part chercher à manger par exemple, en toute tranquillité.

-         Je vais quand même me resservir.

-         Ca n’a pas l’air d’aller ?

-         Le buffet ne me semble pas extra, mais bon…

-         Si, si , là bas il y a un tas de truc succulent !

-         Je fais le tour et je reviens.

Il y avait encore foule partout.  Il y avait sans doute plus de gens pour manger que pour le spectacle.  Apparemment les fins de mois sont difficiles, y compris pour les jeunes cadres dynamiques.  Je pouvais donc me perdre à mon aise dans ce dédales de files, de filles, et de costumes cravates souriants et bavards.   Pour trouver les toilettes…

 

Je cherchais un peu, essayant de ne pas trop m’attarder malgré tout, j’étais connu.  Pas elle, je ne le crois pas, mais le rapprochement aurait trop vite fait.  Il n’y a pas d’intimité pour les couples trop intimes.   Je trouvais enfin mon chemin.  Je passais devant les toilettes pour dames, mais il y avait foule.  Je n’envisageais pas une seconde que notre premier baiser ce passerait là.  Je la vis, deux mètres plus loin, en face de l’entrée pour les hommes, et l’intérieur devait être vide, par miracle à mon avis.  J’approchais, et elle se dirigea vers l’entrée qui lui était interdite,  sans en avoir l’air. 

 

Je longeais le mur comme pour la masquer, j’avançais la tête droite, l’allure fière, comme quelqu’un qui savait où il va, ce qu’il faisait.  Mon sexe sûrement.  Il m’indiquait la direction, discrètement malgré tout.  Elle est rentrée, elle s’est dirigée vers une cabine, je suppose en cherchant un peu, mais à la vitesse de l’éclair.  Quand je suis rentré à mon tour dans la pièce réservée aux hommes, j’ai juste eu le temps de voir sa robe flotter dans une direction, que je m’empressais de suivre. Elle me sourit dans la cabine exiguë.  Je ne me jetais pas sur elle, j’étais totalement dépassé par les événements.  Je la serrais quand même dans mes bras et l’embrassait.  Elle s’installa tant bien que mal contre la paroi, écarta les jambes, et chercha après mon sexe.  Elle n’eut pas de mal à le trouver, je me vantes deux secondes, je lui caressais ses seins magnifiques pendant que je l’embrassais.  Il n’y avait ni temps ni espace, juste deux être qui ont envie de faire l’amour.  Deux êtres qui ont envie de l’autre, de sexe c’est vrai, mais qui se sont croisés, qui ont appris à se connaître en quelques instants, sur quelques mots, sur quelques gestes, sur quelques regards. Qui se sont interrogés, qui se sont cherchés, qui se sont attendus.  Il est temps maintenant de se partager, d’échanger réellement quelque chose.  De se donner.  De se donner à l’autre.  De s’abandonner.  Je ne sais pas comment je

l’ai pénétrée, au cinéma de toute façon, si c’est esthétique, voir érotique, dans la vie c’est pas aussi évident, mais c’était tout simplement fabuleux.  J’avais trop mangé, pour ne pas dire trop bu, ce qui fait que ce fut long.  Et bon pour elle.  Mon plaisir à moi était de la posséder, parce qu’elle avait envie de moi.  Je n’avais pas envie d’exploit, j’étais aussi trop énervé, stressé par l’ambiance, et donc simplement content d’être dans une toilette entrain de faire l’amour à la femme qui m’aime.  Elle bougea, sans doute parce qu’elle avait jouit, retira sa bouche de mes lèvres, rit, et s’occupa de moi.  Je me décontractai un peu, revenait avec un regard un peu lucide sur notre situation, mais son baiser doux, tendre, me replongea aussitôt au creux de son ventre et moi aussi je jouis.  Nous sommes restés collé l’un à l’autre sans doute longtemps, mon sexe se trouvait bien en elle, mais surtout, ou simplement, nous étions vraiment bien l’un près de l’autre, malgré l’inconfort, et le ridicule de la situation.  Nous avons finit par rire, et surtout par entendre du bruit pas trop loin.  Le stress devait sans doute foutre en l’air ces quelques instants magiques.  Je la regardais avec l’air le plus cool possible, je continuais à lui sourire, je déposais un doigt sur ses lèvres pour dire ‘Chuuuuut’.  Je frottais mon ventre contre le sien, mais je débandais.  Elle sourit, le repris pour lui faire un petit massage.  On aurait pu rester là des jours durant sûrement.  Mais il y avait décidément trop de bruit, c’est à dire trop de monde, trop de risque.  Je bandais bien entendu à nouveau, je me reculais quand même, j’envisageai une fin à ce moment de pure bonheur.  Elle ne lâchait pas mon sexe, je me devais de rire, sans bruit.  J’étais adossé à l’autre paroi.  Je m’angoissait un peu, le temps était notre ennemi, les gens qui rentraient ou sortaient aussi.  Je débandais à nouveau, tout se passe dans la t^te paraît-il, mais elle s’agenouillât pour le prendre en bouche.  Je décidais d’en avoir marre du temps, des autres, des conséquences.  Je pouvais subir milles tortures après çà, cela n’avait plus d’importance.  Je voulais quand même essayer de lui donner quelque chose en retour, je me penchais sur elle, et glissait mes mains dans son soutien gorge.  J’attrapais une paire de seins bien trop bien faite pour mes mains, et je la caressais, exploitant tous les endroits susceptibles de la faire réagir, doucement.  Je ne sais pas si ses soupirs étaient liés à mes caresses ou à sa respiration entravée par mon sexe, je percevais quand même à ses mouvements par exemple, que la chaleur montait aussi bien chez elle que chez moi.  Je multipliais les caresses, je m’en serais voulu d’être le seul à bénéficier de la situation.  Elle le compris, elle voulais me sucer un point c’est tout, mais elle était contente que je ne l’accepte pas aussi simplement.  J’ai joui dans sa bouche.  Je ne sais pas comment la cabine a pu supporter nos corps, nos jouissances, nos mouvements et ne pas exploser !  Elle s’est relevée pour se coller à nouveau contre moi, mais le choc de nos corps encore insatisfait a dû faire trembler le bâtiment.  Nous ne pouvions pas sortir de cette cage sans avoir détruit le bâtiment par nos orgasmes.  Et le monde eut put s’auto détruire, ce qu’il avait quand même prévu après tout, nos âmes voulaient s’entrechoquer pour rattraper quarante années perdues passées à d’autres choses.  Le bruit nous fit à nouveau peur.

-         Je te téléphone, je te le promets

-         Je t’attends, je te le promets

Elle me sourit, m’embrassa, et essaya de remettre de l’ordre dans ses vêtements.  Son slip était parterre, je lui pris des mains.

-         Quelqu’un à dis un jour qu’un sous-vêtement féminin était si perso, qu’il ne se prêtais pas. Tu me le donnes alors ?!

-         Gamin !

Je sorti le premier de la cabine des toilettes, non sans avoir écouté au préalable les différents bruits : lavabo, urine…

J’attendais qu’elle eut finit sa toilette, je pressais ma main dans sa poche sur sa petite culotte.  J’étais bêtement heureux. Lorsque sa tête apparût à la porte de la cabine, je luis fis signe.  Je m’en allais hyper cool , chercher finalement une assiette à manger.  Je regardais malgré tout derrière moi, elle sortait à son tour, sur le qui vive, mais apparemment rhabillée…

Il y avait des files à tous les buffets, inquiets quand même de me retrouver le dernier.  Je me demandais également ce qu’elle allait faire.  Elle a rejoint simplement la même file.  Je l’ai laissée passer devant moi.

-         Tu es sensée être arrivée avant moi. Dis-je

-         Je pensais que c’était par galanterie, me répondit-elle.

-         Je croyais que tu me connaissais mieux que cela, rétorquais-je

Elle rit.  La file se résorbait tout doucement, nous approchions du buffet. C’était un instant magique, parce que nous échangions des banalités alors que les regards s’échangeait des ‘je t’aime’ à la vitesse d’une fusée Arianne.

-         Tu trouves ? Ma femme s’accrochait à mon bras, le regard sur mon assiette vide.

-         Il y a un monde fou, et il ne reste rien.

J’avais l’ai dépité.  Elle regarda vers le buffet, et tenta de me trouver quelque chose à manger.

-         Regardes, Henry, çà tu aimes bien, et çà…

 

Soudain elle s’aperçut de la présence de Bernadette juste devant moi.  Ce fût comme si une bombe atomique explosait à cet instant précis.  Pendant une nanoseconde. Pas de trace physique. Aucune. Elle lui sourit et lui parla. Je ne compris pas comment. La femme jalouse a dès ressources inimaginables. J’étais quitte pour l’instant pour l’interrogatoire, je n’y échapperais sans doute pas dans les moments qui allaient suivre.  Et je n’étais pas sûr que Bernadette utiliserait mon numéro de téléphone.  Bien que…  Je me servais à mon aise, choisissant uniquement ce que j’aimais bien, en dépit des conseils de ma femme, sous le regard de Bernadette.  Je m’affirmais un rien, juste pour faire du bruit en fait, juste pour que son attention ne se relâche pas. Je ne pouvais pas l’envisager.

 

21:30 Écrit par Henry Detournay dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : coquine, phantasme, rencontre, amour, sexe |  Facebook |

20.10.2006

Valérie

 

 

C’était un jour où je travaillais,  je me rendais chez son frère pour affaire. Il était responsable d’un grand magasin et à ce titre, digne d’intérêt pour mon employeur.  Je la rencontrais grâce à son frère, je devrais un jour l’en remercier. Elle travaillait à côté de lui, en partie dans l’entreprise familiale, en partie avec sa propre activité.  La première fois que je la vis, elle me fit une impression bizarre.  Elle était extrêmement menue, rousse, et pour insister, vraiment très fine… A la fois très triste, son regard peut être ou son corps, et très déterminée par son pas, sa présentation.  C’était Cendrillon…  Je m’en émus.  Comment une jeune femme mariée, je le sus après, chef d’entreprise, pouvait elle avoir à la fois cette force de caractère et ce physique de jeune femme battue ? Je me voulais souriant, je ne voulais pas m’imposer, et je pensais que le moindre commentaire de ma part eu pu la blesser. Je ne voulais pas m’apitoyer, c’eut été ridicule de ma part, parce que je sentais en elle une gagnante.  L’image qui me vint à l’esprit, avant Cendrillon, c’était un magnifique papillon tel qu’on en voit plus, si fragile, si beau, mais si libre, j’en étais certain…  La première fois que je venais dans cette entreprise, c’était elle qui m’accueillit. Déjà pour prendre rendez-vous, c’était sa voix charmante qui m’accueillit.  Pour une fois le charme de la voix correspondait au charme de la personne. Elle me présenta à son frère.  Je remarquai après coup en lui la même morphologie.  Si je fus tranquillisé mentalement sur un problème de santé quelconque, j’avais toujours envie d’être là pour la faire rire.  Je persistai dans mon idée d’un tempérament bien trempé, je ne me voyais pas comme médecin, comme un père protecteur, car je pouvais envisager une différence d’âge importante, mais je ne voulais être juste que l’amuseur public.  Celui qui attend après les larmes de bonheur de sa dulcinée.  Je multipliais les offres auprès de son frère, je poussais la réflexion si loin que de nombreuses interrogations nécessitaient hélas un autre entretien.  Je me devais de la revoir.  Bien sûr je parlais de la famille, mais, c’était le frère qui décidait de tout.  Pauvre Cendrillon, assujettie aux décisions de son frère.    

 

Je pus avoir un autre rendez-vous à ma demande, mais sans date bien précise.  Cela me permettait de réfléchir, mais surtout d’avoir l’opportunité de téléphoner.  Car c’était en règle générale elle qui décrochait le téléphone me semblait-il.  Certes il y avait une secrétaire, mais je comptais sur la chance. Trop… Car ce ne fût pas le cas. J’eu cependant le bonheur qu’elle m’accueillit. Je lus dans son regard de la joie, que je ne décodais absolument pas.  Comment imaginer qu’un tel être fût séduit par quelqu’un comme moi ? Son sourire était cependant communicatif, et bien sûr je lui répondais.  L’espace d’un instant. Je souriais non pas par bonheur, mais pour la voir et la savoir heureuse.  Je la vis donc trente seconde le temps que son frère m’accueille. Mon second entretien ne fut pas concluant.    Je devais avoir oublié mes manuels de vente au vestiaire, car notre relation professionnelle s’arrêta ce jour-là.  Je n’aurais plus l’occasion de la revoir !  Si intellectuellement je me retrouvais devant un échec, ce qui n’a jamais nuit à mon moral, par contre sentimentalement parlant ça me faisait plus ch… Je n’étais ni Dom Juan, ni le vendeur d’aspirateur qu’on rêvait de me voir être.  J’avais tout perdu.

 

C’était un jour au soir.  Un jeudi pour être précis.  Il était tard.  Non pas que je travaille tard, cela m’arrive bien sûr,  mais ma vie après le boulot est aussi importante que pendant.  Il faut un juste milieu me semblait-il.  L’Histoire me donna tort. Je remercie quand même au passage ma femme, pour qui le boulot lui est primordial, et qui nous amena à cette heure au magasin.   Elle a quand même des qualités quoi qu’ais-je pu en dire.  Ce soir-là ma femme était stressée, et pour ma part j’étais fatigué.  C’était vraiment la fin de soirée, il restait peu de magasins ouverts.  Nous avons foncé vers la grande surface, seule encore ouverte à cette heure, lorsque je croisais une jolie jeune femme, mince, rousse, sortant elle de ce même maudit magasin.  Tout de suite elle me dit ‘bonjour’, avec un grand sourire.  Valérie !  Je lui répondais poliment, tout en arborant le même sourire.  J’étais évidemment perdu, ne sachant quoi dire, mais ce n’est pas évident de gérer un croisement de Caddy à 19 heures, surtout lorsqu’on est fatigué et accompagné par sa femme hyper stressée.

-         C’est qui celle-là ?

J’étais cependant ravi des retrouvailles, et j’enregistrai quelque part dans mon cerveau le lieu et le timing.  Il devait y avoir quelque chose à faire.  A raison, car cet incident, anodin somme toute, se répéta régulièrement, même lieu même heure...  
 
Jusqu’au jour où je la rencontrais, toujours accompagné par mon épouse, à une foire dégustative.    Dès l’entrée je tombais sur un stand où elle se trouvait, et nous conversâmes pendant quelques instants.  S’il est à remarqué que quand c’est ma femme qui parle à quelqu’un, je peux rester sans boire et sans manger pendant des jours, ou à peu près, je sentis très vite que l’humeur de mon épouse tournait à l’orage, après quelques secondes passées en sa compagnie, allez savoir pourquoi.  Pour ma part évidemment j’étais ‘fin bien’.  Je reste subjugué par ce sourire, j’en parlerai encore mille fois, c’est quand même finalement vachement agréable de parler à quelqu’un qui a cet état d’esprit, de vous sourire, quoiqu’en pense les autres après tout.  En plus dans une foire où l’on déguste des boissons et des mets, l’esprit est quelque part déjà à la fête.  Je voyais pourtant son frère qui, tout en parlant avec quelqu’un nous regardait… d’un drôle d’oeil ?  Le contexte virant au Tsunami, tous les éléments se déchaînant contre moi, je m’inclinais devant les forces telluriques et les autres aussi d’ailleurs, et je lui dit au revoir.  Je ne savais vraiment pas comment la revoir. J’étais conscient de quelque chose, mais chaque fois tel le marin devant la force de l’océan, je devais lâcher prise. Je pouvais évidemment envisager d’aller faire les courses tard le soir, ce qui est du masochisme, à un magasin précis de préférence, mais cela frise l’interrogatoire, et si je la rencontre à chaque fois, je suis bon pour l’inquisition.  J’étais malgré tout content, je suis très facile, je laissais donc mon épouse faire ses commentaires, l’écoutant pour ne pas envenimer encore plus les choses :

-         Tu as l’air de lui plaire, à celle-là….

-         Mais non, mais non… C’est purement professionnel

-         Ouais… et je vois bien qu’elle te plait !

J’adore la psychologie féminine, au moins équivalente par moment à celle de l’homme, ceci dit juste pour envenimer le débat, je reste quand même émerveillé par l’instinct de la femelle qui sent le mâle avoir vraiment l’envie de se balader ailleurs… J’aime tout au tant, façon Marquis de Sade s’entend, la manière d’exprimer ses sentiments dans ces cas-là.  Quelqu’un disait que la vie est une dure lutte …

Je ne pouvais donc qu’attendre un moment X, que cette lettre est bien choisie, dans un magasin malgré tout bien précis, en espérant que soit ma timidité naturelle me permette de lui faire une proposition très honnête, car même guéri de ma timidité je reste un garçon poli et bien élevé. Soit elle, me harcèlerait.  En espérant en plus perdre ma femme dans un rayon quelconque au moment de la rencontre.  Oui, je joue au Lotto, et hélas, ou plutôt évidemment, je n’ai encore rien gagné… Mais comme seuls les gagnants jouent, je ne refusais plus trop de faire les courses le soir, ma fatigue s’exprimera plus tard. Et j’écoutais les points forts du magasin pour les ressortir au bon moment.  Vous avez dit ‘Machiavel’ ?

 

Je la retrouvais donc un jour entre deux rayons.  Je n’avais rien prévu, tout simplement parce que je passais quand même mon temps à regarder les nanas sans me fixer sur une d’entre elle, à fortiori sur Valérie.  Viendra.. viendra pas… Elle fût là.  Comme à l’habitude, je ne la reconnus pas de suite.  Elle avait changé de coiffure, elle paraissait moins mince.  Entendez par là que du balai-brosse, elle faisait ce jour-là très adolescente.  Ma surprise passée je craquais une fois de plus. Du charme, une présence...  Après le premier ‘Bonjour’ j’eu une intuition de génie, merci Satan :

 

-         Votre frère nous aide dans l’organisation de notre fête annuelle le dernier dimanche de mai… Vous devriez venir, c’est gai…

-         Vous organisez une fête ? c’est bien … C’est quoi ?

-         On est un groupe de copains, on veut redynamiser notre quartier.  Que chacun, jeune ou vieux, se côtoie…

-         C’est génial, je viendrais !

-         C’est génial …

Bon, je n’avais pas l’air intelligent de répéter ses paroles, mais au moins elle venait… Et elle repartait aussi sec, avec mon invitation.  Un jeudi soir, à l’heure de fermeture des magasins, en train de pousser un chariot à la c… qui va encore me coûter la peau des F…  mais au moins elle avait dit qu’elle venait.  J’aurai dû jouer au Lotto.  Il ne me restait plus qu’à attendre ce jour-là.  Et à croire aux promesses.  J’admet que je place la barre très haut.  Mais soit.

 

Notre fête consiste à dresser des tables sous un chapiteau, de mettre un peu de musique, et d’avoir un bar, et un barbecue.  Simple, convivial, pas trop bruyant… bref pour tout le monde, jeune et moins jeune.  C’était ça notre but, réunir tout le monde autour d’une assiette campagnarde, un verre de vin ou de bière, tranquillement.  Cela ne nécessitait pas trop d’organisation.  Juste un rien de compta, je pouvais m’en charger, un brasseur aussi évidemment, mais j’avais plein de copains qui connaissaient ce milieu par cœur, et pour cuire un peu de saucisses pour un barbecue.  Pour le barbecue il y avait toujours quelque part un spécialiste.  Quelqu’un qui vous expliquait pendant une heure tous les barbecues de la terre qu’il avait organisé. Comment cuire, quels herbes… Cool.  C’est vrai que les jeunes vont tout faire, connaissent tout le monde, et comptent sur les vieux comme moi pour finaliser.  C’est la vie.  C’était toujours un dimanche.  Je prenais congé le lendemain, pas que je sois bourré, bien que, mais me lever à sept heure du matin le lendemain de la veille reste au dessus de mes forces, à mon âge.  Cela s’organise toujours un week-end complet,  le samedi nous sommes quelques uns à dresser les tables, mettre en place le petit matériel, fin prêt pour que le dimanche nous puissions enfin nous réunir autour du bar.  Le matin du dimanche nous réceptionnions le brasseur et mettons les fûts en perce.  Le premier verre est servi à dix heure du mat’, histoire de tester le machin.  Et cela ne s’arrête pas.  J’avais un secret espoir … J’avais un tas de choses à faire pour m’obliger à ne pas y penser, mais en fonction des aiguilles de l’horloge, mon stress me gagnait.  Etonnant.  Jeune premier …

 

Le public vint petit à petit.  Les plus âgés en premier, en fonction de l’heure de fin de la messe, les familles nombreuses ensuite, la marmaille à faim.  Les fêtard enfin, plutôt après le dîner.  De toute façon le barbecue fonctionne toute l’après midi.  Je pouvais l’espérer au matin, car son frère nous donnait un coup de main très tôt. L’horloge tournait, je l’ai dis, mais il fût tôt, en tous cas je trouvais.  Je regrettais ma première pinte, embrasser la nana de vos rêves puant la bière à dix heures du matin,  ça vous casse votre coup pour le restant de vos jours.  Trop tard.  Je dis bonjour à tout le monde, bien obligé, je n’allais pas en plus paraître mal élevé. Et puis comment aurais-je pu faire sans l’approcher.  Heureusement les premiers commentaires allèrent vers la pompe.  L’humour me sauva.  Je l’embrassait.  Elle me sourit comme à l’habitude, mais maintenant je comprenais.  Nos regards se parlèrent.  On se frôla.  Nos corps se parlèrent aussi. Cela ne dura qu’un instant. Suffisamment pour que le message passe : ‘Je suis content que tu sois là’. Je la remerciait aussi d’être là, du genre

-         C’est sympa d’être venu.

-         J’accompagne mon mari de temps en temps.  Il fait bon…

La première phrase tue, la seconde ouvre une porte, semble-t-il.  Elle vit dans mon regard de la détresse.  Elle me prit la main en disant doucement…

-         Merci pour l’invitation.

Il y avait du monde autour de nous, il y avait des circonstances qui nous obligeaient à rester sur nos gardes, je me devais de comprendre donc. 

Il m’était difficile d’être à la foi près d’elle, je n’avais aucun sujet de conversation à offrir à son frère, je m’interdisais de parler ‘boulot’, et je me voyais mal travailler alors qu’elle était enfin à deux pas de moi.  Que la vie est compliquée.  Je m’afférai cependant derrière le comptoir, et le boulot me pris.  Je parvenais cependant à lever les yeux de temps en temps et évidemment elle ne me regardais pas.  Je fantasmais en me disant qu’elle me regardait quand j’étais occupé.  Je devais bien me raccrocher à quelque chose. La journée avançait, mon taux d’alcoolémie augmentait.  Mais à diverses occasions elle venait commander, et même elle m’offrait un verre.  Mon stress augmentait autant que mon bonheur.  Je m’efforçait donc de ne pas trop picoler, si l’humour, enfin le mien, augmentait avec les verres bus, je restais conscient que la qualité diminuait parallèlement.  Ce n’était pas du tout ce que je voulais.  Et je repensais sans cesse à mon halène, ce n’est pas l’idéal pour rouler le premier patin.  Je passais donc au Coke, ce qui fit jaser.  Mais j’étais fier de moi.  Je contrôlais au moins quelque chose, ma dépendance à l’alcool.  La matinée se passait ainsi, entre regard qui ne se croisait pas, entre commande au bar, où j’attendais de la voir venir.  A un moment donné sa main toucha la mienne, je la regardais, et je sus que ce fut exprès.  Je ne bougeais donc pas.  On aurait pu passer la journée ainsi.  Se regarde, se regarde pas, se touche, se touche pas … Il faudra quand même un jour que je passe à l’action, cette fête n’a lieu qu’une fois par an.  Ce toucher la main en servant une bière une fois par an, c’est pas trop bon pour la libido.  Ce fût elle qui vint à mon secours :

-         Henry, je cherches les toilettes….

-         Elles sont là-bas, lui répondis-je en désignant une cabine louée.

-         C’est pas très propre, me dit-elle presque les larmes aux yeux…

-         Venez, enfin… viens chez moi, c’est à deux pas d’ici.

-         Je ne déranges pas ?

-         Mais non… Pas du tout… Je comprends très bien, ne t’inquiète pas…  Viens.

Je jetais malgré tout un coup d’œil aux environs, pour voir qui me surveillait.  Partir avec une jolie fille à ma maison, était tout ce qui fallait pour tourner ‘la guerre des roses 2’.  Allez rendre service…

 

Nous avons fait cinquante mètres, et nous sommes arrivés au seuil de ma porte.  Je lui ouvrais et la laissais passer. 

-         C’est en haut, dis-je

-         C’est très joli chez toi …

Je ne savais pas trop quoi dire. Je pouvais imaginer un besoin urgent, je ne voulais pas trop faire la conversation. Je la laissais passer la première.  Je ne sais pas trop quelles sont les traditions, mais de la voir de dos fit remonter mon adrénaline.

-         au bout de l’escalier à droite.

Elle s’arrêta cependant sur le palier et me laissa passer.  J’ouvrir la porte du wc au bout du couloir. Je jetais un coup d’œil pour vérifier qu’il faisait propre, et qu’il ne manquait de rien.  Je lui laissais le passage.  Elle rentra.  Je m’effaçais et allait refermer la porte.

-         Ne me laisse pas seule.  J’ai peur toute seule… gémit-elle.

Je rouvris la porte.  Elle était assise sur le WC, jupe relevée, petite culotte à ses pieds.  Je la regardais, en même temps j’entendais le jet de sa pisse dans le fond de la cuvette.

-         Ecarte les jambes, s’il te plais.

Une jambe se dégagea de sa petite culotte.

-         Remonte ta jupe, je ne vois rien…

 

Elle s’exécuta.  Je la regardais.  Je voyais son jet, tout autant que son visage.  Ce n’était pas une esclave sexuelle qui faisait ce que je lui disais.  C’était une femme amoureuse qui se raccrochait à n’importe quoi pour que je sois là.  Près d’elle.  Elle offrait simplement son corps, rien ne lui semblait sale.  C’était entre elle et moi.  C’était son cadeau de séduction.  Je ne la touchais pas, je déposais simplement un baiser sur ses lèvres.  Je fantasmais pourtant sec, j’avais envie de faire milles choses.  Mais mon cerveau commande encore mon sexe.  C’est rare paraît-il. Mon sexe n’est pas toujours heureux, mais moi j’en suis fier.  C’est vrai qu’il bande souvent pour rien. Mais bon… Mon baiser se prolongea, elle y répondit ardemment.  Je glissais une main vers son sexe, devinez qui commande… Je m’arrêtais sur ses mains qui retenaient sa jupe et je les pris.  C’est toujours mon cerveau qui commande…   Malgré tout je les emmenais vers son entre jambe, sans résistance. Elle avait fini de pisser.  Elle se leva, toujours en m’embrassant, ma main sur son sexe.  Nous nous sommes collé sur le mur, le feu montait en nous, je la caressais intensément.  Son sexe n’aurait plus de secret pour mes doigts. 

Mon autre main la caressait.  Je remontais de son ventre vers ses seins, soulevant en même temps son t-Shirt. Elle l’enleva.  Je continuais à lui masser le clitoris, j’embrassais ses seins au dessus de son soutien-gorge.  Qu’elle enleva tout naturellement.  Je n’avais plus le choix, j’ouvrais mon pantalon, qui tomba bêtement sur mes godasses.  La scène cinématographique habituelle, mais j’étais l’acteur principal… Elle croisa ses jambes autour de moi, et avec sa main, pris mon sexe pour le diriger en elle.  Au toucher, elle fut surprise.  Elle le regarda et parut suffoquée.  Il est pourtant tout ce qui est des plus normal !  Elle voulut l’introduire en elle, mais avec une grimace de peur.  Je pris soudainement conscience de son corps.  Je basculait dans la panique.  J’étais presque en train de sauter une adolescente…

-         Je suis mariée depuis 15 ans, me dit-elle, lisant dans mes pensées.

-         Mais t’es quand même pas mal foutu… Tu fera doucement ?

Je ne savais plus quoi faire, j’avais envie de pleurer.

-         Si tu veux qu’on ne le fasse pas …

-         J’en ai enviiiiiie, allez, viens !

Je repris conscience un centième de seconde le temps de sentir son corps nu, ses jambes qui me ceinturaient, sa main qui dirigeaient mon sexe en elle, et je redevins l’amant qu’elle attendait.  Patiemment, doucement je la pénétrai, et je pouvais voir en elle mes émotions.  Je la sentais comme elle me sentait, ma lenteur et ma douceur faisaient notre plaisir. Elle a joui rapidement , l’émotion, la douceur je suppose.  Pour ma part, assez entamé par la journée et par les boissons surtout, j’étais fier de bander, mais pour le reste…  C’était bon, vraiment très bon, et donc je persévérai.  Tout en douceur, même si ma raison devait défaillir à tout instant.  Je fut récompensé, l’alcool m’empêchait peut être de jouir, mais mon sexe restait suffisamment en forme que pour la faire jouir une seconde fois.  Je n’étais même pas essoufflé, J’étais essentiellement tourné vers le fait de ne pas l’empaler.  Je crois que je me surestimais méchamment, mais finalement cela nous a bien aidé.  Elle me sorti de son ventre, et remit ses pieds au sol. Elle se pencha vers mon sexe pour le prendre dans sa bouche.  Je ne pouvais plus savoir où je me trouvais.  Je lui caressais son dos. Je ne pouvais plus penser à rien, l’alcool se dissipait au fur et à mesure de mon plaisir.  Elle avait les gestes qu’il faut, je joui enfin aussi.  Je me tapais en même temps un sacré mal de tête, il y a des mélanges qui paraît-il ne sont pas bon.  J’étais malgré tout heureux.  Bien que dans pareil cas il y ait toujours un nuage noir quelque part.  Je devais penser à me détendre, je devais surtout penser à Valérie.  Je la pris dans mes bras.  Je devais aussi penser à retourner à la fête, mon absence devait être remarquée.  Malgré tout elle se retourna, face au mur, dos contre mon ventre.

-         Tu peux faire ce que tu veux, me dit-elle, en se cambrant.

Je mis mes mains sur ses épaules, embrassant au même moment son cou.  Mes mains glissaient vers ses hanches, tendrement, frôlant ses petits seins au passage.  Mes baisers descendaient dans son dos.  Je prenais le temps de cette douceur, même si je me sentais un peu pressé.  Arrivé à ses hanches, je m’agenouillais, mon visage embrassait maintenant ses fesses.  Je les écartais, et plongeais ma langue dans son anus.  Ma langue tournait en rond, la pénétrait puis ressortais.  J’étais à l’affût de ses petits cris de plaisirs.  Je me relevais tout en écartant bien ses fesses et je mis mon sexe encore dur à l’entrée de son cul.  Je poussais un peu.  Je me penchais sur son oreille, et lui soufflait :

-         Il faut vraiment qu’on retourne à la fête…

Elle fit un léger mouvement de recul, je l’enculais un peu plus.  Puis elle se dégagea en se retournant, et m’embrassa :

-         Je sais, et je te remercies de te soucier de nous avant de profiter de la situation.  Je te promets que tu pourras me prendre quand tu voudras.

Je l’embrassais avant qu’elle ne finit sa phrase.  Je ne savais plus comment quitter ses bras, sa bouche.  Il fallut bien pourtant, Je me reculais de trente centimètre, et je remontais mon pantalon, lui donnant des bisous au passage.  Elle ne semblait pas pressée de se rhabiller.  Je prenais ses vêtements et lui tendit, retirant sa petite culotte et son soutien-gorge. 

-         J’aimerai que tu n’en mettes pas quand on est à deux, j’aimerai pouvoir te toucher partout tout le temps, sentir ton corps libre pour moi…

Elle parut un instant surprise, puis me sourit

-         On verra …

Mais elle s’habilla sans ses sous-vêtements.   Je passais à la salle de bain faire un rapide brin de toilette.  Déodorant, coup de peigne et autres ablutions. Ensuite, on descendit l’escalier tous les deux, main dans la main.  J’ouvris la porte, sans la laisser sortir, regardant si quelqu’un passait ou surveillait de loin l’entrée.  Rassuré, je la poussait gentiment dehors, sans la toucher ni de près ni de loin.  Je patientait une paire de secondes de manière à ce qu’on n’arrive pas ensemble.  Elle se dépêcha de retourner à la fête pendant que je donnais un tour de clé.  Je redescendais tranquillement moi aussi vers le chapiteau.  Installée à une table, je croisais mon épouse.

-         Tu étais où, mon choux ? me demanda-t-elle, pas vraiment inquiète.

Les amis étaient là, elle papotait principalement du bureau, de l’ambiance…

-         Aux toilettes… Je retourne derrière le comptoir ! Répondis-je.

-         Vas-y, je te rejoins dans un instant.

 

Je retournais servir au bar.  Valérie était debout à discuter avec son frère et des connaissances.  Je ne la regardais pas trop.  Installé, prêt à travailler, je la voyais qui revenait vers moi.  Ou plutôt vers une des tables qui me faisait face.  Elle s’assit en me regardant, puis tout sourire écarta les jambes.  Je jetais un rapide coup d’œil vers son frère, et je la regardai rapidement lui faisant un petit baiser de remerciement.  Cette fête était vraiment une réussite…  Lorsqu’elle s’aperçut que non seulement je la regardais, mais que les jeunes barmen autour de moi commençaient à oublier leurs clients, elle se releva et retrouva son groupe.  Ma soirée s’annonçait chaude. Eviter tout d’abord de la mettre dans un mauvais pas.  Trop de gens connaissait sa famille, et je ne voulais en aucun cas que des rumeurs aillent lui poser un quelconque problème.  Tout geste, tout mouvement serait un jour trahi. Mais ma raison vacillait chaque fois que je croisais son regard.  J’ai toujours eu horreur de ce genre de circonstance.  On est si bien, rien qu’à deux, dans un endroit calme et discret.  Je m’efforçais donc d’avoir eu l’air de faire quelque chose de ma journée, de ne pas la regarder comme l’amant de Lady Chaterley, mais d’essayer d’être un peu ensemble.  Je sortais donc du comptoir pour aller faire la conversation.  Je n’avais pas envie d’aller vers eux, je n’avais rien à dire.  C’est elle qui vint à moi.

-         Ca va ?

-         J’en ai marre d’être là, et loin de toi

-         Moi aussi.  Personne ne s’occupes de moi…

-         Moi je voudrais bien … Pouffais-je, … mais je ne peux pas

-         Je sais bien Henry.

-         Donne moi un rendez-vous, tu veux ?

-         Oh oui !

-         Et je pourrais faire tout ce que je veux ?

Elle rougit

-         Oui, mais tu feras doucement hein ?

-         Inquiète ? Non, s’il te plait !

-         Excuse-moi, j’ai totalement confiance en toi …

-         Tu as raison alors d’être inquiète !

-        

-         C’est pour rire

Je lui caressais la main.

-         J’ai envie de toi.  Je peux ? frôlant sa jupe.

Elle regarda autour d’elle, c’est vrai que ni son mari ni son frère ne la regardait.  Ma femme parlait avec des amis, les barmen étaient de nouveaux occupés à pomper la bière.  Le monde tournait autour d’une chope, pendant que deux amants cherchaient vainement à s’enlacer.

-         Tu peux… tu dois !

Je glissais ma main sous sa jupe, elle était face à moi.  Je sentis son sexe humide, je me contentais de presser son clitoris.  Je pouvais quand même imaginer que tout mouvement ferai bouger sa jupe de manière inconsidérée.  Seul mon doigt caressait ses lèvres intimes, cherchant l’entrée de son vagin.  J’étais contre elle, essayant d’avoir l’air de lui faire la conversation, pendant que mon doigt violait son intimité.

-         C’était à moi de m’occuper de toi… me glissa-t-elle dans un souffle

-         C’est la plus belle déclaration d’amour qu’on m’ai faite. Lui répondis-je.

Elle frôla de sa main mon pantalon, à la recherche de mon sexe.  Elle ri.  J’étais bien.  Je n’en oubliais pas pour autant le contexte, je la regardais comme si je voulais l’aimer là sur la table, puis je retournais à mes occupations.  Les doigts humides de son sexe.

 

23:40 Écrit par Henry Detournay dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rencontre, sexe, nouvelle, amitie |  Facebook |

02.10.2006

Rose M.

  Je l’avais rencontrée lors d’une fête foraine.  C’était bien évidemment une amie de ma femme.  Il n’y aurai pas eu de rencontre et encore moins de discussion sinon.  En réalité c’était une ex-amie, le temps, le boulot, la situation géographique les ayant séparées.  Autant vous dire que le premier sujet de conversation, après les enfants et les vacances naturellement, c’était le bon vieux temps de l’école machin chose…  On était parti pour une paire d’heures à rester debout, au coin d’un lampadaire.  Elle avait une certaine allure, à la fois distinguée dans la parole, tonitruante dans le rire, pute dans l’habillement, c’est un peu sévère avouons le mais c’était l’impression au premier regard, pute aussi dans le maquillage.  Je doutais de ma raison.  Bien sûr je me trouvais à la foire, bien sûr tous les regards convergeaient vers elle, mais l’accoutrement ne collait pas avec les gens du village, ni avec les gens du voyage d’ailleurs, et la personnalité ne correspondait pas.  Sans parler du physique, sans doute 1m 80 pour 95 kilos, qu’elle portait bien d’ailleurs, s’il n’y avait eu les bas résilles, la mini jupe et le décolleté provoquant.  J’avais déjà eu l’occasion de la voir dans d’autres circonstances, professionnelles, et mes collègues et moi même la trouvions provocante, dans le mauvais sens du terme. Bien sûr nous ne sommes que des hommes, mais ce style, ou plutôt ce mélange, cette allure nous semblait déplacée dans les circonstances où nous la rencontrions.  Et nous n’étions pas ‘vieux jeu’.  Toujours accompagnée de son mari, plus mince qu’elle, et un rien baba cool.  Un couple mal assorti au premier abord, mais après tout,  lui ayant suffisamment de sang froid sans doute, il pouvait refroidir autant que faire se peut son tempérament volcanique à elle.  Aussi discret qu’elle était exubérante, l’inverse aussi dans le physique.  Mélange détonnant certes, qui voulait qu’on la regarde, qui disait aux hommes ‘venez’, mais qui en imposait malgré tout.  Qui s’y frotte s’y pique, elle devait rejeter autant qu’elle prenait, mais il devait y avoir en fin de compte énormément de générosité, je décidais donc de m’y frotter.
 

J’admet que j’étais déjà bien entamé cette soirée là et nous avons décidé de la continuer sous un chapiteau.  Lorsqu’on est dans cet état là, rester debout cinq minutes à entendre ces dames papoter m’est un drame.  J’aurai pu faire pipi sur le lampadaire, mais je savais encore un peu me tenir.  Bien sûr proposer d’aller boire un verre peut relever du masochisme, « un de plus » devrais-je m’entendre reprocher dans les heures qui suivent, mais nous sommes dans une certaine ambiance, et je me sentais d’humeur à tourner autour d’une nouvelle séductrice. Je me devais donc d’oublier rapidement mon verni millénaire d’être humain un peu  civilisé, pour ne retrouver que la bête en rut. Je ne suis qu’un homme, je me répète.  Pourtant, malgré l’alcool, et entre deux poussées d’adrénaline, je parvenais à me contenir, constatant humblement que malgré mes envies et sa manière de s’habiller, je ne l’avais pas sautée sur la table du chapiteau. Cela n’aurai choqué personne me semble-t-il. Mais l’aurais-je pu ?  Il n’y eu pas non plus de contact physique, chose étonnante à bien y réfléchir, car c’était son style à elle d’être très physique, de toucher tout le monde pour un ‘oui’ ou pour un ‘non’, et moi dans ces cas-là, je ne pense qu’à une chose, c’est de la coller au plus près.  Ce ne fût pas le cas, et au moment du retour j’aurais dû déprimer.  A quoi sert cette belle plante sulfureuse si on ne peut pas l’arroser ? A quoi cela sert-il de mettre une pancarte ‘baisez-moi’ si c’est pour passer sa soirée à rire de souvenirs d’enfances.  Bon, soit je suis marié et elle aussi, mais si les corps se rencontraient plus souvent dans des chevauchées fantastiques, il y aurait sans doute moins de confrontations psychologiques.  Fatiguez  un peu les corps, pour fatiguer un peu les esprits. Bien que l’appartenance à l’autre par les liens du mariage laisse à penser que le communisme des corps ne réussira jamais.  Hélas…  Le chapiteau n’étant qu’un endroit ‘à boire’ selon elles, et l’ambiance étant relativement calme, entendez par là que la musique n’était pas ‘à danser’, les femmes proposèrent de quitter ce lieu pour alcoolique anonyme, se disant que sinon, nous croulerions nous les hommes sous la table.  Allez savoir pourquoi une telle pensée ?

 

Sexuellement parlant, je trouvais que rien n’était joué cependant, et nous décidâmes de commun accord de finir notre soirée au restaurant.  Cela me laissait une possibilité, probablement de me masturber intellectuellement.  Je n’étais plus en état de quoi que ce soit, le reste de mon cerveau non embrumé par l’alcool me disait tout les quart de secondes de me tenir tranquille.   J’écoutais la conversation mais je faisais tout pour ne pas y intervenir.  Bien sûr comment draguer une nana s’il n’y a pas de dialogue, mais pour ternir mon image de marque de toute façon inexistante, vu que madame ne me connaissait pas, et lancer des blagues que pour une fois j’avais retenue, que je devinais au dessous de la culotte, j’avais vraiment intérêt à me taire.  Mon sens de l’humour n’est efficace que quand je n’ai pas bu et que les autres sont mort pleins.  C’était tout l’inverse ce soir.  J’admet quand même que dans mon état, rester humble et correct révèle un fond de sainteté au dessus de la moyenne.  Mais j’étais pratiquement le seul à faire ce constat, avec le Saint patron des innocents sans doute aussi.

 

On s’est donc installé à table.  J’avoue ne plus savoir où.  Pourtant je suis épicurien, c’est à dire que d’ordinaire j’aime tout, et je me fais un plaisir de tout déguster avec une modération ou me faisant plaisir sans modération tout en restant en l’état d’apprécier ou  tout au moins en comprenant ce qui m’arrive. Et donc je retiens les bons endroits, pour y retourner aussi souvent que possible. Ce soir là, j’ai dû faire une sacrée entorse à ma religion.  Que Bacchus me punisse…  Je ne pus tout à fait résister à l’envie de la sauter, je multipliais discrètement les possibilités de contacts physiques, sans résultat.  Je décidais alors de me prostituer.  Je m’abaissais à essayer d’entretenir une conversation avec son mari, cherchant en vain, oserais-je dire en ‘vin’, un sujet d’intérêt.  En règle générale, vous constaterez que tous les maris des femmes que vous avez envie de sauter non aucun point commun avec vous.  Soit parce que vous plaisez à ces femmes, qui trouvent en vous en fin quelqu’un d’humainement acceptable, parce que monsieur ‘se la pete’ par exemple, se trouve aussi des occupations indignes de la future ex-épouse. Soit tout simplement parce que votre niveau intellectuo-humoristo-financier ne concerne pas ‘Monsieur’.  Soit enfin parce que, par hasard, toutes vos passions sont les mêmes mais malheureusement il est au courant du dernier, de l’avant dernier, de l’inédit, du futur, et de tout le reste concernant votre hobby, et que vous, malheureux touriste, désargenté, travailleur inféodé au joug du capitalisme, n’avez ni le temps ni les moyens de consommer votre passion sans modération.  Bref vous êtes un ploug, retournez à la maternelle en passant par la case ‘Prison’.  Sauf que, si c’est pour sauter sa femme, je me fout de passer à ses yeux pour un ploug.  Malgré donc mon futur comma éthylique, mon aversion pour les maris de mes futurs, je pris la peine de trouver un sujet de conversation qu’il ne connut pas. O rage, ô désespoir… La raison du mâle en rut diminue apparemment l’ego. Je fus bon me semble-t-il mais sans résultat.  J’abdiquais, me contentant de mon assiette, et de mon verre, tout en évitant de jouer au voyeur, la raison morale devant sans doute l’emporter un jour ou l’autre.  Le vaisseau sexuel tant convoité s’en allait au loin, se dissipant au travers des brumes du pinard local.

 

Arriva le moment du départ.  Me lever de mon siège ne fût pas difficile.  Le sang ayant maintes fois fait le tour de mon corps, s’arrêtant au passage dans des endroits caverneux, sans doute avait-il en plus emmené l’alcool avec lui pour le diluer un tant soit peu.  J’étais donc bien, physiquement s’entend, déçu d’avoir trouvé porte close, bien que satisfait d’être resté digne devant le péché, en façade s’entend.  Très courtois, je laissais nos compagnons passer devant, et nous sortîmes sur la rue.  Je suis généralement un peu en retrait, chacun discutant, faisant des projets, dans tous les sens, et plutôt que de faire trente six milles pas pour rien, j’attends sagement que les grandes gueules décident.  Par contre si ce sont les plus fatigués, je peux encore faire des suggestions avec les plus dynamiques, en espérant que les seuls sympas resteront.  Nous déambulions donc vers les voitures, la soirée s’achevant d’un commun accord.  Elle nous suggéra cependant :

-         On devrait remettre cela une prochaine fois…

 

 

 

J’acquiesçais, mon épouse en fit tout autant.  Rose M. s’arrêta soudain juste devant moi, et ma main se planta tout simplement entre ses deux fesses. Je senti franchement le creux de ses reins, ses fesses se resserrant presque sur ma main.  Je ne réagissais pas, il s’agissait d’un malheureux hasard, et plutôt que de l’embarrasser en disant un ‘excuse-moi…’ pour lequel on se serait demandé ce qui se passait, ou une expression qui aurait pu faire croire tout et n’importe quoi, je m’abstint.  Tout le groupe avança, elle aussi, pour s’arrêter moins d’un pas plus tard, dans la même position, avec le même effet.  Ces fesses étaient suffisamment ouvertes que pour y laisser entrer mon bras.  Je sus que ce n’était pas le hasard.  Lucifer jouant à Cupidon, me lança une flèche en plein… sexe.  C’était trop tard, il le savait, il riait dans ses flammes. 

J’entendis pourtant…  L’alcool se dissipa dans mes veines en un instant.  Je maudis le passé, le présent et l’avenir.  Enfin non, pas l’avenir !

-         On devrait vraiment remettre çà… Dit-elle !

Avec une insistance réelle. Et je ne l’ai plus revue…

 

Un samedi matin, comme d’accoutumée, je me promenais, ou plutôt mon caddy me promenait dans une grande surface, suivant fidèlement autant que possible mon épouse au travers des rayons.  Mon permis de conduire ‘caddy’ m’empêchant de faire demi-tour dans les allées étroites, je restais en début de rayon.  Il m’arrivait d’être distrait, parce que je n’avais pas assez dormi, ou simplement parce qu’il y avait parfois un article dans un rayon qui pouvait attirer mon attention. Ce puit être une promotion, comme une gente dame. Je perdais donc mon épouse de temps en temps, et les retrouvailles étaient plutôt orageuses, le tableau étant du genre : elle porteuse de deux ou trois caddys entre ses faibles mains, moi en train d’admirer une bouteille impayable dans tous les sens du terme affalé sur un chariot vide. La vie est mal faite paraît-il. 

C’était donc un matin où je l’avais perdue.  J’ai oublié de dire que mon heure de réveil le week-end déborde largement sur le déjeuner, c’est donc un exploit physique de me trouver à ce moment là à cet endroit.  Soyons honnête, à part les vieux, enfin très vieux, et les gosses, très sales gosses, ou à peine sorti du ventre de leur maman, je suis pratiquement le seul de ma génération.  Les autres ne doivent pas se trouver à l’Eglise ce n’est ni le jour ni l’heure, à moins d’un mariage, mais pas tout les week end quand même !  Au foot alors peut être, mais c’est l’heure de la troisième mi-temps.  Qu’est-ce que je fous là ?  J’étais en train de manœuvrer un tournant difficile pour pénétrer dans un rayon au hasard, les espaces ne sont pas très large, les engins parfois lourd, les rencontres impromptues...

-         Bonjour Henry…

 

C’était Rose M..  Très chic, c’est vrai, grâce à un tailleur du meilleur effet, avec le reste assez exubérant comme d’habitude.  C’était bien elle, pas moyen de se tromper, même pour moi assez peu physionomiste.  Toujours autant maquillée, toujours avec son allure assez folle, dirons-nous par galanterie.  Elle m’embrassa. De très près.  Je veux dire que nos corps se collèrent. Je retrouvais la Rose M. physique.  Je ne m’étais pas trompé. Elle posa sa main sur mon épaule. Mon bras en tomba… Je le remontais assez lentement voulant frôler sa jupe dans un mouvement où j’aurais posé à mon tour ma main sur sa hanche.  Elle venait de derrière moi, nous étions coincé entre mon caddy et le rayon.  Il y avait pire comme situation, je l’avoue.  Elle sentit mon mouvement et se recula, coinçant ma main entre le rayon de boites de petites saucisses, n’y voyez aucune comparaison, et ses fesses.  J’en prenais une à pleine main, je ne risquais pas de me tromper entre les boites en fer blancs et ses fesses en chair fraîche, mais à point quand même, tout en la regardant. Je ne rougissais pas, bien que ma chaleur corporelle ait monté de quelques dizaines de degré.  J’imaginais que la situation était voulue.  J’au une inquiétude un quart de seconde quand même…

-         Où est ton épouse ? me demanda-t-elle.

-         Dans un autre rayon…

Ce n’était pas la réponse la plus intelligente du moment. Mais mon cerveau commandait à ma main de palper la chair ferme et voluptueuse au travers de son tailleur, en même temps qu’il vérifiait que mon sexe en érection n’était pas trop visible, bien que coincé dans son slip, tout en prévenant mon autre bras que je pouvais ramasser une baffe. Je pourrais également parler du contrôle des yeux, un sur l’environnement extérieur, après tout elle m’avait parlé de ma femme, qui pouvait revenir à tout moment, et mon autre œil la regardait avec concupiscence… Allez lui demander en plus de trouver une réponse sensée à une question après tout pas si fine que ça.  Je devais avoir l’air drôle en plus.

-         Elle cherche après quelque chose, elle tourne dans le magasin …

-         Elle va bien ?

 

 Qu’est-ce que je m’en foutais.  Je remis mon cerveau a rude épreuve.  J’étais bien évidemment soulagé que la situation ne soit pas un malentendu, mais je devais essayer de la retenir par des phrases un peu moins stupide, tandis que ma main, et le reste du corps aussi, avaient bien l’intention d’explorer autre chose que sa fesse, surtout que le rayon commençait à me faire vraiment mal.  J’aurais été tatoué  à vie par une marque de conserve pour avoir trituré la minijupe d’une amie de ma femme.  Je me vois serrant la main de mes amis, avec la marque d’une boite quelconque gravée dessus.

-         Oui, tout va bien, un rien speedée, comme d’hab… Et toi, en ce moment ?

En insistant sur ce dernier mot.

-         En ce moment ?

Elle paru comprendre le double sens de ma question et parti d’un grand éclat de rire.  J’étais à la fois ravi de la voir ainsi s’esclaffer et tout en même temps effrayé : Elle allait rameuter le magasin autour de nous.  Je profitais de son mouvement pour glisser mon bras entre ses deux fesses.  Nous étions vraiment collé l’un à l’autre, mon sang bouillonnait autant par le risque de la situation que par l’excitation.  Ma main trouva facilement la fente de la jupe.  De toute façon  j’étais prêt à la lui remonter jusqu’au visage pour retrouver la profondeur du creux de ses reins, sillon qui était tracé pour le restant de mes jours dans mon esprit suite à notre précédente rencontre. Je caressai sa jambe au travers d’un bas nylon, avec la ferme intention d’arriver jusqu’à sa petite culotte.  Elle me regarda.  Je pris peur, je pensais qu’elle m’aurait violé sur place. Je ne voyais pas comment nous n’aurions pas fini dans une chevauchée sauvage sur le sol du magasin. Je ris à mon tour, je n’avais rien trouvé de moins stupide à dire mais cela détendit l’atmosphère.  Je bougeais le chariot de ma main libre de manière à ce qu’on ne vit pas ce qui se passait en dessous de sa taille.  Elle avait terriblement envie de m’embrasser, je ne sais pas comment elle pouvait contenir son tempérament volcanique.  Elle devait entendre battre mon cœur, et mon sexe ayant pu se frayer un chemin dans mon slip, faisait une bosse qui lui caressait la cuisse.  J’avançais encore plus mon bas-ventre contre sa jambe.  Elle pris conscience de mon désir, et déposa sa main sur mon sexe.  Je n’avais plus de souffle.  Elle colla sa jambe contre moi, ma main arriva tout naturellement à sa petite culotte.  C’était un string.  Mes doigts parcourait sa fente, elle était trempée.  C’était l’instant ou la raison bascule.  N’importe qui pouvait nous croiser, nous bousculer, le feu pouvait se déclarer, une tornade, ma femme aurait pu débarquer de n’importe quel endroit, notre cerveau ne fonctionnait que pour se faire jouir, en attente du doigt qui explorait un sexe.  Les corps étaient distendus, moi droit comme un I attaché à mon caddy par un bras, une épaule tordue pour aller fouiller une petite culotte, elle rigolant de je ne sais qu’elle dernière blague, le cul à la recherche de ma main, s’ouvrant autant que faire se peut, mais elle passait son temps à réajuster sa jupe tentant d’avoir l’air convenable.  Et bon chic bon genre, elle n’attendait qu’une seule chose, de se jeter sur moi.  J’aurai été mal rasé, on nous mettait à l’asile comme deux infirmes soufrant de troubles mentaux graves.

Je rentrais deux doigts dans son vagin, comme l’eurostar dans le tunnel sous la manche, aussi vite et aussi facilement.  J’avais envie de les remplacer par ma main complète, mais lorsque je sortis mes doigts de son sexe, elle les dirigea promptement vers son anus. 

.  Elle me regarda :

-         Vas-y ! gémit-elle.

-         Depuis notre dernière rencontre, j’en meure d’envie ! Continua-t-elle.

 

Mes doigts étaient bien mouillés, j’en mis quatre ensemble et me préparait à l’enculer.  Nous n’étions que des bêtes.  Nos sens étaient tournés uniquement vers le plaisir.  On aurait dit qu’on attendait cet instant depuis des millénaires. Son corps, oserais-je dire son cul était en manque. Malgré son tempérament, malgré son allure, j’imaginais très bien que son cul était prêt pour accueillir mon bras tout entier.  Sans doute elle aussi avait elle été marquée par notre précédente rencontre. Mon esprit, et mon sexe, cloîtré dans son slip, ne voulaient que ça eux aussi depuis des millénaires, c’est à dire de pouvoir lancer mon corps dans cet univers sombre et boueux. Je savais, je sentais qu’elle m’espérait, qu’elle m’invitait.  Je devinais que tout mes doigts ne suffiraient pas à la combler.  Je me devais pourtant d’essayer. Je me devais de la voir jouir.  Je voulais l’enculer.  Pour le repos de nos âmes, au plus gros cela était, au plus merveilleux serait la jouissance, sa jouissance m’imaginais-je.  Je voulais y participer, je voulais être l’artificier. Au moment ou enfin j’écartais son anus, je sentis en même temps le danger.  L’univers s’ouvrait dans un big bang sans doute pas initial, l’enfer me rattrapait au tournant. Mes doigts, quatre doigts, et ce ne devait être qu’un commencement,  n’allèrent pas bien loin. De part ma volonté, car il m’en restait.  Pourtant j’appréciais la facilité avec laquelle j’étais entré.  J’imaginais le reste de ma main dans son cul, je ne supposais pas un seul instant que cela puisse être un tourment. Je dus faire à un certain moment le parallèle avec les bouteilles présentes quelque part en face de mes yeux : Le goulot de la bouteille et le reste. Quatre doigts et une main.  Le meilleur est au fond … de la bouteille.

 

Elle suffoqua sous le coup, et me regarda entre béatitude et frustration.  Parce que je dus m’arrêter…

-         Mon épouse arrive … lui dis-je. 

Mon instinct animal m’avait sauvé.  Etre une bête cela à aussi des avantages.

-         Tu as trouvé ? continuais-je en me tournant vers elle.

Je dégageais à regret mes doigts du cul de Rose M., elle serrait les fesses comme si elle ne voulait pas, elle me refusait le fait de l’abandonner grande ouverte, en manque de cet énorme phallus.  Je ne pouvais pas me contorsionner. Mouvement, regard, sourire, je dus être bon… Elle continua à s’avancer vers nous sans même me regarder.  A regret, je mis ma main apparemment tout naturellement en poche. Et je pris un regard interrogateur.  Elle continua à faire sans moi, saluant directement Rose M.

-         Bonjour …

-         Bonjour, je faisais la conversation à ton mari …

En matière de banalité on faisait la paire.  Devait-elle vraiment ce justifier ?  Je jetais un coup d’œil sur sa jupe, celle-ci n’avait pas trop d’allure, mais ne laissait pas deviner l’enculade.  Du moins le supposais-je.  Elle passa comme machinalement ses mains dessus, son aisance me plut..  Il ne s’était rien passé !

-         Tu as de la chance, il n’est pas très bavard…

-         On se souvenait du souper au resto la foi passée…

La discussion commença sur les restaurants de la région, sans parvenir à un planning, hélas,  pour dévier sur les enfants. Heureusement qu’on en fait. Je me devais de me replonger dans ma torpeur habituelle, celle de l’homme qui s’em… et qui dort très très tard le matin.  Mon sexe avait enfin une chance de débander.  Le risque diminuait à vue d’œil, le plaisir aussi.  N’y avait-il donc pas moyen de cacher toutes ses boites que les femmes recherchent plutôt que de les exposer à leur vue pour qu’elles les retrouvent si facilement, justement quand il ne faut pas ?

Rose M. riait sagement en parlant à ma femme tout en se pressant contre moi.  Je voyais ces fesses, enfin un œil et un sexe les observaient, un œil regardait ma femme, celui-ci tellement vitreux et endormi qu’elle ne pouvait que penser que j’étais encore dans mon lit.  Je les sentais bien ses fesses.  Elles n’avaient pas l’air apparemment de se presser contre moi, mais je les sentais bien contre ma jambe.  Je voyais qu’elles recherchaient toujours mon bras. Il y serai bien retourné le salop, admettons le.  Et moi, je serai bien retourné dans mon lit mais avec ce cul au bout du bras.  Son corps me frôlait tout le temps. A chaque mouvement mon cerveau faisait ‘Tilt’ comme un billard électronique. A chaque pensée, mon sexe se levait pour faire ‘coucou’ à la galerie, et je ne savais pas trop où j’en étais.  Je ressorti ma main de la poche. L’invitation était trop évidente. L’adrénaline envahi mon corps en entier, je cru que le caddy allait se soulever lui aussi.  Je trouvai notre pose assez hard, mais bien évidemment parce que je savais ce qui se passait.

-         Je dois y aller, nous dit-elle.

Elle sentait l’incontrôlable. Elle se retourna vers moi, pris mon sexe à travers mon pantalon à pleine main, le serra, ou plutôt le caressa, l’espace d’un au revoir.  Pour lui se fut une éternité.

-         A bientôt, continua-t-elle, en m’embrassant sur la joue.

Je ne pus émettre un son.  Je ne savais plus où regarder.  Je ne savais pas qu’elle température il faisait, j’avais vraiment très chaud. Je relaissais traîner mon bras contre sa jupe, j’effleurai encore une fois le sillon de ses fesses.  Comme le premier soir. Elle embrassa ma femme comme si de rien n’était et nous quitta.  Je n’osai pas la rechercher dans les rayons, il devait y avoir une fin.  Je n’aurai pas pu reprendre le jeu où nous l’avions laissé, elle aurait crié d’envie, je me serai jeté sur elle n’importe comment.  Je me devais de me rendormir. Je retombai sur mon caddy.  Il me soutint comme un vrai ami, comprenant mon désarroi, mon envie bestiale aussi d’enculer tout ce qui bougeait.  Enfin tout … heureusement il y a avait des barreaux, et ses roues étaient fatiguées.  Le sang fini par remonter à mon cerveau.  Très lentement.

 

Il y eu d’autres samedi…

20:51 Écrit par Henry Detournay dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : nouvelle, coquine, rencontre, sexe |  Facebook |

02.09.2006

Salima

C’était un samedi matin.  Bien que le matin du week-end est d’ordinaire destiné à mon sommeil, je me sens malgré tout obligé de faire les magasins de temps en temps avec mon épouse.  Cela dure jusque tard l’après-midi, et trouver l’heure du repas de midi est toute une sinécure.  Choisir entre un repas et un magasin, cela est cornélien pour certain(e)s. Mais cela change les idées c’est vrai, et puis cela permet de rencontrer des gens, de voir la mode aussi dans tous ses états.  Si Internet, si répandu soit-il,  est un moyen de dialogue, il n’est pas un moyen de rencontres quoi qu’on en dise, et donc sortir reste la meilleure manière de trouver un corps et une âme.  J’oublie sans doute le lieu du travail, mais chaque chose en son temps.

 

J’étais donc installé tranquillement derrière un caddy de supermarché, à attendre ma femme qui s’agitait parmi les rayons.  Je reste généralement en tête de rayon, le caddy pouvant être surchargé, je n’ai pas envie de faire des manœuvres acrobatiques toutes les 30 secondes.  Ce serait un peu comme essayer de chasser une mouche dans un étal de viande sur un marché africain.  En plus, la position est stratégique, elle permet de voir la faune et la flore, mais également les indigènes.  Ce n’est pas seulement pour saluer les connaissances éventuelles, c’est surtout pour découvrir de nouveaux visages, et donc de nouveaux corps.   A s’ennuyer en poussant un caddy, autant déposer son regard sur les jolies femmes plutôt que sur des boites de conserves, bien que dans certains cas on ne sait pas trop qui est quoi et inversement.  Il y a même parfois un intérêt certain à plonger son regard dans les rayons plutôt que de croiser un jambonneau en liberté. Même si l’endroit n’est pas idéal pour jouer au voyeur, voir un corps attrayant se pencher dans un rayon permet à l’imagination de s’évader.  En fonction de l’endroit où je me trouve, j’ai le choix de chercher après le décolleté, ou de deviner au travers de la jupe ou du pantalon le string si j’ai de la chance, ou un autre sous vêtement moins affriolant.   Les décolletés sont souvent difficile à voir, la position n’est pas toujours idéale.  On devine plus des soutien-gorges par transparence, on est souvent déçu du mélange de couleur, du nombre de couches superposées.  Il est rare de voir une femme de classe au supermarché.   On est mieux servi au niveau des petites culottes si je puis dire.  La mode est en faveur des voyeurs, fétichistes et autres … Les ‘tailles basses’ montrent des ventres rebondis, parfois agrémentés d’un piercing, et les strings dépassent quelquefois.  Soit, le choix des couleurs est parfois discutable, rare sont les femmes qui font l’effort de l’assortir au soutien gorge, mais bon, on ne peut pas toujours se plaindre.  Si ce n’est pas un pantalon ‘taille basse’, c’est une jupe fendue, ou courte, et même un pantalon moulant permet tout autant à l’imagination de vagabonder.  Si regarder reste un passe temps très agréable, le but du jeu est quand même de découvrir la psychologie de la personne concernée au travers de son habillement, pour paraphraser je ne sais plus qui : ‘Dis moi comment tu t’habilles, je te dirai qui tu es’…  Et si le style dénote un tempérament enclin à la jouissance physique, la personne concernée devient alors susceptible d’être une compagne de quelques instants ou de toujours.  La manière de s’habiller montre aussi autre chose que le sexe.  La propreté, l’aisance financière, le goût, la sensualité et j’en passe.

 

Ce jour là je rencontrais Salimah A., jolie algérienne de 45 ans, avocate spécialiste en je ne sais plus trop quoi.  Petite, bien habillée, dans le style européen, féminine mais sans sensualité.  Il est tout à fait dommage que Dieu interdise à certaines femmes de s’habiller comme elles le veulent, mais connaissant les maris, qui confondent possession de la chose et respect de l’être humain, il y a sans doute des coups de couteau qui sont ainsi évités.  Je la connaissais de manière professionnelle, je fréquentais pour les mêmes raisons son mari et j’avais déjà eu l’occasion à différentes reprises de la rencontrer.

 

Elle faisait ses courses seule, son mari étant à la fois juriste, homme politique, et homme du sud, il ne se déplace que rarement pour faire ce genre de choses. Elle s’est arrêtée près de moi pour me dire ‘bonjour’, et voyant mon épouse revenir, la salua également.  La conversation fut des plus banale : Les enfants bien entendu, les vacances aussi, dans l’ordre et dans le désordre.  Jusqu’au moment où la discussion tombe immanquablement sur le mari absent.  Moment d’une importance capitale vous l’aurez deviné car, en fonction des commentaires, des non-dits ou des sous entendu, on peut parfois déceler une  petite pointe d’amertume, parfois même un soupir de lassitude.  On se sent alors en face de la porte du château fort, et l’imagination, ou une psychologie exacerbée  vous dit qu’un verrou est ouvert.  Certes, le pont-levis est toujours levé, sans jeu de mot, mais la situation dans le chef de madame est inquiétante : ‘Cet homme dont je parle est-il toujours là pour moi ?’  Et pour moi, pour utiliser une autre métaphore, je suis un peu le lévrier qui sent sa proie.  Mon attention soudainement réveillée, je faisais donc de temps en temps un sourire, et surtout je m’intéressai aussi à la conversation.  Peu doué pour les salamaleks,  je faisais cependant un effort, on n’obtient rien sans rien.  Voir mon interlocutrice me regarder dans le blancs des yeux, sourire à mes quelques remarques amusantes, et voilà que mon adrénaline montait.  Le rayon des surgelé prenait un coup de chaud, je craignais à un certain moment que les appareils ne se mettent en alarme.  Mais zen je suis, zen je restait.  D’autant plus que mon épouse était là, je me devais dès lors d’être aussi indifférent pour l’une que sympathique à l’autre.  On parle parfois des équilibristes du cirque, mais être équilibriste sur le fil qui relie la psychologie de deux femmes, dont l’une pourrait imaginer en l’autre une rivale, c’est comme traverser l’orage sur un câble métallique tendu vers le ciel : à haute énergie électrique.  Vient enfin le moment où on met en parallèle le temps qui passe et la liste des courses. Tout les deux aussi long, ce qui n’arrange rien.  Une bise de part et d’autre, et chacun reprend sa route à la recherche de la denrée indispensable.

 

Je continuais donc mon périple, me baladant de début de rayon en début de rayon, suivant de loin mon épouse, tentant sans doute vainement de détecter tout besoin, tout signe, afin d’être présent dans les meilleurs délais.  Je croisais à plusieurs reprises Salimah dans les rayons, et sans doute par hasard, remerciant au passage les ingénieurs qui ont fait les rayons aussi étroits, me frôlait-elle régulièrement entre deux sourires gênés.  De plus, il faut vraiment croire au hasard car pour que deux personnes se retrouvent dans ce dédale de galeries sans se chercher, c’est qu’il existe un Dieu pour les rencontres.  A suivre sa femme, on fait déjà trois fois le tour de chaque rayon, jamais dans le même sens même si vous allez au même magasin dix fois de suite, prenant pour excuse il est vrai aussi, que les gérants se font un plaisir de changer de temps en temps les produits de place.  Et si vous faites différentes grandes surfaces régulièrement, vous ne vous y retrouverez jamais…

 

A un moment donné elle m’interroge

- Henry… Mr Detournay, j’ai quelque chose à vous demander…

- Je vous écoute…

- Pas ici, c’est un peu particulier !

-         Dites-moi où… 

Et je continuais

-         Et quand vous voulez …

-         C’est à vous de me dire, me répondit-elle

Je négociais ainsi poliment quelques temps pour convenir finalement d’un rendez-vous dans un restaurant un jour pendant l’heure de midi.  Je sentais de moins en moins l’entretien professionnel, mais je n’avais aucune idée du motif réel.  Je trouvais de toute façon que ce n’étais pas l’endroit pour en discuter.  Je me limitais donc à ce rendez-vous, un peu inquiet malgré tout.  Je lui souhaitais cependant une bonne journée, et je continuais à promener mon caddy derrière ‘ma chère et tendre’. Ou étais-ce moi que le caddy promenait ?  Je faisais malgré tout mentalement des plans, surtout au niveau de mon emploi du temps cette journée là. Je devais être frais et dispo, non pas pour préparer un exploit quelconque, mais pour avoir une tête correcte, et pour ne pas bailler toute l’après-midi.  Je devais également gérer mon argent de poche, je me voyais mal en effet, voir apparaître sur mon décompte Visa le paiement d’un restaurant auquel mon épouse n’a pas été conviée… Je vois d’ici le tsunami !  Même si cela reste strictement professionnel, à priori.  J’étais malgré tout à la fois intrigué et de bonne humeur.  Ce genre de discussion était tout à fait l’idéal pour que l’imagination gambade.  J’étais donc très souriant, prêt à trouver n’importe quel boudin appétissant, après contrôle malgré tout de la date limite de consommation.

 

J’avais proposé d’aller chez Don Pablo, restaurant italien relativement de haut de gamme, où j’étais connu.  D’une part, j’étais sûr du bon accueil, et d’un service impeccable.  D’autre part, je pouvais compter sur la discrétion et la compréhension du maître d’hôtel.  Enfin la nourriture est de bon goût, suffisamment fine et en suffisance.  De nouveau, sans savoir ce qui m’attendait réellement, et pour payer, autant manger correctement. En ce qui concerne le cadre, c’est celui d’un bon restaurant, sans les chichi italiens.  Une sorte de hall d’accueil donne sur deux salles l’une assez vaste, avec de larges tables, l’autre plus intimiste, où l’on s’asseye dans de larges canapés qui entourent la table.  Les dossiers sont suffisamment haut que pour vous cacher des autres tables, et l’espace est prévu pour six à huit couverts, ce qui fait qu’à deux on est tout à fait à son aise.

Je m’étais arrangé pour arriver à l’avance.  Cela me permettait de choisir la table.  Même si rester un quart d’heure à attendre est ennuyeux.  Je pouvais également voir qui était déjà là, et au cas où une connaissance gênante était présente, j’aurais pu faire demi-tour sans problème.  Je commençais à être content de moi, je maîtrisais la situation.  Il n’y avait plus qu’à attendre.  Je parcourrais la carte sans objectif précis, j’adapterai mes choix en fonction de la faim ou non de mon invitée, de ses goûts à elle. Je suis suffisamment éclectique et d’autre part je connais de longue date la cuisine que pour y trouver mon plaisir en toute circonstance.  Je promenais mon regard sur les tables, inquiet malgré tout de voir entrer quelqu’un qui me connaissait.  Je n’avais pas encore échafaudé d’histoire à raconter à mon épouse au cas où.  Pour compliquer la situation, je n’étais pas sensé me trouver dans cette ville ce jour là.  Je réfléchissait donc à divers motifs, les uns plus compliqués que les autres, en priant malgré tout pour qu’aucune rencontre impromptue n’ait lieu.

 

Elle arriva enfin, avec quelques minutes de retard.  Je la voyait inquiète en ouvrant la porte, tournant son joli minois à gauche et à droite.  Je n’aurai pas sût dire si c’est moi qu’elle cherchait d’emblée, ou si comme moi, elle était inquiète de trouver quelqu’un qu’elle connaissait.  Des noms d’autres restaurants défilaient dans ma tête à toute allure, non pas pour changer d’endroit maintenant, après tout je ne savais toujours pas le motif de cette rencontre, mais s’il devait y avoir une deuxième fois, car je fantasmais quand même sur une relation extra-conjugale.

 

Elle était vêtue d’un tailleur stricte.  J’appréciait malgré tout le fait qu’elle mette une jupe.  C’est plus propice au voyeurisme.  Si la conversation devait être strictement professionnel, j’aurais malgré tout vu une paire de jolies jambes, et mangé un bon repas.  C’est un manque d’ambition, je l’avoue, mais je ne me voyais pas la violer sur la table du restaurant, même si le maître d’hôtel est sympathique.  Je me levais donc pour l’accueillir.  Un sourire un peu timide accompagnait pourtant une démarche décidée.  Elle était vraiment élégante…  Je souriais de mon côté, et finalement c’est la joie qui pétillait dans son regard.  Malgré moi la chaleur montait dans mon bas ventre.  Je fus content quand elle s’installa.  Le maître d’hôtel n’ayant pas débarrassé les couverts inutiles,  elle choisi de s’installer à mes côtés, ce qui diminuait la probabilité d’une conversation professionnelle.  Je me sentais de mieux en mieux, tout en évitant mentalement tout geste ou mot qui aurait pu faire croire que je croyais que …  La conversation fut tout d’abord banale.  Les politesses d’usage veut que l’on s’excuse du retard, et que l’autre comprenne très bien, vient ensuite le sujet du temps.  Tout en regardant la carte.  

 

-         Apéritif ? oui… non… et toi heu et vous …

-         Tu peux me tutoyer, tu sais…

C’est elle qui a ouvert les amabilités.  Je ne suis pas dragueur.  Sans doute le voyeurisme ou le fétichisme en sont ils la récompense. Mais c’est un peu simpliste et ce n’est pas la journée de la psychothérapie. 

 

         Je continuais donc à la tutoyer. Cela me venait naturellement. Je sentais sa jambe qui frôlait la mienne.  Heureusement, le maître d’hôtel finit par s’intéresser à nous.  Elle écarta alors sa jambe et moi je pu respirer un peu.  Je reprenais mentalement  mon calme.  Je ne voulais pas l’abrutir de conneries, je ne savais toujours pas si elle me frôlait exprès ou par inadvertance.  A la limite, à l’instant même je m’en foutais. Je ne voulais pas faire de projet, le moment présent était suffisamment agréable.  Nous passions donc commande, mais à cause de nos hésitations nous eûmes un fou rire.  Ce qui n’était pas trop du goût du maître d’hôtel, un rien pressé, mais pour nous la tension diminua d’un coup.  Elle me pris le bras, pour se reprendre.  J’adore ses femmes qui aiment vous toucher pour un ‘oui’ ou pour un ‘non’.  Sans doute cela n’a-t-il aucune signification pour elles, mais le doute est fait pour des gens comme moi.  Elle s’en rendit compte, je ne sais comment, et laissa sa main, mais je senti dans son regard que ce contact physique était voulu. Nous avons passé notre commande, se renvoyant un accord implicite presque à chaque mot, et je glissais alors mon bras sous la table, à côté de moi, à la toucher.  Elle a posé sa main sur la mienne.  J’aurais voulu enlever mon veston, ma chemise, mettre la climatisation à fond et boire trois apéritifs.

-         Tu as l’air d’avoir chaud, me dit elle.

J’avais sans doute quinze centième de seconde pour trouver une bêtise à dire, je murmurai dans un souffle :

-         Je suis bien.

-         Moi aussi, me répondit elle avec un gentil sourire, se rapprochant de moi.

-         Tu voulais me demander quelque chose, finis-je par dire.

C’était sans doute l’instant.  J’abandonnais mon ordinateur, mes tarifs, mes dossiers dans un coin de ma mémoire, très reculé, pour faire beaucoup de place pour me souvenir à tout jamais de ce qui se passait.  Je lui souris gentiment, comme une invitation à s’exprimer.  Elle enleva sa main de la mienne, juste pour se concentrer.  C’était un moment difficile.  En voulant mettre ma main sur la table, par mimétisme, je frôlais sa cuisse lentement, doucement, et je remontais enfin ma main.  Rapidement elle l’a repris et la déposa sur sa cuisse.  Je lui fit un petit bisous tout en lui disant :

-         Merci

-         Henry… Je sais que tu es un très gentil garçon…

Je la laissais chercher ses mots, bien que ceux-la me convenaient déjà parfaitement…

-         C’est pour ça que je voulais qu’on soit …

… enfin… tous les deux …

J’ai envie de toi… enfin non… enfin si… qu’on soit tout les deux…

Elle me regarda avec des grands yeux interrogateurs, effrayés par l’aveu qu’elle avait à me faire.  Je lui souriais gentiment, pour lui insuffler tout le courage que moi je n’avais pas.  Moi aussi j’avais envie de lui dire que j’avais envie d’elle, mais révéler à une femme qu’on a envie de jouir avec elle est vraiment bien difficile.

-         Tu es très belle, et je suis vraiment heureux qu’une femme aussi bien que toi se soit intéressée à moi…

-         Henry …

-         Chut, moi aussi j’ai envie de toi, beaucoup, mais j’ai aussi et surtout envie de te faire plaisir.

 

 

Elle pris ma main et la pressa contre son ventre.  Elle me regarda avec un sourire malicieux.  Je n’ai pas cru que le sexe fut sa motivation principale, mais cela faisait partie du deal semble-t-il. Le maître d’hôtel arriva avec les plats.  Nous n’avions pas bu notre apéritif.  On s’est regardé un peu inquiet, ensuite tous les deux sans se concerter on a fait le tour du restaurant du regard.  Pas de regard courroucé, pas de connaissances non plus.  On se regarda à nouveau et nous nous mimes à rire, doucement, plus vraiment gêné, juste encore un peu intimidé, parce que la situation évoluait très vite. Et puis par l’odeur alléché.  Ma main caressa sa cuisse, descendit sur son genou, pour remonter de nouveau vers son ventre, mais remontant en même temps sa jupe.  Un peu.  Elle me regarda avec un sourire espiègle, se souleva juste ce qu’il faut pour que sa jupe puisse remonter plus facilement.  Je l’embrassait.  Elle resta avec sa jupe relevée très haut sur ses cuisses, et nous mangions.

-         Je vous souhaite un bon appétit, nous fit le maître d’hôtel.

Elle eu un sursaut et fit tomber sa serviette sur ses genoux

-         D’où il est il ne pouvait mal, lui fis je remarquer.

-         C’est vrai…

-         Quel c… quand même, fis-je remarquer.

Elle ri.  Elle remis sa serviette sur la table.

-         Ca te plait ? demanda-t-elle ?

-         Le plat ? Oui excellent et toi ?

-         Mais non !

Elle me regarda comme si tout ses efforts n’avaient servi à rien.  Je lui retournai son regard, mais amusé, et je lui fis un clin d’œil. Je remis ma main sur sa cuisse nue.

-         Tu sais, j’aimerai bien que tu me donnes ta petite culotte.

Je pensais qu’elle serait étonnée, sans doute pas offusquée, mais plutôt trouverait elle un prétexte pour ne pas le faire.  Je risquais également de ternir mon image.  Mais si elle le prenait comme un jeu, notre connivence n’en serait que renforcée.

-         Maintenant ?

Je ne pouvais donc qu’insister.

-         Oui, et j’aimerai bien t’aider à l’enlever…

Dans la réalité quelques instants de réflexion, je croyais pour ma part qu’elle réfléchissait depuis des heures.  Je voyais déjà le maître d’hôtel revenir en nous disant qu’il devait fermer son restaurant, qu’il était vraiment désolé.  Je m’inquiétais tout en la regardant droit dans les yeux, toujours souriant.  Elle me rendit mon sourire.  Ses yeux pétillait de malice.  Elle pris ma main et la plaça dans son slip.  Elle était chaude et humide.

-         Quand tu veux, me fit elle.

Je n’étais certainement pas pressé. Ma main était bien entre ses deux cuisses.  Je sentais sa chaleur, son envie de moi.  Elle était offerte, elle me faisait cadeau de son intimité. Mais la situation n’était pas confortable.  A tout moment quelqu’un pouvait nous surprendre, moi avec mon bras de travers qui partait entre ses jambes, elle sa jupe retroussée sur ses jambes dénudées, son slip exposé.  Je tirais donc sur la culotte vers le bas.  Ses poils apparurent à mon regard.  Elle se souleva pour que l’élastique de la culotte puisse glisser sur ses jambes facilement.  Une fois que ma main quitta son sexe, je pris le slip mieux dans ma main, tout en caressant sa cuisse.  C’était bon de la caresser.  Je voyais dans son regard que cela lui plaisait.  Elle n’avait plus trop envie de se rassoire convenablement.  Il y avait un homme qui prenait le temps de la caresser.  Son sexe qu’elle avait offert à ma main était son cadeau, la tendresse que je mettais a caresser sa jambe était le mien.  Nous nous sommes embrassé.  Le slip finit par terre.

-         Tu la veux ? me demanda-t-elle en se penchant pour aller chercher sa petite culotte à terre.

Dans son mouvement elle dévoila un peu plus ses fesses.  Je pris sa jupe, je la remontais au maximum de manière à ce qu’elle ne s’assoit plus dessus.  Lorsqu’elle se réinstalla convenablement, les fesses à même le canapé, j’étalais autant que faire se peut sa jupe pour que celle-ci ait un mouvement naturel. 

-         Oui, donne la moi.

Je la pris et la mis dans ma poche.

-         Tu n’a pas faim ?

-         Si on partait, me demanda-t-elle ?

-         Manges un peu… Tu veux aller où ?

-         Je ne sais pas, mais je suis dans un état terrible …

-         Tu aimes ?

-        

-         Cool, sans culotte sur le canapé…

-         Je vais le tacher, s’étrangla-t-elle.  Je suis toute mouillée… Sens !

-         Ouais, et une grosse tache sur ta jupe en sortant, tu préfères ? …

Elle me regardais, presque reconnaissante. J’avais envie encore de mettre ma main entre ses jambes, elle aussi. Son regard était aussi humide que ses petites lèvres.  De toute façon elle aimait, elle se sentait bien, à l’aise, en sécurité.  Je ne l’obligeais pas, c’était une vraie complicité.  J’exprimais ses désirs, où plutôt tout son être m’obligeait à les exprimer.  C’était sans doute simplement cela qu’elle espérait trouver en moi.  Un brin de folie, beaucoup de respect, et donc une complicité même dans les situations les plus chaudes.  Nous avons quand même finalement attaqué le plat principal.  La faim était bien présente.  Pas vraiment faim de nourriture au fond d’une assiette, mais de plaisir. D’être là, à deux, malgré ou parce que la situation était pour le moins incongrue.  Se découvrir autour d’une assiette reste finalement un lieu incontournable.  Et quand elle m’a demandé :

-         Tu veux goûter ma sauce ?

Je ne pouvais que penser à un classique de la BD.  Je lui en fit part :

-         Tu connais la BD de Manara, ‘L’homme invisible’ ?

-         Non, pourquoi ?

-         L’héroïne lui demande de goûter sa sauce !

-         Ben oui, et alors ?

-         Avec un bout de pain…

-         Comme moi ?

-         Sa sauce…

-        

-         Intime…

J’ai vu dans ses yeux un feu d’artifice.  Je savais que je pourrais mourir sans jamais revoir un regard pareil.  Prêt à tout juste pour moi.  Elle m’a embrassé.  Je pouvais deviner qu’elle prenait un bout de pain, qu’elle le frottait sur son sexe, bien que je ne voyais rien. Je sentais sa langue dans ma bouche qui me disait ce qu’elle faisait.  Je sentais son souffle qui vivait son abandon total.  Je sentais la chaleur de son corps qui se consumait au contact du mien, je voyais les étoiles qui se dirigeaient vers moi à la vitesse de la lumière pour m’embraser de sa générosité, de l’amour qu’elle voulait bien me donner.  Je ne fût donc pas surpris quand elle me proposa son bout de pain.  Elle lut dans mon regard ma soumission à son amour, elle s’en émut.  Elle faillit retirer sa main, je la pris et mangeais le bout de pain.

 

 

Un coup de coude discret.  Je sortais de ma rêverie.  J’étais toujours affalé sur mon caddy.

-         Mais oui… il est cool, lui il n’a pas de souci…  disais mon épouse à Salima

-         Tu dors, choux ! me fit-elle, un rien moqueur. 

J’aurais sans doute droit à quelques commentaires tout à l’heure.

-         Non, non, mais c’est le lendemain de la veille, m’excusais-je en souriant. 

Et la conversation repris sur nos péripéties passées.  Je regardais du coin de l’œil Salima.  Bon, j’avais fantasmé quelque peu je l’avoue, mais que faire d’autre accoudé à un caddy …  Soudain, entre deux bâillements, j’aperçu ce feu d’artifice bien connu de mes souvenirs, dans ses yeux.

-         On devrait aller une fois au restaurant ensemble, nous suggéra-t-elle

-         Oui, pourquoi pas, répond mon épouse

-        

Je n’osais dire quoi que ce soit

-         Chez Don Pablo ! Quelqu’un m’a dit qu’ils ont une sauce vraiment personnelle … Ajouta-t-elle.

 

  

® Septembre 2006 - Henry Detournay

23:50 Écrit par Henry Detournay dans Loisirs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : phantasme, amitie, nouvelle, coquine, rencontre |  Facebook |

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